Crise du lait : la recette de Christine et Samuel pour s'en sortir

le , mis à jour à 07:41
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Crise du lait : la recette de Christine et Samuel pour s'en sortir
Crise du lait : la recette de Christine et Samuel pour s'en sortir

« Le calcul est simple : si on vendait tout notre lait à la coopérative, on perdrait plus de 50 % de chiffre d'affaires ! » Alors que la colère des producteurs de lait ne cesse de monter, notamment contre les prix pratiqués par Lactalis, Christine et Samuel Brostin, 42 et 46 ans, installés au Theil (Manche), se disent plutôt bien lotis. C'est qu'ils ont fait il y a près de vingt ans des choix à contre-courant de la profession, comme transformer eux-mêmes une grande partie de leur production plutôt que de confier cette étape à d'autres.

« Avant de reprendre la ferme, je travaillais dans une coopérative. La transformation, c'est mon métier d'origine. On a profité de cette chance », explique Christine. Beurre, crème et camembert au lait cru sont vendus sur les marchés. « La demande a tout de suite été au rendez-vous. Les premières semaines, on utilisait seulement 10 % de notre lait pour la transformation. Mais très vite on est montés à 80 %. Le reste, on a continué à le vendre à la coopérative. »

Et la stratégie du couple ne s'est pas arrêtée là. En 1998, quand ils reprennent la ferme des parents de Christine, il n'est question pour eux ni d'étendre l'exploitation ni d'agrandir le cheptel. « Les parents de Christine avaient 20 vaches. On en a aujourd'hui 24 », sourit Samuel. Ils collectent à peine 90 000 litres de lait là où des fermes voisines en produisent dix fois plus. Pour s'en sortir, ils limitent les coûts. « On nourrit nos vaches à l'herbe, aux betteraves et aux céréales. On évite toutes les charges d'exploitation liées au maïs. On n'achète aucun concentré pour nos vaches. Elles donnent ce qu'elles donnent... »

Pour autant, le couple ne dresse pas un portrait idyllique. « Il y a des semaines où on a travaillé jusqu'à vingt heures par jour ! Je me relevais à 2 heures du matin pour surveiller mes camemberts. Ça nécessite aussi de faire les marchés, en plus de notre métier. On a ...

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  • stricot il y a 3 mois

    C'est assez simple: il y a suproduction europeenne dans le lait (surement bien aidee par les sanctions de la Russie envers les produits frais EU), les producteurs n'ont pas de politique de diversification ou d'alternative, donc les prix chutent. En parallele, on peut lire aujourd'hui des prix record pour les fruits et legumes, qui sont en penurie pour certaines raisons... CQFD. Il faut produire ce dont les gens ont besoin en quantite raisonnable. Une regulation par les quotas a l'air necessaire.

  • M107412 il y a 3 mois

    La crise laitière est globale en Nouvelle Zélande aux us et en Europe. C'est de l’engineering dans la production de a à z. ou de l'achat à la production à la vente , dans le partage des outils de production et dans la production d'energie.Les agriculteurs sont aussi des ingenieurs, vétérinaires ont fait des prépas ils ont les ressources ..

  • M107412 il y a 3 mois

    Sur 100 producteurs qui lancent une activité de transformation ou de vente à domicile; combien réussissent ? La concurrence est aussi dans la proximité. La transformation ca existait il y a 35 ans, les produits étaient vendus sur les marchés. Ce n'est pas avec des formules "politique globale insérée dans les marchés internationaux " que l'agriculture s'en sortira

  • b.renie il y a 3 mois

    Producteurs de lait : La recette de Christine et Samuel pour s'en sortir. C'est simple et efficace. Mais est-ce généralisable ? Le problème de fond est la régulation des marchés par l'UE et la mise en place d'une véritable politique globale pour le développement de l'agriculture européenne (intensive, artisanale, de montagne) insérée dans les marchés interntionaux