Crédit agricole lance le premier grand chantier de l'ère Brassac

le , mis à jour à 07:31
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CRÉDIT AGRICOLE SE RÉORGANISE AUTOUR DE SEPT PÔLES
CRÉDIT AGRICOLE SE RÉORGANISE AUTOUR DE SEPT PÔLES

By Matthias Blamont and Maya Nikolaeva

PARIS, 4 août (Reuters) - Crédit agricole S.A. a dévoilé mardi une réorganisation autour de sept grands pôles, dont quatre rassembleront ses principaux métiers, un "choc de simplification" voulu pour s'adapter aux évolutions programmées du secteur bancaire.

Le véhicule coté du Crédit agricole prévoit de constituer à partir du 1er septembre une nouvelle division dite de "grandes clientèles" qui regroupera la banque de financement et d'investissement, la banque privée et les services aux institutionnels et aux entreprises.

Une deuxième réunira l'épargne, l'assurance et l'immobilier, une troisième les services financiers spécialisés et une quatrième les filiales de banque de proximité à l'international et LCL.

S'adjoindront trois pôles dits de "fonctions centrales" pour piloter les chantiers "transversaux".

Il s'agit de la première grande annonce de CASA depuis la prise de fonctions du nouveau directeur général, Philippe Brassac, le 20 mai.

"Nous voulons à la fois adapter le groupe et aller chercher plus de performance et de compétitivité", a déclaré le dirigeant à des journalistes.

"Nous portons un regard de prudence sur l'environnement économique et financier. Nous considérons que le potentiel de crise n'a pas été totalement purgé. Des risques systémiques demeurent, parfois des déséquilibres. La question de la dette de façon générale est encore devant nous."

RUPTURE

Philippe Brassac a fait valoir que si le mot "crise" avait prévalu ces dernières années sur les marchés financiers, celui de "rupture" caractériserait les prochaines dans le secteur bancaire, allusion aux bouleversements attendus - parfois déjà en cours - dans le domaine des paiements, du conseil ou de la "relation client" induits par la poursuite de la montée en puissance des réseaux sociaux et des nouvelles technologies.

Mais le projet de réorganisation "ROC", comme réorganisation de l'organe central, qui prévoyait notamment de modifier les équilibres de pouvoir du groupe vers une structure de tête contrôlée par les caisses régionales du Crédit agricole, attendra, s'il doit voir le jour.

"Le Crédit agricole (...) a initié des réflexions relatives à cette question. Ces réflexions font l'objet d'échanges avec les autorités de tutelle, en particulier les services de la Banque centrale européenne. Ces échanges conduisent à constater des contraintes non levées à jour", peut-on lire dans un communiqué.

"De ce fait, aucune opération susceptible d'affecter substantiellement le périmètre de Crédit agricole S.A. comme celles qui ont pu être évoquées par des sources externes au groupe n'est réalisable à ce stade."

Autrement dit, CASA veut connaître la position définitive du régulateur européen quant à ses préconisations sur le fonctionnement des établissements mutualistes.

ALERTE CONTENTIEUX

Entre avril et juin, le résultat net part du groupe de CASA totalise 920 millions d'euros, près de 12 fois plus qu'un an plus tôt. Les comptes du deuxième trimestre 2014 avaient été plombés par une charge liée aux difficultés du partenaire portugais Banco Espirito Santo. En excluant cette charge et d'autres éléments, le bénéfice net avait atteint 1,06 milliard.

Le produit net bancaire progresse de 18,1% à 4,63 milliards d'euros. Les analystes interrogés par Reuters anticipaient un PNB de 4,39 milliards.

Le coût du risque signe une augmentation de 12,4% et tient compte d'un complément de provision pour litiges de 350 millions d'euros, qui porte à 1,6 milliard le montant mis de côté pour faire face à de possibles contentieux, notamment aux Etats-Unis.

"Les discussions avec les autorités américaines se sont poursuivies au deuxième trimestre et sont désormais très avancées. Ces discussions sont toujours en cours et devraient conduire à une résolution globale de ce dossier en 2015", explique CASA.

BNP Paribas a dû s'acquitter l'année dernière d'une amende record de 8,97 milliards de dollars et plaider coupable de deux chefs d'accusation dans le cadre d'un accord avec les autorités américaines, qui lui reprochaient d'avoir contourné pendant plusieurs années des règles d'embargo s'appliquant aux transactions en dollar, notamment au Soudan et en Iran.

(Edité par Dominique Rodriguez)

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