Crédit : les ménages privilégient la prudence

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Moins confiants dans l'avenir, seuls 4% des ménages envisagent de souscrire un prêt immobilier en 2012 et 3,6% un crédit à la consommation.

Les ménages français restent très prudents en ce début d'année. Compte tenu de l'environnement économique, peu d'entre eux envisagent de souscrire un nouveau crédit au cours des six prochains mois, selon le dernier rapport de l'Observatoire des crédits aux ménages*, publié ce jeudi.

En 2011, 49,4% des ménages, soit près d'un sur deux, détenaient un prêt. En forte baisse depuis 2008, ce taux s'est stabilisé par rapport à l'année précédente (49,5% en 2010). Mais, il reste à un niveau historiquement faible: depuis 1989 (année de création de l'Observatoire), seule l'année 1995 a connu un taux inférieur, à 49,1%.

Pour l'heure, 2012 s'annonce plus difficile encore. Seules 4% (4,8% en 2010) des personnes interrogées par l'Observatoire déclarent avoir l'intention de souscrire un prêt immobilier et 3,6% (4,1% en 2010 et 5,1% en 2007) un crédit à la consommation. Une frilosité rarement observée. «La demande de crédits immobiliers, qui a reculé d'environ 30% depuis 2007, est au plus bas depuis la fin des années 1980», souligne Michel Mouillart, professeur d'économie, auteur du rapport.

«Les ménages sont très attentifs à l'évolution des taux des crédits»

Moins confiants dans l'avenir, les particuliers redoutent aussi des hausses des taux des prêts immobiliers. «Les ménages sont très attentifs à l'évolution des taux des crédits. C'est un élément important dans leur prise de décision», explique Michel Mouillart. La suppression du PTZ+ dans l'ancien et le «rabotage» du dispositif Scellier jouent aussi. En revanche, la prochaine élection présidentielle influencerait peu le comportement des ménages.

«2012, marquera une transformation dans la distribution de crédit», assure Michel Mouillart. «Le nombre de ménages détenant à la fois un crédit à la consommation et un prêt immobilier diminuera», justifie-t-il. Les professionnels de l'immobilier tablent sur un ralentissement du marché immobilier.

Le courtier Cafpi, par exemple, attend une baisse du nombre de transactions et de la production de logements cette année. Les raisons? «La hausse probable des crédits à taux fixes, la suppression du prêt à taux zéro pour les primo-accédants dans l'ancien (80% des opérations), la diminution de l'offre à cause de la nouvelle imposition des plus-values et la fin du dispositif Scellier», justifie Philippe Taboret, directeur général adjoint de Cafpi.

En 2011, le nombre des ménages détenant un crédit à l'habitat a légèrement progressé par rapport à 2010, passant de 30,5% à 31%, grâce à un bon démarrage en début d'année. La baisse observée durant l'été, alors que la crise de la dette souveraine en zone euro faisait rage, a été suivie d'une période de rebond à l'automne liée aux annonces sur la refonte du PTZ+ et sur l'extinction fin 2012 du dispositif Scellier.

La diffusion des cartes de magasin en recul

En matière de crédit à la consommation, les effets de la loi Lagarde ont continué à se faire sentir. Certes, le taux de détention de crédit à la consommation est resté stable à fin 2011, à 30,2%, marquant la fin d'un recul observé depuis quelques années. Mais, «la modification de l'utilisation de ce type de financement se confirme», explique Michel Mouillart.

Les ménages ont essentiellement souscrit un crédit à la consommation pour financer des projets d'équipement, comme l'achat d'un bien d'équipement ou d'un véhicule. En revanche, cette forme de crédit, a été moins utilisée pour le paiement des impôts ou encore les dépenses de loisirs ou de consommation courante.

La diffusion des cartes de magasin a encore reculé en 2011, à 6,3% des ménages (contre 13,6% il y a dix ans), tout comme les crédits directement contractés sur le lieu de vente (6,6%). Ce sont les banques qui en ont profité puisque 20,4% des ménages ont contracté leur crédit en cours auprès d'une banque contre 19,7% en 2010.

Sans véritable surprise, dans un environnement économique défavorable, la perception par les ménages de leur situation financière s'est dégradée par rapport à 2010. 46% de ceux détenant un crédit et 46,5% de l'ensemble des ménages considéraient à la fin de l'année dernière que leur situation financière s'étaient détériorée au cours des six derniers mois. Un niveau sensiblement plus élevé qu'à fin 2010 mais qui n'atteint pas le seuil enregistré lors du déclenchement de la crise en 2008.

* Enquête réalisée par voie postale par la Sofres en novembre 2011, auprès d'un échantillon de 13.000 ménages.

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