Crise grecque : une opportunité pour revenir sur les marchés (Pictet AM)

le , mis à jour à 15:45
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Pour Pictet AM, les craintes sur le dossier grec offrent des opportunités pour entrer sur le marché ou renforcer ses positions.
Pour Pictet AM, les craintes sur le dossier grec offrent des opportunités pour entrer sur le marché ou renforcer ses positions.

Les inquiétudes sur le dossier grec ont provoqué une baisse des marchés au cours des dernières séances. Pour Luca Paolini, chef stratégiste chez Pictet Asset Management, il faut être opportuniste en renforçant ses positions en cas de baisse des marchés, car ceux-ci remonteront à moyen terme.

Alors que les marchés européens rebondissent fortement mercredi à 12h, Luca Paolini rappelle que la sortie de la Grèce de la zone euro n’a rien d’automatique, même si ces derniers jours « la probabilité d’une sortie de la Grèce de la zone euro a augmenté significativement » dans une note de conjoncture publiée le 30 juin en fin de journée.

Grèce : l’importante échéance du 20 juillet vis-à-vis de la BCE

Le défaut de paiement au FMI ne joue toutefois que marginalement sur ce sujet sensible, explique le chef stratégiste de Pictet AM. « La véritable échéance est le 20 juillet, lorsque la Grèce devra effectuer un remboursement de 3,5 milliards d’euros à la BCE. En l’absence d’un accord financier avant cette date, un défaut sur la dette due à la BCE serait inévitable et pourrait déclencher une sortie désordonnée de la Grèce de la zone euro. Un scénario légèrement plus favorable verrait la création d’une monnaie nationale parallèle permettant à la Grèce de rester dans la zone euro, bien qu’il soit difficile de voir à quel point une telle situation serait tenable sur le long terme ».

Ce type de scénario serait déclenché par un « non » au référendum proposé aux électeurs grecs le dimanche 5 juillet.

« Pour autant, un « oui » ne conduirait pas nécessairement à une résolution rapide » du problème, poursuit Luca Paolini. « Bien que l’acceptation des mesures proposées donnerait à la Grèce, à première vue, l’opportunité de trouver un accord avec ses créanciers, cela pourrait créer davantage d’incertitude politique », relève-t-il. Néanmoins, le « oui » pourrait tout de même déboucher sur la formation d’un nouveau gouvernement plus susceptible de négocier de manière constructive avec les créanciers, explique le chef stratégiste de Pictet AM.

« En l’état actuel, les sondages suggèrent que le peuple grec va voter en faveur de la proposition des créanciers avec une certaine avance. Mais, comme ces sondages ont été réalisés avant que Syriza appelle à voter « non », il se pourrait que le résultat final soit beaucoup plus serré ».

Pour autant, Luca Paolini estime qu’une éventuelle sortie de la Grèce de la zone euro pourrait être bénéfique à moyen terme pour la stabilité financière de la zone euro, notamment car « cela obligerait les décideurs politiques de la zone euro à poursuivre l’unification financière et fiscale plus rapidement afin de mettre en œuvre des réformes structurelles ».

Marchés : stratégie opportuniste

D’un point de vue d’investisseur, comment réagir face à l’évolution mouvementée du dossier ?

Luca Paolini remarque tout d’abord que l’absence de panique sur les marchés, malgré une baisse certaine en début de semaine, montre que les investisseurs ne voient pas de risques financiers extrêmes dans le cas d’un Grexit. « Bien sûr, une sortie désordonnée de la Grèce pourrait précipiter des ventes généralisées sur les marchés obligataires et les marchés d’actions d’Italie et d’Espagne à court terme. Les investisseurs chercheraient à quantifier les risques ou la probabilité que ces pays sortent également de la monnaie unique. À plus long terme, en revanche, nous sommes confiants dans le fait que les gouvernements de la zone euro et la BCE agissent de manière décisive pour vaincre ces craintes ».

En somme, le chef stratégiste de Pictet AM se montre très opportuniste : une nouvelle baisse à court terme sur les marchés serait une opportunité pour renforcer ses positions. « Les marchés vont sans doute rester volatils, au moins jusqu’à ce que les résultats du référendum soient connus. En cas de turbulences significatives sur le marché, nous envisagerions d’augmenter notre exposition aux banques d’Italie, d’Espagne et du Portugal, et renforcerions nos détentions d’obligations souveraines émises par ces pays ». En somme, Pictet AM investirait sur les actifs les plus risqués et les plus affectés par la baisse, prévoyant un rebond ultérieur.

Ce point de vue vient rompre avec le discours beaucoup plus prudent des économistes d’Aurel BGC en début de semaine, pour qui le meilleur choix à faire, dans les conditions de marché actuelles, est de se tourner vers des valeurs-refuges moins sensibles aux tergiversations grecques. Etaient plébiscitées : les actions américaines, les valeurs défensives européennes et même l’or (lire l’article).

X. Bargue

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  • guerber3 le mercredi 8 juil 2015 à 16:09

    Peu importent les conséquences puisqu' il est irresponsable...achetez braves gens, nous, on touche les commissions...!

  • M4358281 le mercredi 1 juil 2015 à 14:53

    avec -10% ..faut avoir les nerfs

  • fquiroga le mercredi 1 juil 2015 à 12:54

    sans blague????

  • NORDGHAZ le mercredi 1 juil 2015 à 12:45

    le bateau coule, restez à bord tout va bien

  • NORDGHAZ le mercredi 1 juil 2015 à 12:44

    les dés sont bippés depuis longtemps !!! les petits porteurs toujours rincés

  • dcabon le mercredi 1 juil 2015 à 12:41

    Tiens ! C'est marrant, maintenant la date """""décisive""""" c'est le 20 juillet ! Il n'y a pas si longtemps, les """"réunions de la dernière chance""""" se sont enchaînées avant le 30 juin. Ça me fait décidément penser à un mauvais acteur qui n'arrive pas à prendre sa retraite...