Croissance et rentabilité en léger tassement pour LVMH en 2013

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CROISSANCE ET RENTABILITÉ EN LÉGER TASSEMENT POUR LVMH EN 2013
CROISSANCE ET RENTABILITÉ EN LÉGER TASSEMENT POUR LVMH EN 2013

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - LVMH a publié jeudi des résultats annuels marqués par un léger tassement de sa croissance et de sa rentabilité, mais aussi par une accélération de la dynamique de Louis Vuitton en fin d'année.

Le numéro un mondial du luxe a pâti en 2013 d'un ralentissement de la demande, notamment en Chine, où les mesures anti-corruption ont pesé sur les ventes de produits considérés comme ostentatoires, notamment le cognac, et d'un tassement de Vuitton, son principal centre de profit.

Son PDG Bernard Arnault a reconnu que l'environnement avait été plus difficile en 2013, avec une consommation de produits de luxe "légèrement freinée en Chine", des impacts de changes défavorables, liés à la hausse de l'euro, et le repositionnement entrepris par Louis Vuitton.

"Tout cela n'est pas un problème, mais cela nous met dans une situation différente d'il y a deux ou trois ans", a-t-il dit, "lorsque la croissance était supérieure à 10%".

Les ventes du groupe ont totalisé 29,149 milliards d'euros, signant une croissance organique annuelle de 8%, après une progression identique au quatrième trimestre, et de 9% en 2012.

Le résultat opérationnel courant s'est inscrit à 6,02 milliards d'euros, grappillant 2%, pour une rentabilité en recul de 40 points de base à 20,7%, essentiellement imputable à la division mode-maroquinerie.

La baisse de la rentabilité de la division, dont le résultat opérationnel a fléchi de 4%, s'explique, aux dires du directeur financier Jean-Jacques Guiony, uniquement par les investissements opérés chez Fendi, Céline et Berluti.

Louis Vuitton, qui a entamé un repositionnement de son offre sur des sacs en cuir plus exclusifs - à plus de 3.000 euros - et plus en phase avec la demande d'une clientèle lassée des toiles monogrammées, n'a quant à lui pas vu sa marge s'éroder, a tenu à souligner Bernard Arnault.

Il a également rappelé que la montée en puissance de la fabrication des nouveaux sacs prendrait du temps.

BONNE REACTION ATTENDUE EN BOURSE

Surveillées à la loupe, les ventes de la division mode-maroquinerie ont accéléré la cadence au quatrième trimestre avec une croissance organique de 7%, dépassant les attentes des analystes, après 3% seulement au troisième.

La dynamique s'est également accélérée en fin d'année dans les cosmétiques (Dior, Guerlain, Givenchy) et les montres et la joaillerie (Bulgari, Tag Heuer, Hublot).

A l'inverse, les vins et spiritueux (Moët & Chandon, Dom Perignon, Hennessy) ont fortement ralenti (+4%). Si les ventes de champagne se sont bien tenues, celles de cognac ont souffert, comme chez Rémy Cointreau ou Pernod Ricard, des mesures anti-ostentatoires prises par Pékin.

Mais les tendances des ventes finales en Chine pourraient être "positives" au premier trimestre 2014.

La cadence a également ralenti dans la distribution sélective.

"Les résultats sont globalement en ligne avec les attentes, mais la reprise de Vuitton et les signaux positifs dans le cognac devraient être bien accueillis par le marché", commente Antoine Belge, analyste de HSBC.

Le titre LVMH, qui a fini à 122,50 euros à la Bourse de Paris mercredi, a lourdement sous-performé ses pairs en 2013, plombé par le ralentissement de Vuitton.

Le résultat net part du groupe est resté stable (à 3,44 milliards d'euros) par rapport à 2012, qui incluait un dividende exceptionnel.

Le dividende proposé est en hausse de 7% à 3,10 euros.

Edité par Gilles Guillaume

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