Crédits : les Français changent leur comportement

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DÉCRYPTAGE - Avec la crise, les Français sont devenus prudents à l'idée d'emprunter. Les crédits à la consommation sont en berne.

Mieux que beaucoup d'agrégats statistiques, la pente prise par le crédit à la consommation en France reflète à la fois les difficultés conjoncturelles de l'économie française et ses mutations plus profondes.

Ces derniers mois, l'économie tricolore dans son ensemble n'est ainsi finalement pas entrée en récession. Mais elle a présenté quelques grandes fragilités, que le crédit à la consommation reflète aujourd'hui. Le chômage d'abord , frein traditionnel à l'activité. La consommation de certains biens a également brutalement fléchi. À commencer par l'automobile. À un bout de la chaîne, Renault et, surtout, PSA affichent des ventes en berne. À l'autre bout, les statistiques de l'ASF font ressortir un recul de 23,2 % de la production de crédits dédiés à l'achat de voitures neuves au premier trimestre. Et l'on a bien senti ces derniers mois que la distribution spécialisée commençait à sentir le vent du boulet. Pas de hasard: les financements de biens d'équipement du foyer (électroménager, multimédia, meubles) cèdent pour la première fois du terrain en ce début 2012.

La descente aux enfers du «crédit conso» va cependant bien au-delà des conséquences, certes lourdes, du seul ralentissement économique. Elle recouvre aussi de vrais changements de comportements chez des ménages français qui n'ont en fait plus d'appétit pour le crédit. Selon l'enquête publiée mercredi par la Banque de France, les critères d'octroi de prêts à la consommation aux particuliers n'ont d'ailleurs pas changé au premier trimestre. Le problème est donc à chercher davantage du côté de la demande de crédits que du côté de l'offre.

Le phénomène du «désendettement» - «deleveraging» dans le langage des économistes - n'est pas l'apanage des États d'Europe du Sud ni des ménages américains. Les Français eux aussi, s'ils n'ont pas versé dans les excès des subprimes et des cartes de crédits, sont devenus prudents à l'idée d'emprunter.

Le phénomène se lit à peine dans les grandes masses. Selon les données de l'Insee, disponibles à fin septembre 2011, le taux d'endettement des ménages est tout juste en voie de se stabiliser. Il faut dire que ce n'est que très récemment que la production de crédit immobilier s'est elle aussi mise en panne (elle devrait avoir chuté de 20 % environ au premier trimestre). Mais si les ménages sont encore prêts à emprunter pour se loger, ils le sont beaucoup moins pour des dépenses un peu plus frivoles. Ce sont d'ailleurs les assureurs qui en parlent le mieux: eux ont constaté que les encours des contrats d'assurance-vie reculent parce que les épargnants viennent désormais piocher dans leurs économies pour consommer.
Inédit!

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  • JUFRABRE le vendredi 27 avr 2012 à 10:44

    "Les crédits à la consommation sont en berne." ???? Pourquoi ne pas dire que les ménages français consomment moins ? Toujours ce dogme de la consommation et de la croissance ? Messieurs les financiers , les français consomment moins et consommeront de moins en moins, car ils ont de moins en moins de moyens !! C'est tout !!

  • cyrilc1 le vendredi 27 avr 2012 à 10:41

    Non ca recule parce que les gens se montent le bourrichon et ne prennent pas la peine de regarder par eux mêmes les conditions de souscription. Ce sont des assistés! Si tu poses sur des fonds en euros, il n'y a pas de soucis! Certe le taux n'est pas tres eleve mais bien mieux que les livrets.

  • M4189758 le vendredi 27 avr 2012 à 08:10

    JPi - Les contrats d'assurance-vie reculent parce que les épargnants se méfient désormais de toutes les produits financiers pourris qui s'y retrouvent ou si retrouveront: moins de confiance.