Crédit agricole se dit prêt à tous les scénarios sur la Grèce

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Crédit agricole se dit prêt à tous les scénarios sur la Grèce
Crédit agricole se dit prêt à tous les scénarios sur la Grèce

par Matthieu Protard

PARIS (Reuters) - Le Crédit agricole, dont les comptes du premier trimestre ont été une nouvelle fois plombés par la Grèce et par les charges de restructuration, s'est dit prêt vendredi à tous les scénarios sur l'avenir de la République hellénique alors que les marchés redoutent une sortie du pays de la zone euro.

Jugeant la situation de la Grèce "préoccupante" après les résultats des élections législatives de dimanche, Jean-Paul Chifflet, le directeur général de la banque française, a toutefois précisé que l'hypothèse d'une sortie de la zone euro n'était pas le scénario majoritaire retenu par le groupe.

"Nous sommes en tous les cas préparés à toutes les éventualités même si nous pensons que celle-ci ne doit pas arriver", a déclaré Jean-Paul Chifflet lors d'une conférence téléphonique à propos de l'avenir de la Grèce.

"Nous n'envisageons pas ce scénario de manière majoritaire comme risque de survenance", a-t-il ajouté.

A la Bourse de Paris, l'action Crédit agricole SA, qui avait ouvert sur une baisse de plus de 3%, abandonnait 2,26% vers 10h10, à 3,417 euros dans un marché toujours nerveux en raison de l'impasse politique en Grèce et de la révélation d'une perte de trading par la banque américaine JPMorgan.

Depuis le début de l'année, le titre, qui a touché mercredi son cours le plus bas (3,344 euros) depuis son introduction en Bourse fin 2001, chute de plus de 21%, sous-performant nettement l'indice bancaire européen en baisse de seulement 0,35% depuis le 1er janvier.

"Eu égard à l'actualité grecque, l'exposition du groupe à Emporiki reste un facteur d'inquiétude majeur", estime Alex Koagne, analyste chez Natixis.

"Cependant la performance des métiers coeurs est solide sur le trimestre. Par ailleurs, le plan de deleveraging avance convenablement, ce qui constitue une bonne nouvelle", poursuit-il.

NOUVELLES CHARGES SUR LA GRÈCE

Le véhicule coté du groupe Crédit agricole indique avoir passé au premier trimestre une nouvelle charge de 940 millions d'euros sur la Grèce, dont 567 millions d'euros liés à sa filiale grecque Emporiki en raison notamment de nouvelles provisions.

Son résultat net atteint du coup 252 millions d'euros pour les trois premiers mois de l'année. D'après le consensus Thomson Reuters I/B/E/S, les analystes attendaient en moyenne un résultat net de 571 millions d'euros.

Ses revenus ont progressé sur la période de 2,3% tandis que ses provisions pour risque de crédit ont été multipliées par plus de deux.

La banque, qui a accusé l'an dernier sa première perte annuelle depuis son introduction en Bourse fin 2001, avait prévenu à la mi-mars que ses comptes du premier trimestre intégreraient de nouvelles provisions sur la Grèce liées au périmètre du deuxième plan d'aide à la République hellénique.

Engagé comme d'autres banques européennes dans une restructuration de ses activités dans la BFI et de réduction de taille de bilan, le groupe indique également avoir atteint, à fin avril, 70% de son objectif de réduction de ses besoins de liquidité et 91% de son objectif de baisse de ses encours pondérés des risques.

TOUTES LES OPTIONS OUVERTES SUR CHEUVREUX

Cette restructuration de la BFI, qui passe par la suppression de 1.750 postes, a aussi entraîné au premier trimestre une charge de 224 millions d'euros.

Interrogé sur l'avenir de sa filiale de courtage Cheuvreux, Jean-Paul Chifflet a également indiqué que toutes les hypothèses étaient désormais ouvertes.

Cheuvreux a été exclu fin mars du périmètre de discussions avec le courtier chinois Citics qui négocie le rachat de CLSA, autre filiale de courtage de la banque verte.

Pour l'ensemble du groupe Crédit agricole, le résultat net ressort à 804 millions d'euros au premier trimestre, en baisse de 47%.

A titre de comparaison, le groupe BPCE (Banque populaire - Caisse d'épargne), maison-mère de Natixis, a réalisé un bénéfice net de 665 millions d'euros.

BNP Paribas et Société générale ont de leur côté rapporté des résultats nets de respectivement 2.867 millions et 732 millions d'euros.

Avec Christian Plumb, édité par Cyril Altmeyer

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