Croissance et réfugiés au menu du sommet du G7 au Japon

le , mis à jour à 11:47
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    * L'économie mondiale et la crise des réfugiés abordés au G7 
    * L'expansion chinoise également discutée 
    * La Chine demande au G7 de se mêler de ce qui le regarde 
 
 (Actualisé avec déclaration d'Abe) 
    par Matt Spetalnick 
    ISE-SHIMA, Japon, 26 mai (Reuters) - Le Premier ministre 
japonais Shinzo Abe a conduit jeudi les dirigeants du G7 
jusqu'au sanctuaire le plus sacré de la religion shinto avant 
d'entamer un sommet de deux jours qui doit aborder les risques 
qui pèsent sur l'économie mondiale, la crise des réfugiés et la 
présence chinoise en mer de Chine du Sud. 
    Abe a souhaité que la visite du sanctuaire d'Ise, dans la  
préfecture de Mie, dans le centre du Japon, fasse entrevoir à 
ses homologues un aspect clé de la culture japonaise.  
    Ses critiques jugent qu'il joue le jeu de la base 
conservatrice, religieuse et traditionaliste de son parti. 
    Guidé par un prêtre vêtu d'un kimono blanc, chaque dirigeant 
a traversé un pont, participé à la plantation rituelle d'un 
arbre et s'est promené dans le site avant de poser pour la 
traditionnelle photo de groupe. 
    La santé de l'économie mondiale doit figurer en tête des 
sujets abordés au sommet du Groupe des Sept, même si un accord 
complet sur des politiques macro-économiques paraît peu 
probable. 
    Les leaders du G7 devraient défendre un ensemble de mesures 
monétaires, budgétaires et de réformes structurelles pour 
stimuler la croissance dans leurs conclusions publiées à l'issue 
du sommet, a appris Reuters de plusieurs sources 
gouvernementales. 
    Face au Royaume-Uni et l'Allemagne, réticents à soutenir des 
mesures de relance budgétaire, le Japon défendra des politiques 
souples, adaptées à chaque situation. 
    Un engagement en faveur de la stabilité du marché des 
changes est également attendu. 
     
    CRISE MIGRATOIRE ET DISPUTE TERRITORIALE 
    Le sujet de la crise des réfugiés au Moyen-Orient et en 
Europe fera aussi partie des discussions entre le Royaume-Uni, 
le Canada, la France, l'Allemagne, l'Italie, le Japon et les 
Etats-Unis. 
    Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a dit jeudi 
souhaiter que la communauté internationale fasse preuve de 
solidarité avec l'Europe dans la crise des réfugiés et la 
reconnaisse comme un problème mondial.  
    Il entend demander au G7 des engagements à court et moyen 
terme pour soutenir les réfugiés. 
    "Nous sommes conscients que, pour des raisons géographiques, 
la majeure partie de la responsabilité (concernant la crise des 
réfugiés) incombe et continuera d'incomber à l'Europe", a dit 
Tusk. "Si nous ne prenons pas l'initiative de gérer cette crise, 
personne ne le pourra", a-t-il ajouté. 
    Les tensions en Mer de Chine méridionale, revendiquée par la 
Chine dans sa quasi-totalité, constitueront un autre volet des 
discussions. 
    Shinzo Abe a déclaré que le Japon accueillerait l'essor de 
la Chine tout en répétant l'opposition de Tokyo aux actions qui 
tentent de changer le statu quo par la force, et en appelant au 
respect de la loi. Ces principes doivent être énoncés dans une 
déclaration à l'issue du sommet. 
    Mercredi, le Premier ministre britannique David Cameron a 
encouragé Pékin et d'autres pays à respecter le jugement rendu 
par un tribunal international réglant une dispute entre la Chine 
et les Philippines. 
    L'agence d'Etat Chine nouvelle a signifié au G7 de ne pas 
s'immiscer dans ses affaires. "Le G7, afin de ne pas devenir 
obsolète et de ne pas affecter négativement la paix et la 
stabilité mondiale, devrait s'occuper de ses affaires plutôt que 
d'accuser les autres et d'alimenter les conflits", écrit 
l'agence. 
    Mercredi soir, le Premier ministre japonais a rencontré 
Barack Obama pour discuter notamment de l'arrestation d'un 
travailleur d'une base américaine d'Okinawa, soupçonné d'être 
lié au meurtre d'une jeune femme.   
    Barack Obama se rendra vendredi à Hiroshima, site du premier 
bombardement atomique qu'il sera le premier président américain 
en exercice à visiter et où il compte souligner la 
réconciliation entre les deux pays. 
    "Notre visite à Hiroshima honorera tous ceux que nous avons 
perdus dans la Seconde Guerre mondiale, réaffirmera notre vision 
partagée d'un monde sans armes nucléaires, et soulignera 
l'alliance extraordinaire que nous sommes parvenus à forger en 
plusieurs décennies", a-t-il dit mercredi à l'issue de son 
entretien avec Shinzo Abe.  
    Le président américain doit faire des déclarations à la 
presse à six heures de l'après-midi (09h00 GMT) jeudi. 
 
