Croissance et réfugiés au menu du sommet du G7 au Japon

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LE G7 AU JAPON SE PENCHERA SUR LES QUESTIONS DE CROISSANCE ET DE RÉFUGIÉS
LE G7 AU JAPON SE PENCHERA SUR LES QUESTIONS DE CROISSANCE ET DE RÉFUGIÉS

par Matt Spetalnick

ISE-SHIMA, Japon (Reuters) - Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a conduit jeudi les dirigeants du G7 jusqu'au sanctuaire le plus sacré de la religion shinto avant d'entamer un sommet de deux jours qui doit aborder les risques qui pèsent sur l'économie mondiale, la crise des réfugiés et la présence chinoise en mer de Chine du Sud.

Abe a souhaité que la visite du sanctuaire d'Ise, dans la préfecture de Mie, dans le centre du Japon, fasse entrevoir à ses homologues un aspect clé de la culture japonaise.

Ses critiques jugent qu'il joue le jeu de la base conservatrice, religieuse et traditionaliste de son parti.

Guidé par un prêtre vêtu d'un kimono blanc, chaque dirigeant a traversé un pont, participé à la plantation rituelle d'un arbre et s'est promené dans le site avant de poser pour la traditionnelle photo de groupe.

La santé de l'économie mondiale doit figurer en tête des sujets abordés au sommet du Groupe des Sept, même si un accord complet sur des politiques macro-économiques paraît peu probable.

Les leaders du G7 devraient défendre un ensemble de mesures monétaires, budgétaires et de réformes structurelles pour stimuler la croissance dans leurs conclusions publiées à l'issue du sommet, a appris Reuters de plusieurs sources gouvernementales.

Face au Royaume-Uni et l'Allemagne, réticents à soutenir des mesures de relance budgétaire, le Japon défendra des politiques souples, adaptées à chaque situation.

Un engagement en faveur de la stabilité du marché des changes est également attendu.

CRISE MIGRATOIRE ET DISPUTE TERRITORIALE

Le sujet de la crise des réfugiés au Moyen-Orient et en Europe fera aussi partie des discussions entre le Royaume-Uni, le Canada, la France, l'Allemagne, l'Italie, le Japon et les Etats-Unis.

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a dit jeudi souhaiter que la communauté internationale fasse preuve de solidarité avec l'Europe dans la crise des réfugiés et la reconnaisse comme un problème mondial.

Il entend demander au G7 des engagements à court et moyen terme pour soutenir les réfugiés.

"Nous sommes conscients que, pour des raisons géographiques, la majeure partie de la responsabilité (concernant la crise des réfugiés) incombe et continuera d'incomber à l'Europe", a dit Tusk. "Si nous ne prenons pas l'initiative de gérer cette crise, personne ne le pourra", a-t-il ajouté.

Les tensions en Mer de Chine méridionale, revendiquée par la Chine dans sa quasi-totalité, constitueront un autre volet des discussions.

Shinzo Abe a déclaré que le Japon accueillerait l'essor de la Chine tout en répétant l'opposition de Tokyo aux actions qui tentent de changer le statu quo par la force, et en appelant au respect de la loi. Ces principes doivent être énoncés dans une déclaration à l'issue du sommet.

Mercredi, le Premier ministre britannique David Cameron a encouragé Pékin et d'autres pays à respecter le jugement rendu par un tribunal international réglant une dispute entre la Chine et les Philippines.

L'agence d'Etat Chine nouvelle a signifié au G7 de ne pas s'immiscer dans ses affaires. "Le G7, afin de ne pas devenir obsolète et de ne pas affecter négativement la paix et la stabilité mondiale, devrait s'occuper de ses affaires plutôt que d'accuser les autres et d'alimenter les conflits", écrit l'agence.

Mercredi soir, le Premier ministre japonais a rencontré Barack Obama pour discuter notamment de l'arrestation d'un travailleur d'une base américaine d'Okinawa, soupçonné d'être lié au meurtre d'une jeune femme.

Barack Obama se rendra vendredi à Hiroshima, site du premier bombardement atomique qu'il sera le premier président américain en exercice à visiter et où il compte souligner la réconciliation entre les deux pays.

"Notre visite à Hiroshima honorera tous ceux que nous avons perdus dans la Seconde Guerre mondiale, réaffirmera notre vision partagée d'un monde sans armes nucléaires, et soulignera l'alliance extraordinaire que nous sommes parvenus à forger en plusieurs décennies", a-t-il dit mercredi à l'issue de son entretien avec Shinzo Abe.

Le président américain doit faire des déclarations à la presse à six heures de l'après-midi (09h00 GMT) jeudi.

(Julie Carriat pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse)

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