Croissance et inflation faibles en zone euro malgré la BCE

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ONE EURO COIN IN LONDON.
ONE EURO COIN IN LONDON.

par Sumanta Dey

(Reuters) - Les dernières mesures d'assouplissement monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) ont eu peu d'impact sur les attentes des économistes, qui s'en tiennent pour l'instant à leurs prévisions d'une inflation inférieure à l'objectif européen et d'une croissance faible, selon une enquête menée par Reuters.

La BCE a encore abaissé ses taux directeurs la semaine dernière, tout en annonçant un programme limité d'achats d'actifs afin de prévenir une déflation et redonner des couleurs à une économie de la zone euro qui stagne.

Ces mesures ont fait plier l'euro à son plus bas en 14 mois, sous le niveau de 1,29 dollar - un soulagement pour les dirigeants de la zone, qui y voient une façon de relancer des exportations et d'alimenter l'inflation via la hausse des prix à l'importation.

Une enquête auprès de 60 économistes menée cette semaine montre que les prévisions d'inflation ont même été revues en baisse par rapport à celles du mois précédent, à 0,6% au quatrième trimestre 2014 et 0,7% au premier trimestre 2015.

Même si les dernières prévisions marquent une légère hausse par rapport au taux d'inflation de 0,3% constaté en août, elles prouvent que les économistes sont sceptiques concernant le succès du dernier train de mesures de soutien de la BCE.

"Cette deuxième série de mesures est positive mais elles ne modifiera peut-être pas radicalement le paysage", estime Martin Van Vliet, économiste chez ING Financial Markets.

Les prévisions de croissance sont elles aussi inchangées.

L'enquête fait ressortir une estimation médiane du taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) à 0,3 pour le quatrième trimestre 2014, comme pour le premier trimestre 2015.

Pour l'année 2015, la croissance est attendue à 1,3% pour 2015, puis à 1,5% pour 2016, contre 0,8% pour 2014.

Ces dernières prévisions annuelles sont en léger retrait par rapport à celles du mois dernier et nettement inférieures à la croissance attendue au Royaume-uni et aux Etats-Unis.

"Nous tablons sur le maintien d'une croissance faible et d'une inflation inexistante dans un avenir prévisible", écrit Jay Bryson, économiste chez Wells Fargo, dans une note.

"Nous nous attendons à ce que la BCE commence un programme d'assouplissement quantitatif (achats d'actifs) centré sur les obligations souveraines dans le courant des prochains mois."

(Enquête et analyse de Sarbani Haldar et Swati Chaturvedi, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Benoit Van Overstraeten)

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