Crise à la commission Cahuzac, qui n'entendra pas Ayrault

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LA COMMISSION CAHUZAC SE PRONONCE À LA MAJORITÉ CONTRE L'AUDITION DE JEAN-MARC AYRAULT
LA COMMISSION CAHUZAC SE PRONONCE À LA MAJORITÉ CONTRE L'AUDITION DE JEAN-MARC AYRAULT

PARIS (Reuters) - La majorité a refusé mercredi l'audition du Premier ministre Jean-Marc Ayrault devant la commission Cahuzac, qui tente de faire la lumière sur la gestion par l'exécutif de l'affaire du compte caché de l'ancien ministre du Budget.

Cette décision, prise par 10 voix contre 8, a provoqué une crise au sein de la commission d'enquête parlementaire.

"La majorité vient de prendre une décision extrêmement grave en refusant d'auditionner le Premier ministre", a déclaré l'UMP Daniel Fasquelle. "Nous avons décidé de suspendre notre participation aux travaux de la commission tant que nous n'aurons pas entendu le Premier ministre."

Le socialiste Alain Claeys a estimé que l'audition de Jean-Marc Ayrault, réclamée par l'opposition, "n'apporterait rien".

Après ce refus, le secrétaire de la commission, l'UMP Gérald Darmanin (UMP) a présenté sa démission.

"En s'opposant à l'audition du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, la majorité socialiste refuse que la vérité soit révélée dans l'affaire Cahuzac", a-t-il déclaré. "La transparence voulue par les socialistes s'arrête là où la vérité pourrait manifestement les gêner."

Pour Christian Jacob, le président du groupe UMP à l'Assemblée, si le Premier ministre ne vient pas "ça veut dire qu'il a quelque chose à cacher et on est sans doute encore sur un autre scandale derrière cette affaire Cahuzac."

L'opposition avait demandé l'audition de Jean-Marc Ayrault pour tirer au clair les contradictions entre les déclarations de Jérôme Cahuzac et le ministre de l'Economie Pierre Moscovici sur la tenue le 16 janvier d'une réunion à l'Elysée en présence de François Hollande et du Premier ministre.

"TOUT ÉTAIT VERROUILLÉ"

À défaut, elle demandait une confrontation entre l'ancien ministre du Budget et Pierre Moscovici.

Des membres PS de la commission ayant eux aussi déploré l'amnésie de Jérôme Cahuzac, Alain Claeys avait indiqué qu'il ferait des propositions pour faire avancer la vérité.

Mais selon l'UMP Daniel Fasquelle, la demande de confrontation entre les deux hommes "n'a pas été étudiée car nous avons tout de suite compris, en discutant de la demande d'audition d'Ayrault, que tout était verrouillé".

L'enjeu de la seconde convocation de Jérôme Cahuzac était de savoir s'il avait été associé le 16 janvier à une demande d'entraide fiscale controversée avec la Suisse, ce qui impliquerait une entente au sommet, ou simplement informé.

Pour les députés de l'opposition, la présence même de l'ancien ministre à cette réunion montre que la "muraille de Chine" que Bercy disait avoir dressée autour de Jérôme Cahuzac à propos de son dossier était fictive.

Jean-Marc Ayrault avait fait savoir mercredi que Pierre Moscovici disait la vérité à propos de cette réunion informelle, qui se serait tenue en marge du Conseil des ministres.

"Je n'ai pas le souvenir de l'échange décrit par Pierre Moscovici à l'issue du Conseil des ministres", a pourtant déclaré Jérôme Cahuzac sous serment.

De même, l'ancien député PS a dit n'avoir aucun souvenir d'une rencontre dans le bureau même du chef de l'Etat, une autre version citée dans le livre de la journaliste Charlotte Chaffanjon "Jérôme Cahuzac, les yeux dans les yeux".

La commission d'enquête ne peut pas entendre François Hollande mais Jean-Marc Ayrault, lui aussi présent à cette réunion, aurait pu éclairer les députés.

"L'attitude du Premier ministre est choquante, elle est méprisante et humiliante pour l'Assemblée nationale. J'en appelle au président de l'Assemblée nationale", a insisté Christian Jacob devant des journalistes.

Emile Picy, avec Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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  • M5441845 le mercredi 24 juil 2013 à 21:04

    De toute façon pour Mr Ayrault, tout cela est "minable". Tout comme l'attaque d'un commissariat à Trappes, le vol des victimes à Brétigny ou les 14000 chômeurs supplémentaire. Seul Bourdouleix mérite toute l'attention du gouvernement....

  • dhote le mercredi 24 juil 2013 à 20:11

    La vérité leur fait donc si peur? qui est mouillé dans ce scandale: Hollande, Ayrault, Moscovici, Raubira, Valls. C'est la démocratie qui est souillée par cette décision.

  • M4841131 le mercredi 24 juil 2013 à 18:52

    des vrais mer.des, ces ps