Crise financière et économie réelle : quelles perspectives pour 2009 ?

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Crise financière et économie réelle : quelles perspectives pour 2009 ?

Article rédigé par La Française des Placements

Le mouvement général de dégradation de la conjoncture économique s’est accéléré brutalement en octobre. A l’origine, ce mouvement s’expliquait largement par la fin du cycle de l’immobilier et par la hausse des prix des produits de base et le prélèvement qui en résultait sur le revenu disponible des ménages dans les pays consommateurs. Le retournement conjoncturel de l’activité est bien antérieur à la crise financière récente et la plupart des pays développés étaient entrés en récession avant même le déclenchement de la crise du début septembre.

Le mouvement général de dégradation de la conjoncture économique s’est accéléré brutalement en octobre. A l’origine, ce mouvement s’expliquait largement par la fin du cycle de l’immobilier et par la hausse des prix des produits de base et le prélèvement qui en résultait sur le revenu disponible des ménages dans les pays consommateurs. Le retournement conjoncturel de l’activité est bien antérieur à la crise financière récente et la plupart des pays développés étaient entrés en récession avant même le déclenchement de la crise du début septembre.
La crise financière a entraîné brutalement des comportements beaucoup plus restrictifs des chefs d’entreprises et de brutales variations des taux de change augmentant l’incertitude générale. Il faut s’attendre à de fortes révisions en baisse des projets d’investissement industriel, à un mouvement de déstockage important et au total à un net recul du PIB au quatrième trimestre 2008 et sans doute encore au premier trimestre 2009 dans les principaux pays de l’OCDE. Le deuxième fait important du mois d’octobre est la prise de conscience de l’extension des tensions financières et du ralentissement économiques aux pays émergents. Le discours sur le «découplage», discours auquel nous n’avons jamais souscrit, est aujourd’hui largement dépassé. La prise de conscience du net ralentissement de l’activité dans les pays émergents a dissipé tout espoir de soutien des profits venant de ces régions et a contribué à la nouvelle vague de baisse des cours boursiers. C’est aussi pour la conjoncture future un facteur de clarification dans la mesure où elle écarte à court terme toute menace d’un rebond des prix du pétrole et des matières premières. L’effondrement des taux de fret maritime suggère une nette contraction du rythme du commerce mondial. Il en résultera une accélération de la désinflation, que les marchés amplifient comme d’habitude en allant jusqu’à anticiper une déflation. En réalité, l’inflation globale rejoindra l’inflation sous-jacente, qui était proche de 2%. Les plans gouvernementaux de soutien des banques et du crédit ont été décidés et mis en oeuvre rapidement et leurs effets s’affirmeront. Les Banques centrales ont très largement facilité l’accès à la liquidité pour les banques commerciales (et même pour les entreprises aux Etats-Unis). La détente des marchés monétaires suggère un tout début de normalisation. Mais les inquiétudes restent fortes et il faudra plusieurs mois pour stabiliser les marchés et pour absorber les chocs d’une violence inouïe que nous avons connus.

Perspectives économiques

Notre scénario de référence anticipe depuis plusieurs mois une récession dans les pays développés et un net ralentissement de croissance dans les pays émergents. L’ampleur de la crise financière de septembre-octobre, le niveau historique sans précédent de la volatilité des valeurs d’actifs, l’extrême tension sur les marchés financiers nous conduisent à modérer nos perspectives de croissance pour 2009 en termes de moyennes annuelles, sans modifier significativement notre scénario. Dans les pays développés, on peut s’attendre à un recul du PIB de l’ordre d’un demi point.
Les pays émergents sont désormais entrés dans la tourmente financière et subissent le recul de la demande sur leurs principaux marchés d’exportation. Le taux de croissance des pays émergents pourrait être divisé par deux en 2009 par rapport à la tendance antérieure, y compris en Chine, et il faut envisager des périodes récessives dans certains pays émergents et peut-être des phases de stress financier.
La thématique de l’inflation qui hantait les esprits jusqu’à l’été (à tort selon nous), a complètement disparu et la BCE a engagé un cycle de baisse de ses taux d’intervention qui l’amènera à retrouver son dernier point bas de 2% d’il y a à peine trois ans. La Réserve fédérale s’en tiendra durablement au taux actuel de 1%. Nous estimons que le scénario d’un enlisement durable «à la japonaise» est improbable pour l’Europe et les Etats-Unis. Les réactions des autorités publiques ont été immédiates, coordonnées et de grande ampleur et la correction de certains excès est engagée. Nous n’échapperons certes pas à une remontée générale et significative du chômage et à un accroissement des besoins de financement publics d’au moins 1 à 2 points de PIB supplémentaires. La récession a commencé au troisième trimestre aux Etats-Unis et dès le printemps dernier dans la zone euro et au Japon. Elle sera dure à la fin 2008. Après trois à quatre trimestres de contraction du PIB, la forte baisse du prix du pétrole, la baisse de l’inflation, la fin probable du recul de la construction de logements aux Etats-Unis et les injections de liquidités dans le système financier pourraient conduire à une stabilisation et à un rebond de l’économie à partir de l’été 2009.

Néanmoins, la reprise sera durablement bridée par le nécessaire effort de désendettement et de reconstitution du bilan de tous les acteurs économiques. L’expérience des deux derniers cycles économiques montrent qu’il faut plusieurs années pour libérer les comportements de dépense des agents économiques.

C’est pourquoi nous privilégions la perspective de taux d’intérêt durablement bas et d’inflation nettement contenue. Une véritable convalescence financière et le retour à une croissance positive et plus stable peuvent être envisagés à partir de 2010.

D’après la Française des Placements – Novembre 2008
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