 (Julie Carriat pour le service français, édité par 
Jean-Stéphane Brosse) 
     * Les économies émergentes inquiètent le G7 
    * Shinzo Abe dresse un parallèle avec 2008 
    * Tensions en mer de Chine et crise des réfugiés à l'agenda 
 
 (Actualisé avec de nouveaux éléments) 
    par Matt Spetalnick et Minami Funakoshi 
    ISE-SHIMA (Japon), 26 mai (Reuters) - Les dirigeant du G7 
ont fait part jeudi de leur inquiétude concernant les économies 
émergentes, le Premier ministre japonais Shinzo Abe dressant un 
parallèle entre la situation actuelle et le prélude à la crise 
financière mondiale, il y a huit ans. 
    Shinzo Abe a indiqué que les chefs d'Etat et de gouvernement 
du G7 s'entendaient sur la nécessité d'une flexibilité 
budgétaire pour relancer la croissance, le calendrier et le 
montant des dépenses dépendant de la situation de chaque pays,   
 formulation qui prend en compte le fait que l'Allemagne et la 
Grande-Bretagne, en particulier, sont réticents vis-à-vis de la 
relance économique par la dépense publique. 
    "Les dirigeants du G7 ont exprimé le point de vue selon 
lequel les économies émergentes étaient dans une situation 
grave, même si certains ont jugé que la situation économique du 
moment n'était pas celle d'une crise", a dit le secrétaire 
général adjoint du gouvernement japonais, Hiroshige Seko, à la 
presse au début du sommet de deux jours du G7 à Ise-Shima, dans 
le centre du Japon.  
    Shinzo Abe a présenté à ses invités des documents du Fonds 
monétaire international (FMI) montrant que les cours des 
matières premières avaient chuté de 55% entre juin 2014 et 
janvier 2016, comme entre juillet 2008 et février 2009, dans le 
sillage de la faillite de Lehman Brothers le 15 septemb re 2008, 
coup d'envoi de la crise financière mondiale. 
    Selon certains analystes politiques, le chef du gouvernement 
japonais veut mettre à profit le communiqué du G7 sur la 
situation économique mondiale pour justifier un ensemble de 
mesures budgétaires, parmi lesquels le possible report du 
relèvement du taux de la TVA au Japon de 8% à 10%, prévu 
jusqu'ici en avril prochain. 
    La TVA avait déjà été relevée une première fois le 1er avril 
2014, étant passée de 5% à 8%, ce qui avait eu pour effet de 
saper la consommation et de pousser le Japon dans la récession.  
    Le G7 devrait par ailleurs renouveler son engagement envers 
la stabilité du marché des changes. 
     
    LA CRISE DES RÉFUGIÉS AU PROGRAMME 
    Le sujet de la crise des réfugiés au Moyen-Orient et en 
Europe figure également au menu des discussions entre les 
dirigeants de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la 
France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni. 
    Le G7 se prononcera en faveur du renforcement de l'aide 
internationale pour les réfugiés, a dit le président du Conseil 
européen, Donald Tusk. "Si nous ne prenons pas la tête dans la 
gestion de cette crise, personne ne le fera", a-t-il dit. 
    Le terrorisme, la cybersécurité et la sécurité en général 
sont également à l'ordre du jour et les tensions en Mer de Chine 
méridionale, revendiquée par la Chine dans sa quasi-totalité, 
devraient notamment être évoquées. 
    Shinzo Abe a déclaré que le Japon accueillait favorablement 
l'essor pacifique de la Chine tout en répétant l'opposition de 
Tokyo aux actions qui tentent de changer le statu quo par la 
force, et en appelant au respect de la loi. Ces principes 
doivent être énoncés dans une déclaration à l'issue du sommet. 
    L'agence d'Etat Chine nouvelle a signifié au G7 de ne pas 
s'immiscer dans les affaires du gouvernement chinois. "Le G7, 
afin de ne pas devenir obsolète et de ne pas affecter 
négativement la paix et la stabilité mondiale, devrait s'occuper 
de ses affaires plutôt que d'accuser les autres et d'alimenter 
les conflits", écrit l'agence. 
    Avant d'ouvrir les deux jours de débats, Shinzo Abe a 
conduit les dirigeants du G7 jusqu'au sanctuaire le plus sacré 
du shintoïsme. 
    Le chef du gouvernement japonais a dit souhaiter que la 
visite du sanctuaire d'Ise fasse entrevoir à ses homologues un 
aspect essentiel de la culture japonaise. 
    Ses adversaires politiques l'ont accusé de jouer le jeu de 
la base conservatrice, religieuse et traditionaliste de son 
parti. 
    Le G7 regroupe les Etats-Unis, le Japon, le Canada, 
l'Allemagne, la Grande-Bretagne, la France et l'Italie. 
     
 
 (Julie Carriat, Jean-Stéphane Brosse, Juliette Rouillon et 
Patrick Vignal pour le service français, édité par Wilfrid 
Exbrayat) 
 
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