Criteo : les revers d'une introduction au Nasdaq

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(lerevenu.com) - Première société française à faire son entrée au Nasdaq après Business Objects en 1994, Criteo suscite un grand intérêt. Pourtant, certains observateurs pointent les risques d'une telle opération.

Après plusieurs ajustements à la hausse, le prix d'offre a été en définitive fixé à 31dollars, c'est-à-dire bien au-dessus de la fourchette indicative (23-26 dollars). Créée en 2005 par trois ingénieurs français, cette société de technologie Internet devrait afficher un chiffre d'affaires équivalant à 400 millions d'euros en 2013, en progression de 47% par rapport à 2012. Avec 700 salariés, Criteo dispose d'un grand centre de recherche et de son siège social à Paris. Jean-Baptiste Rudelle, son président, lui, est établi à Palo Alto (Californie).

 

Le métier de Criteo consiste à affiner, à l'aide de ses propres algorithmes, le ciblage des publicités de ses clients annonceurs, en utilisant l'historique de navigation des internautes. L'achat d'espace numérique est ainsi vendu plus cher. Le bénéfice net qui avait atteint 6,1 millions d'euros en 2011 a chuté à 0,6 million d'euros, en 2012. Le poids des frais administratifs et commerciaux a fait plonger le résultat net dans le rouge (-4,9 millions d'euros), au premier semestre. L'entrée en Bourse devrait procurer l'équivalent de 209 millions d'euros d'argent frais à Criteo pour une valorisation totale de la société de 1 milliard d'euros, soit 2,5 fois le chiffre d'affaires.

 

Le titre (code mnémonique : CRTO) devrait s'arracher, aujourd'hui, à Wall Street, dans un concert de louanges pour cette brillante start-up d'origine française. Mais des voix discordantes s'élèvent déjà pour évoquer le revers de la médaille de cette IPO (initial public offering). Ainsi,  Edgar Baudin, associé de Makazi Group, un cabinet d'expertise en technologies et data marketing, se demande si certains grands clients de Criteo ne vont pas découvrir, à cette occasion, l'importance de la marge brute (50%, selon certaines sources) de leur fournisseur de ciblage marketing et commencer à rapatrier chez eux cette fonction-clé. 

Edgar Baudin évoque aussi le risque pour Criteo d'une réglementation en marche, en particulier en Europe, pour limiter l'exploitation des données des internautes : «Si les entreprises sont conscientes que l'exploitation de données personnelles forme un levier majeur d'amélioration de leurs performances, elles savent aussi qu'une mauvaise utilisation de ces données peut nuire à leur réputation et peut donc avoir un impact négatif sur leur valorisation financière.»

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