Crise entre Paris et Varsovie après l'annulation d'un contrat

le , mis à jour à 21:24
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    * La Pologne a annulé un contrat militaire 
    * Hollande reporte sa visite à Varsovie 
    * Une source française annonce des mesures de rétorsion 
    * Une décision inquiétante pour l'Europe de la Défense, dit 
Valls 
 
 (Actualisé avec réaction polonaise aux §§10 à 12) 
    par Marine Pennetier et Jean-Baptiste Vey 
    PARIS, 7 octobre (Reuters) - L'annulation par la Pologne 
d'une commande de 50 hélicoptères militaires Caracal d'Airbus 
suscite une vive crise diplomatique entre Paris et Varsovie, au 
point que les autorités françaises envisagent des mesures de 
rétorsion. 
    La relation entre les deux pays membres de l'Union 
européenne et de l'Otan va être "gravement affectée" par la 
décision polonaise et la France va "réexaminer l'ensemble" de sa 
coopération en matière de défense avec la Pologne, selon une 
source française proche du dossier.  
    L'Etat français, actionnaire d'Airbus  AIR.PA  à hauteur de 
11%, veillera à ce que le groupe réexamine ses projets 
d'investissements en Pologne, a ajouté cette source. 
  
    Le contrat, qui portait sur la livraison de 50 hélicoptères 
Caracal pour un montant de 13,5 milliards de zlotys (3,14 
milliards d'euros), représentait plus de 3.000 emplois en 
Pologne, selon Airbus.  
    Airbus Group emploie actuellement environ 900 salariés en 
Pologne, dans le spatial, les hélicoptères et les avions 
militaires, avec un centre de recherche dans le pays. 
    Sur le plan diplomatique, les consultations envisagées le 13 
octobre à Varsovie en présence de François Hollande ont été 
reportées sine die après la confirmation, vendredi, par le 
ministre polonais de la Défense de l'annulation de l'appel 
d'offres remporté en avril 2015 par Airbus Helicopters.  
    Une visite du ministre français de la Défense Jean-Yves Le 
Drian, prévue lundi dans la capitale polonaise, a elle aussi été 
annulée.  
    "Le président de la République a demandé au ministre des 
Affaires étrangères de se rendre rapidement à Varsovie", 
indique-t-on dans l'entourage de François Hollande. 
    Le Quai d'Orsay a fait savoir un peu plus tard que Jean-Marc 
Ayrault ne se rendrait pas jeudi à Varsovie, contrairement à ce 
qui avait été auparavant annoncé. 
    Le ministre polonais des Affaires étrangères, Witold 
Waszczykowski, a assuré que "les consultations entre les 
gouvernements polonais et français ont été reportées, pas 
annulées".  
    Expliquant que "l'offre finale d'Airbus Helicopters ne 
répondait pas à nos attentes", il a ajouté rester confiant dans 
la poursuite de la coopération avec la France.  
    "Nos relations bilatérales sont stratégiques par nature et 
sont fondées sur un large éventail de priorités et de projets 
communs", a-t-il dit.  
     
    "NÉGOCIATION ERRATIQUE" 
    L'accord sur le contrat avait été conclu par le précédent 
gouvernement polonais, battu aux législatives d'octobre 2015 par 
le parti Droit et Justice (PiS), eurosceptique. Airbus avait à 
l'époque été préféré à l'américain Sikorsky  LMT.N  et à 
l'italien AgustaWestland  SIFI.MI . 
    "Avant on avait une plateforme de centre-droit qui 
comprenait qu'il était dans l'intérêt de la Pologne, au-delà de 
l'axe avec les Etats-Unis, d'entretenir une relation bilatérale 
avec les Français et les Allemands", note une source 
diplomatique française.  
    "Là on a un PiS qui manifestement ne réussit pas à 
comprendre les bénéfices que tire la Pologne, qui sont pourtant 
massifs, de son ancrage européen", ajoute-t-elle.  
    Dans la manière dont ont été menées les négociations, "il 
apparaît évident que les Polonais n'ont jamais eu l'intention de 
respecter l'appel d'offres", renchérit une source française 
proche du dossier. "Dans cette négociation un peu erratique, 
Airbus a toujours cherché à coller aux règles de l'appel 
d'offres et donc à la souveraineté de la Pologne".  
    Plus tôt vendredi, Manuel Valls avait fait part de la 
préoccupation de la France pour l'avenir de la Défense 
européenne. 
    "Les choix qui viennent d'être annoncés, pour ce qui 
concerne la France, nous préoccupent - y compris par rapport à 
des négociations qui avaient été engagées - mais aussi (par 
rapport) à la conception de la Défense européenne", a dit le 
Premier ministre.  
    François Hollande avait mis en garde jeudi les pays 
européens achetant uniquement des armes américaines et avait 
appelé l'ensemble des pays de l'UE à se coordonner pour 
"participer à un effort de Défense". 
    "Il y a des pays européens qui pensent que les Etats-Unis 
seront toujours là pour les protéger, au point même d'acheter 
des armes uniquement aux Etats-Unis et pas aux Européens", avait 
dit le chef de l'Etat dans un discours sur l'Europe.  
     
 
 (Avec Agnieszka Barteczk à Varsovie, Jean-Michel Bélot, 
Elizabeth Pineau et John Irish à Paris, édité par Sophie Louet) 
 

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  • delapor4 il y a 10 mois

    La Pologne ferait mieux d'acheter des hélicoptères russes. Ce sont les plus robustes.

  • M7361806 il y a 10 mois

    Elle remercie l'UE pur sa générosité

  • SuRaCtA il y a 10 mois

    P.I.S., : tout est dit dans le nom du partit au pouvoir...