Crise des Rohingyas: Suu Kyi annule une visite en Indonésie

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Manifestation contre les persécutions de la minorité musulmane des Rohingyas en Birmanie, le 25 novembre 2016 devant l'ambassade birmanie à Jakarta, en Indonésie ( AFP/Archives / BAY ISMOYO )
Manifestation contre les persécutions de la minorité musulmane des Rohingyas en Birmanie, le 25 novembre 2016 devant l'ambassade birmanie à Jakarta, en Indonésie ( AFP/Archives / BAY ISMOYO )

La chef de la diplomatie birmane Aung San Suu Kyi a annulé lundi une visite en Indonésie, où a été déjoué un attentat contre l'ambassade de Birmanie à Jakarta, dans un contexte de colère autour du sort de la minorité musulmane des Rohingyas de Birmanie.

"Nous avons repoussé le voyage en Indonésie en raison des problèmes dans l'Etat Rakhine mais aussi dans le nord de l'Etat Shan", théâtre d'un autre conflit ethnique, a déclaré à l'AFP Aye Aye, vice-ministre des Affaires étrangères.

Ce voyage "sera reprogrammé sous peu", a-t-elle ajouté, démentant que cette annulation soit due à des raisons de sécurité. Aung San Suu Kyi ne se rendra ainsi qu'à Singapour mercredi, sans pousser jusqu'en Indonésie.

La chef de la diplomatie birmane Aung San Suu Kyi , le 4 novembre 2016 à Tokyo
La chef de la diplomatie birmane Aung San Suu Kyi (c), le 4 novembre 2016 à Tokyo ( AFP/Archives / TOSHIFUMI KITAMURA )

La police indonésienne a en effet annoncé la semaine dernière l'arrestation de trois suspects liés au groupe Etat islamique (EI) qui planifiaient un attentat contre l'ambassade de Birmanie à Jakarta.

Les suspects, tous membres d'une cellule indonésienne affiliée à l'EI, avaient amassé assez d'explosifs pour fabriquer des bombes plus puissantes que celles ayant servi à commettre les attentats de Bali en 2002, dans lesquels 202 personnes avaient été tuées, d'après la police.

Viols en réunion, tortures, meurtres et massacres: les Rohingyas qui ont franchi la frontière du Bangladesh ces derniers jours ont raconté les violences que leur font subir les soldats birmans dans l'ouest du pays.

Des réfugiés rohingyas brandissent un portrait de la chef de la diplomatie birmane Aung San Suu Kyi lors d'
Des réfugiés rohingyas brandissent un portrait de la chef de la diplomatie birmane Aung San Suu Kyi lors d'une manifestation contre les persécutions de la minorité musulmane des Rohingyas en Birmanie, le 25 novembre 2016 devant l'ambassade birmane à Kuala Lumpur, en Malaisie ( AFP/Archives / MANAN VATSYAYANA )

Face à ces accusations, la colère monte en Indonésie et dans d'autres pays musulmans. Vendredi, des milliers de musulmans ont manifesté dans diverses capitales asiatiques pour demander la fin des violences.

En Indonésie, pays musulman le plus peuplé du monde, les manifestants ont demandé la rupture des relations diplomatiques bilatérales.

Ces violences meurtrières constituent un défi pour Aung San Suu Kyi et son gouvernement, premier exécutif civil en Birmanie depuis des décennies.

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