Crédit foncier veut faire évoluer son modèle

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par Matthias Blamont et Lionel Laurent

PARIS (Reuters) - Le Crédit foncier prévoit de titriser près d'un milliard d'euros d'actifs cette année et souhaite, d'ici à 2016, porter ce montant à deux milliards d'euros par an, a déclaré à Reuters jeudi le directeur général du spécialiste du crédit immobilier.

La filiale de BPCE, contrainte d'être recapitalisée fin 2011 par sa maison mère à hauteur de 1,5 milliard d'euros, veut ainsi faire évoluer son modèle économique à l'heure où toutes les banques européennes repensent leurs stratégies et nettoient leurs bilans.

"Nous allons très rapidement sortir une première opération sur des projets de titrisation", a dit Bruno Deletré au cours d'une interview.

"Nous travaillons sur un projet d'une taille de l'ordre d'un milliard d'euros", a-t-il ajouté, précisant que des assureurs et des fonds avaient manifesté leur intérêt.

"Ces investisseurs, qui en ont assez d'investir dans des titres publics qui ne leur rapportent pas grand chose et sont à la recherche de placements sûrs, sur des durées assez longues, ont envie de développer des opérations de ce type."

Crédit foncier prévoit que sur ce montant seuls 5% à 20% des crédits accordés soient conservés au bilan de la banque.

Le marché de la titrisation en France redémarre très lentement depuis la crise de 2008.

"Nous prévoyons de refinancer deux milliards d'euros d'actifs par an de cette manière d'ici à la fin de notre plan stratégique (qui prendra fin en 2016, NDLR), a souligné Bruno Deletré.

En 2011, le montant total des prêts du Crédit foncier s'est élevé à près de dix milliards d'euros. Le groupe se refinance habituellement via l'émission d'obligations sécurisées.

Bruno Deletré a ajouté que le Crédit foncier développait également une activité de syndication de crédits, aux côtés de compagnies d'assurances, à l'intention des secteurs publics et de l'immobilier commercial, créneau traditionnellement occupé par les banques.

LA RENTABILITÉ VA RESTER FAIBLE

Plombé par des coûts représentant plus de 80% de son produit net bancaire et des moins-values sur ses ventes d'actifs internationaux (obligations et portefeuilles immobiliers titrisés en Espagne, en Italie, aux Pays-Bas et en Allemagne), le résultat net part du groupe du Crédit foncier s'est élevé à trois millions d'euros au premier semestre, contre 41 millions un an plus tôt.

Bruno Deletré a prévenu que la rentabilité de la banque serait faible cette année et en 2013. Le groupe espère toutefois que son plan stratégique, destiné réduire la taille du bilan de 10% et les coûts du groupe de 12% sur quatre ans, lui permettra d'afficher une rentabilité des capitaux propres de 8% en 2016.

Il a assuré que la banque n'avait pas besoin d'être recapitalisée à l'heure actuelle.

Interrogé sur la conjoncture et le niveau des créances douteuses, Bruno Deletré à répondu que ses équipes enregistraient "une légère augmentation de la sinistralité" mais que le coût du risque resterait stable au second semestre.

Edité par Gilles Guillaume

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