Crimes de guerre au Sri Lanka: Colombo promet la justice

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COLOMBO, 16 septembre (Reuters) - Le Sri Lanka a promis mercredi que justice serait faite en réaction à la publication d'un rapport des Nations unies qui appelle à la création d'un tribunal spécial pour juger les crimes de guerre commis par l'armée et les rebelles tamouls pendant les 26 ans de guerre civile. Le ministère sri-lankais des Affaires étrangères n'a pas directement commenté ce rapport, qui se penche sur les atrocités auxquelles les forces armées et les rebelles des Tigres tamouls se sont "très probablement" livrés, selon l'Onu, entre 1983 et 2009. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux Droits de l'homme, Zeid Ra'ad al Hussein, a estimé mercredi que les forces armées devaient savoir qu'il leur faut un jour rendre des comptes pour leurs crimes. "Nous espérons que, dans le cadre de l'examen de conscience national qui aura lieu, les services de sécurité comprendront qu'ils doivent rendre des comptes pour le passé et que les responsabilités seront établies", a-t-il déclaré pendant une conférence de presse à Genève. L'armée sri-lankaise est notamment accusée d'avoir bombardé sans distinction des rebelles et des civils tamouls pris au piège dans une nasse à la fin du conflit, faisant des milliers de morts. Le Sri Lanka, qui a toujours promis de mener sa propre enquête, n'a pour l'instant guère progressé en la matière mais la défaite du président Mahinda Rajapakse, qui était au pouvoir à l'époque, lors de l'élection de janvier 2015, pourrait changer la donne. Le ministère des Affaires étrangères assure que le processus de réconciliation va suivre son cours. "Le gouvernement du Sri Lanka va initier un dialogue et de larges consultations entre toutes les parties prenantes (...) pour mettre en place des mécanismes et des mesures qui faciliteront le droit de savoir, le droit à la justice, à la réparation des torts et la garantie que cela ne se reproduira pas, de sorte à parvenir à la réconciliation et à une paix durable", dit-il dans un communiqué envoyé à Reuters. Les recommandations de l'Onu recevront toute l'attention des autorités de Colombo, ajoute-t-il. (Shihar Aneez; Tangi Salaün pour le service français)

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