Crédit immobilier : la hausse des taux d'intérêt ralentit

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En juillet 2011, le taux d'intérêt moyen pour un prêt immobilier s'établissait à 3,90%, contre 3,27% à leur plus bas à la fin de l'année 2010.

Si les prix continuent à progresser, la hausse des taux d'intérêt tend de son côté à ralentir. Selon les derniers résultats de l'Observatoire Crédit logement/CSA publiés lundi, le taux moyen pratiqué par les banques pour contracter un prêt immobilier s'est établi à 3,90% en juillet, soit 0,04 point de base de plus qu'en juin.

C'est bien plus qu'à la fin de l'année 2010, où ce taux avait atteint une valeur plancher de 3,27% en moyenne, avant de remonter fortement au premier trimestre 2011. Dans les premiers mois de l'année, les taux d'intérêt ont pris près de 10 points de base par mois, avant de ralentir peu à peu leur progression au deuxième trimestre.

Car les facteurs qui concourraient jusqu'à présent à la remontée des taux semblent maintenant ne plus devoir jouer. Ils plaident pour une stabilisation progressive des taux. «La hausse amorcée en novembre 2010 était liée aux contraintes de liquidités imposées par les normes de Bâle III. Pour les satisfaire, les banques ont accru leurs marges sur les nouveaux prêts. Aujourd'hui, cet ajustement - de l'ordre de 70 points à 100 point de base selon les établissement - est probablement terminé», estime Michel Mouillart, économiste à Paris X-Nanterre.

D'autres facteurs pourraient certes prendre le relais pour porter les taux à la hausse. Le coût de l'argent, notamment, pourrait grimper en raison des incertitudes liées à la dette des pays occidentaux. «Mais pour l'instant, ce facteur n'a pas joué», explique l'économiste.

Hausse de la durée des prêts


Crédits photo : Jean-Christophe MARMARA/Le Figaro

Pour autant, la hausse des taux enregistrée depuis novembre 2010 a déjà fortement impacté le budget des ménages. Pour exemple, un particulier contractant un prêt aujourd'hui remboursera des mensualités 5,5% plus élevées qu'un autre ayant conclu son prêt en novembre 2010.

En conséquence, la durée des prêts s'est allongée, et le montant des apports personnels, accru. En moyenne, un prêt immobilier se contracte aujourd'hui sur 212 mois (un peu plus de 17 ans) contre six mois de moins au troisième trimestre 2010. Quant à l'apport personnel moyen, il a augmenté de près de 12% sur un an au premier trimestre 2011 ! «Un phénomène en cours d'accélération, explique l'économiste. Il est notamment lié au déblocage du marché de la revente, car l'apport s'enrichit de la vente d'un premier bien immobilier».

Cette évolution entraîne une modification des profils des acheteurs. Si les primo-accédants et ménages à revenus modestes ne sont pas encore évincés, estime Michel Mouillart, ils progressent moins vite que les autres catégories. Même si l'économiste relativise la portée de la hausse des taux. «À 3,90%, ils demeurent globalement faibles. Ils se situent à leur niveau de 2006, lorsque le marché était en pleine expansion».

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