Crise agricole : «On devrait encourager les petits producteurs et boycotter les supermarchés»

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TEMOIGNAGES - Conscients des difficultés des agriculteurs et des revers de la grande distributions, de plus en plus de Français adoptent de nouveaux modes de consommations. Ils privilégient les circuits courts, les produits bio ou labélisés...

Alors que les agriculteurs se mobilisent pour réclamer de meilleures rémunérations, les Français affirment être prêts à les aider. Ainsi, à la question posée sur notre site, «êtes-vous prêt à payer des produits alimentaires plus cher pour aider les agriculteurs français?», les internautes ont massivement répondu oui, à 65%. Si certains assurent déjà dépenser plus pour mieux consommer, d'autres affirment au contraire que les modes de consommation plus responsables ne sont pas plus onéreux, comme ils nous l'ont confié via notre page Facebook.

● Les circuits courts

Pour manger mieux, Christiane P. se rend «chez un producteur local d'avril à octobre pour y ramasser les légumes et fruits». Le reste de l'année, elle fait ses courses auprès des producteurs locaux. «C'est beaucoup moins cher», affirme-t-elle.

Agathe S. indique de son côté se rendre «au marché pour acheter de la viande française et des fruits et légumes français chez les producteurs». Annie Rippoll privilégie également l'achat de produits «directement auprès des producteurs».

De même, Steph souhaite «habituer son bébé de 14 mois dès son plus jeune âge à consommer local». Elle «n'achète que des produits locaux, bio au maximum. Ce n'est pas plus cher et c'est bien meilleur», dit-elle.

Véronique adopte les mêmes habitudes: «Je fais attention depuis trente ans. J'achète au petit producteur local qui n'utilise aucun pesticides ou magasin bio. Je pense qu'on devrait vivement encourager les petits producteurs soucieux de la qualité et boycotter les supermarchés», affirme-t-elle.

● Petits magasins

De nombreux internautes confient également privilégier les magasins de petites taille, spécialisés dans les produits régionaux et de saison.

«Nous faisons nos courses alimentaires dans un petit magasin à la campagne, ce ne sont que des produits du coin ou français. On a redécouvert la viande naturelle, sans eau et hormones/antibiotiques, eh bien ça n'a pas la même texture ni le même goût, affirme Chloé N. qui recommande à tout le monde d'y aller car ce n'est pas tellement plus cher: Nous sommes 3 et nous y allons une fois par semaine pour environ 60 euros».

● Les colis

Egalement consciente de la difficulté de se repérer dans les supermarchés, Stéphanie G. a opté pour «les panier bio composé de fruits et légumes locaux pour la plupart...les paniers sont livrés chez un partenaire directement dans notre village une fois par semaine».

«L'idée d'un panier bio a été proposée aux étudiants de mon école: 8-9 euros pour 2kilos de légumes variés et de saison», indique Morgane Jan.

François a également recours à la vente à distance et achète «le bœuf et le porc en colis».

● Les labels

D'autres se fient aux labels affichés par certains produits. «Je regarde la petite maisonnette avec logo viande Française», souligne Monique, 72 ans, qui dit, «acheter de préférence français depuis environ 5 ans, sans tenir compte du prix».

«Nous achetons nos légumes et fruits en direct auprès du maraicher bio et la viande auprès des producteurs label rouge près de notre domicile, les prix sont très intéressants, c'est l'avantage d'habiter à la campagne», souligne Map Oule.

● Est-ce vraiment plus cher?

Ces modes d'alimentation ne sont pas nécessairement plus onéreux, affirment les internautes interrogés. De fait, les circuits courts permettent de faire l'économie de certains intermédiaires et de mieux rémunérer les producteurs et «en tant que consommateur la vraie différence c'est que je mange mieux», indique Clotilde M.

Une internaute a fait une comparaison ce matin. «Au marché à Paris, le prix des pommes achetées directement auprès du producteur était de 1,90 euros le kilo contre 3,90 euros le kilo de «pommes» insipides et formatées chez Franprix», indique Carole Fouque. Il s'agit d'un «exemple parmi d'autres, de mon marché ce matin, 100% français, 100% de saison, 90% fermier. Mis à part le fromage (fermier et au lait cru) et la viande (agneau du Limousin), tout m'est revenu moins cher qu'au supermarché au bout du compte j'y gagne… sur tous les plans», affirme la consommatrice.

Toutefois d'autres internautes indiquent qu'une consommation plus responsable est plus onéreuse. «Je lis les étiquettes avant d'acheter. Cela coûte peut-être un peu plus cher», indique un internaute. Un autre constate que les prix des produits bio sont environ plus chers de 20%.

Pour compenser ces prix plus élevés, certains préfèrent manger moins de viande. «Nous ne mangeons plus de viande tous les jours car il est hors de question de consommer de la viande de supermarché. Les fruits et légumes viennent du marché et de notre potager. Le fromage (nous vivons en Auvergne), nous allons directement chez le producteur. Pour le reste, un plein par mois en supermarché», indique Karine M.

D'autres consommateurs affirment qu'ils aimeraient pouvoir se tourner davantage vers des producteurs locaux pour ne plus passer par la grande distribution mais ils disent ne pas savoir comment le faire. «Je ne connais pas de producteur de légumes direct. S'ils pouvaient se manifester ce serait bien!», lance un internaute.

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  • b.renie le jeudi 11 fév 2016 à 08:06

    La question cruelle : Les gouvernements français ont-ils eu une politique pour l'agriculture en synergie avec l'européenne ? On n'en a pas le sentiment puisque les problèmes de ce secteur important pour l'économie réelle du pays paraissent n'avoir pas été pris en compte s'en remettant totalement à celle de l'UE. C'est l'inconvénient majeur de toute politique partisane, façon de conduire le pays qui caractérise la période ouverte en 1981

  • HP271279 le mercredi 10 fév 2016 à 22:04

    Très bon réflexe