Crédit conso : les abus persistent

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Le crédit renouvelable est beaucoup moins proprosé aux consommateurs. Mais, de mauvaises pratiques subsistent dans les grandes enseignes et les sites des établissements spécialisés dans la distribution de crédit selon l'UFC-Que Choisir.

Un an après l'entrée en vigueur de la Loi Lagarde visant à limiter la distribution de crédit renouvelable, les grandes enseignes, mais aussi les sites Internet des établissements de crédit spécialisés n'auraient pas complètement modifié leurs pratiques, selon une enquête de l'UFC-Que Choisir, publiée aujourd'hui. L'association de consommateurs a saisi la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) et déposé plainte contre des établissements ne respectant pas la loi.

La réforme du crédit à la consommation, entrée en vigueur en mai 2011, devait encadrer plus strictement ces crédits à la consommation, accusés d'alimenter le surendettement, et inciter les banques et les grandes enseignes à offrir à l'emprunteur le choix entre crédit renouvelable et un prêt à la consommation classique (moins onéreux), pour tous les emprunts d'un montant supérieur à 1000 euros.

Or, dans les magasins, certaines mauvaises pratiques demeurent. Certes, le «crédit renouvelable n'est plus en tête de gondole», constate l'association de consommateurs qui a dépêché en janvier des bénévoles dans 45 grandes enseignes et déposé 1126 demandes de crédit pour un achat d'une valeur supérieure à 1000 euros. Ce type de crédit ne leur a d'ailleurs été proposé que dans 36,6% des cas. Mais, la plupart du temps (78%), ces offres n'ont pas été accompagnées d'une proposition alternative de crédit classique (amortissable). Et dans 57% des situations, l'enquêteur de l'UFC n'a pas reçu de «document récapitulatif sur le crédit», comme le prévoient les textes. La plupart du temps, ces crédits ont été accordés sans que le vendeur ait vérifié la solvabilité de l'emprunteur (seuls 33,4% des enquêteurs ont été interrogés sur leur situation professionnelle). Autre problème, tous les crédits à la consommation sont presque systématiquement assortis d'une carte de fidélité de l'enseigne (dans 75% des cas). «Une fois le crédit remboursé, l'enseigne pourra les démarcher pour leur rappeler qu'ils disposent d'une réserve d'argent utilisable à tout moment», décrypte Maxime Chipoy, chargé de mission à l'UFC-Que Choisir.

Les sites Internet des établissements spécialisés contourneraient également les textes. «Certains occultent tout simplement l'offre alternative de crédit, d'autres la dissimulent ou interprètent strictement la loi en la mentionnant de manière accessoire», précise l'enquête. Résultat, l'UFC a adressé mercredi un courrier avec les résultats de l'étude à la DGCCRF, «pour qu'ils fassent à leur tour des enquêtes de terrain», explique Maxime Chipoy. L'association a également déposé plainte auprès du tribunal de grande instance de Paris contre cinq établissements de crédit (Sofinco, Financo, Cetelem, Cofidis et Cofinoga). Cinq de ses antennes locales ont fait de même contre des magasins des groupes Carrefour, But, Fly et Cora «pour défaut d'offre alternative».

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