Croissance durable en vue aux USA, hausse des taux mi-2015

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UNE ENQUÊTE VOIT LES ÉTATS-UNIS SUR LA VOIE D'UNE CROISSANCE DURABLE
UNE ENQUÊTE VOIT LES ÉTATS-UNIS SUR LA VOIE D'UNE CROISSANCE DURABLE

par Lucia Mutikani

WASHINGTON (Reuters) - L'économie américaine est sur la voie d'une croissance auto-entretenue qui devrait permettre à la Réserve fédérale de commencer à relever ses taux d'intérêt au second semestre 2015, montre une enquête Reuters publiée mardi.

Malgré des prévisions de croissance revues en baisse pour 2014 après un premier trimestre décevant, la quasi-totalité des 48 économistes interrogés estiment qu'un recul des incertitudes sur la politique budgétaire et l'amélioration du marché de l'emploi permettront à la reprise de s'inscrire dans la durée.

"Les fondements d'une reprise durable de l'activité sont là et le succès de la transition vers une croissance auto-entretenue va supprimer un facteur d'incertitude et fournir les conditions nécessaires à la Fed pour envisager de remonter ses taux", estime Millan Mulraine, chef économiste adjoint chez TD Securities à New York.

En moyenne, les économistes interrogés par Reuters anticipent une croissance de 2,2% du produit intérieur brut (PIB) américain cette année, contre une prévision de 2,5% en mai. La prévision médiane pour 2015 reste inchangée à 3,0%.

La projection pour 2014 prend en compte la contraction de l'économie américaine sur la période janvier-mars affectée par un hiver particulièrement rude.

Le gouvernement américain a annoncé en mai que le PIB s'était contracté de 1,0% au cours des trois premiers mois de l'année et de nombreux économistes pensent que ce chiffre sera encore revu en forte baisse.

Si le rebond de l'économie américaine devrait atteindre environ 3,6% au second trimestre, la croissance du PIB sur l'ensemble du premier semestre ne devrait pas dépasser 1%.

L'amélioration du marché du travail, qui a récupéré en mai la totalité des 8,7 millions d'emplois perdus durant la récession, devrait soutenir la reprise.

Selon l'étude, les créations d'emplois non-agricoles devraient s'établir à 234.000 par mois en moyenne au second trimestre et se maintenir à un rythme soutenu jusqu'en 2015.

Les économistes prévoient en moyenne un taux de chômage à 6,3% cette année et à 5,8% en 2015.

UNE INFLATION À 2%

"Le sentiment collectif s'est amélioré. Nous pouvons le constater aussi bien à travers les diverses mesures de la confiance du consommateur que de celle des entreprise", observe Ryan Sweet, économiste chez Moody's Analytics en Pennsylvanie.

"C'est très important car les entreprises vont devoir continuer à embaucher et à investir pour maintenir la vitesse de croisière de l'économie."

Si l'étude anticipe des augmentations salariales modérées jusqu'en 2015, certains économistes notent que les tensions sur le marché du travail pourraient provoquer une bonne surprise au niveau du salarie horaire moyen.

Avec le redressement du marché du travail, la Fed devrait commencer à relever ses taux directeurs au second semestre 2015. La majorité des économistes interrogés s'attendent à ce que la banque centrale américaine commence par porter son taux des fed funds à 0,5%, à comparer à leur fourchette actuelle de 0-0,25%.

La Fed maintient ses taux proches de zéro depuis décembre 2008 mais a déjà commencé à réduire graduellement ses rachats mensuels d'actifs qui visent à soutenir l'activité en inondant l'économie de liquidités.

L'enquête de Reuters montre en outre que les prix à la consommation, hors alimentation et énergie, ne devraient pas atteindre l'objectif de la Fed de 2% au quatrième trimestre 2014 mais plus tard.

Le taux d'inflation mesuré par le CPI hors alimentation et énergie atteindrait 1,8% en moyenne en 2014 et 2,1% en 2015, selon le consensus des analystes.

"Si nous obtenons la forte croissance que nous anticipons et que l'inflation progresse, la Fed pourrait commencer à relever ses taux plus tôt et de façon un peu plus agressive", souligne Scott Anderson, chef économiste chez Bank of the West à San Francisco.

(Avec Hari Kishan et Sarbani Haldar à Bangalore, Mathilde Gardin pour le service français, édité par Véronique Tison)

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  • pascalcs le mercredi 18 juin 2014 à 07:50

    Encore un article à soigneusement garder pour les collectionneurs d’âneries. Comme tant d’autres déjà collectionnés sur les US. Les US reviennent au même volume d’emploi qu’avant la crise mais avec 16 millions d’habitants supplémentaires, un revenu moyen en baisse et des emplois crées à moitié salaires de ceux perdus. Vaste fumisterie d’anglo-saxons dont on devrait, à l’image de GM, rappeler en masse leurs prétendus économistes formés au rabais

  • olive84 le mardi 17 juin 2014 à 18:54

    4$ de dettes et 1 $ de richesse... ouahh magnifique le systeme... En france,on crierait "scandale, faillite, c la faute aux fonctionnaires" et qd c est les US, on applaudit !!

  • loto77 le mardi 17 juin 2014 à 18:40

    Et comme la dette publique US va augmenter de 4% cette année , ça nous fait PIB - dette = +2% - 4% = -2% en résultat final 2014 . Ca va pas le faire .