Crise du lait : ces producteurs qui sont contre les barrages

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Crise du lait : ces producteurs qui sont contre les barrages
Crise du lait : ces producteurs qui sont contre les barrages

Eux ne déversent ni fumier ni pneus devant les supermarchés. Ils refusent de participer aux blocages qui se sont encore tenus cette semaine près de Grenoble, Auch, Colmar ou devant le siège social de Casino vendredi. Cet été, Etienne, André et les autres restent chez eux, à la ferme. Ils regardent, consternés.

La colère ? Ils en ont pourtant à revendre. La crise ? Ils l'ont sentie venir depuis des années, dans le lait, le porc ou le boeuf. « Bouger pour bouger, ça ne sert à rien. Les éleveurs se trompent de cibles. Ils embêtent les consommateurs qui sont victimes comme nous tous. Ils fouillent les camions de l'étranger alors que notre pays vit aussi grâce à ses exportations. Je comprends les gars au bout du rouleau, mais je suis pour le respect des biens et des personnes », affirme haut et fort André Lefranc, 53 ans, éleveur de 150 vaches laitières et fabricant de caramel dans la Manche.

Dans son village près d'Angers, Etienne Heulin, 55 ans, militant à la Confédération paysanne (syndicat marqué à gauche), avoue être « choqué par le sentiment d'impunité des paysans » quand il voit à la télé les lâchers de ragondins ou de cochons dans les supermarchés. « On dirait des milices de l'espace urbain. Nous sommes nombreux à ne pas nous reconnaître là-dedans. J'ai un voisin qui est allé bloquer un rond-point en juillet. Il est revenu dégoûté. Je n'y retourne pas, je ne peux pas faire ça aux gens, a-t-il dit. » Mais qui sont-ils ces « antibarrages » ? Des marginaux babas cool ? De discrets résignés ? Pas vraiment. On les retrouve dans les différentes strates du monde paysan. « Sur les barrages, il n'y a parfois que 30 ou 40 gars qui crient très fort. Ce sont les jeunes, souvent très endettés,... et ils ont fini leur moisson, pas comme nous ! », lance un jeune éleveur des Ardennes, proche de la Coordination paysanne (plutôt marquée à droite). Puis d'ajouter : « Il faut ...

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