Crises de foi sous les sunlights

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Josh Brolin et Heather Goldenhersh dans le film américain de Joel et Ethan Coen, "Ave César !".
Josh Brolin et Heather Goldenhersh dans le film américain de Joel et Ethan Coen, "Ave César !".

Dans « Ave César ! », les frères Joel et Ethan Coen moquent et célèbrent, avec la même frénésie, l’âge d’or des studios hollywoodiens.

L’AVIS DU « MONDE » - A NE PAS MANQUER Un mot ne passe pas les lèvres d’un acteur, embarqué dans une tirade qui, jusqu’alors, tirait des larmes aux figurants et à l’équipe technique : « Foi. » Un mot qui pèse lourd, placé comme ça, en évidence, vers la fin d’une comédie burlesque, la première de ses réalisateurs depuis Burn After Reading, en 2008. Ave, César ! est aussi drôle, cruel, frénétique que ses prédécesseurs (Arizona Junior, The Big Lebowski, O’Brother…).

Mais le film porte aussi les stigmates – le premier plan montre un Christ en croix – des dernières expériences de Joel et Ethan Coen : le désespoir spirituel de A Serious Man, la barbarie de True Grit, les affres créatrices d’Inside Llewyn Davis. Et, en plus, il y a un ballet aquatique.

Au pied du crucifix mentionné plus haut, un homme est abîmé en prière, avant de se confesser. Eddie Mannix (Josh Brolin) avoue à un prêtre, visiblement agacé par son assiduité au sacrement de pénitence, qu’il a fumé en cachette de sa femme. Nous sommes en 1951 à Los Angeles.

Le pénitent partage le nom et la profession d’un personnage historique : Eddie Mannix, adjoint d’un patron de studio, chargé d’huiler les rouages de l’industrie du rêve, en préservant les stars de leurs penchants et des scandales qu’ils pourraient provoquer, en tenant la bride courte aux réalisateurs qui se prennent pour des artistes et en muselant les journalistes avides de ragots.

Ehrenreich, révélation du film

Le nom du Mannix original, qui assistait le...

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