Croissance et chômage, points faibles de l'économie espagnole

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TAUX DE CHÔMAGE RECORD EN ESPAGNE
TAUX DE CHÔMAGE RECORD EN ESPAGNE

par Michael Stott

MADRID (Reuters) - Le message que veulent faire passer les responsables du pays - l'Espagne est sur la voie du redressement un an après avoir frôlé la faillite - tend à passer outre deux obstacles majeurs : un taux de chômage record et une absence de croissance.

Afin d'apporter la preuve des améliorations économiques obtenues, les différents ministères ne cessent de répéter une batterie de statistiques, comme celle montrant que le déficit budgétaire est ainsi passé de 11,2% du produit intérieur brut (PIB) en 2009 à 6,98% en 2012.

Ou encore, que quelque 375.000 postes de fonctionnaires ont été supprimés, que le coût du travail est retombé à son plus bas depuis 2005 et que la compétitivité du pays s'est accrue.

"L'ajustement de l'Espagne est en cours", explique Fernando Fernandez, professeur d'économie à l'école de commerce Instituto de Empresa. "Il y a une stabilité institutionnelle et une réelle volonté de changement (...) mais la croissance et l'emploi demeurent en berne", a-t-il ajouté.

Sur le plan politique, l'Espagne est dotée d'un gouvernement conservateur, emmené par Mariano Rajoy, issu d'un parti jouissant d'une majorité absolue au Parlement. Il n'y a pas d'élection prévues avant 2015.

Malgré la politique d'austérité menée depuis un an demi par le gouvernement Rajoy, le Parti populaire reste le premier dans les sondages.

DE NOMBREUSES DIFFICULTES PERSISTENT

Mais l'horizon n'est pas aussi dégagé que veulent le faire croire les responsables.

Le taux de chômage a atteint le niveau record de 27%, en raison de l'effondrement du secteur de la construction après l'éclatement de la bulle immobilière et des réductions d'effectifs au sein de l'administration.

Le gouvernement minimise toutefois ce chiffre en déclarant qu'il n'y a pas de risque pour la stabilité du pays, notant que le nombre total de personnes employées n'avait pas changé depuis 2001. Ce qui a changé la donne, c'est la taille de population.

A la faveur du boom de la construction qui a dopé l'activité pendant l'essentiel des années 2000, l'Espagne a accueilli de nombreux immigrés, évolution qui a contribué à faire augmenter le nombre d'habitants de sept millions en neuf ans.

Mais, avec l'éclatement de la bulle immobilière, environ huit millions d'emplois dans le secteur ont été supprimés. Et un certain nombre d'Espagnols commencent à immigrer, le pays ayant perdu 1% de sa population en 2012.

"La population espagnole devrait diminuer de deux millions au cours des quatre ou cinq prochaines années", a dit Fernando Fernandez. "Sur les six millions de chômeurs, deux millions sont sûrement des étrangers et il est probable qu'ils quittent le pays."

Le niveau d'endettement du pays constitue l'autre point noir de l'économie espagnole, avec un déficit budgétaire qui représente toujours près de 7% du PIB.

Pour sortir de la spirale de la dette, le pays doit renouer avec la croissance, mais Madrid a enregistré son septième trimestre consécutif de récession sur les trois mois de 2013.

Dans ce contexte de baisse des dépenses publiques, de faibles investissements de la part des entreprises et de baisse de la consommation intérieure, le gouvernement et les dirigeants des grandes entreprises ne voient qu'un seul moyen de sortir le pays de la crise : les exportations.

Selon des responsables, la compétitivité du pays s'est nettement améliorée, le coût du travail ayant nettement diminué après avoir atteint un plus haut en 2009.

Ainsi, sur les 11 fabricants automobiles étrangers présents en Espagne, six ont décidé d'augmenter le niveau de leurs investissements, dont Renault.

Les exportations espagnoles ont représenté 33% du PIB en 2012, contre seulement 23% en 2009.

Aux secteurs traditionnellement exportateurs, les fruits et légumes et les voitures, se sont rajoutés les produits chimiques, les équipements télécoms et technologiques.

Malgré les nombreuses difficultés auxquelles le pays est confronté, le marché accorde à nouveau sa confiance à Madrid. Le rendement des obligations à dix ans se traite actuellement à 4,34%, un niveau bien inférieur aux 7,5% enregistrés il y a un an.

Toutefois, doper les exportations ne sera pas une chose aisée dans le contexte mondial et européen actuel.

Constance De Cambiaire pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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  • wanda6 le lundi 27 mai 2013 à 15:11

    juillia3 : ils bougent tjrs dans le même sens !

  • wanda6 le lundi 27 mai 2013 à 15:10

    europe78 : car tout ceci c'est pour nous ! pour eux la réalité est différente !

  • europe78 le lundi 27 mai 2013 à 14:32

    ca me rappelle Baroso declarant que les fondamentaux de l'Europe sont bons. Ces gens sont des dogmatiques ultra libéraux qui refusent la réalité : deflation, decroissance, chomage !

  • juillia3 le lundi 27 mai 2013 à 14:30

    le meme probleme que la france en soit sauf qu ils bougent eux au moins pas comme nos ministres a nous !!! et notre nounousse national