Crédit agricole affiche des résultats en forte baisse

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CRÉDIT AGRICOLE AFFICHE DES RÉSULTATS EN FORTE BAISSE
CRÉDIT AGRICOLE AFFICHE DES RÉSULTATS EN FORTE BAISSE

par Julien Ponthus et Maya Nikolaeva

PARIS (Reuters) - Crédit agricole S.A. a annoncé jeudi des résultats en forte baisse au premier trimestre, pénalisés à la fois par des conditions de marchés difficiles et par les effets comptables de l'opération "Eurêka", qui réorganise la structure capitalistique du groupe mutualiste.

Cette publication intervient alors que la banque et BNP Paribas font la première page du journal Le Monde, qui évoque l'utilisation de sociétés offshore dans des paradis fiscaux en lien avec le cabinet panaméen Mossack Fonseca, dont les fuites de données confidentielles ont alimenté le scandale des "Panama papers".

"Cet article nous blesse beaucoup", a commenté le directeur général de la banque, qui dénonce une présentation "trompeuse" de ses activités.

"Il nous blesse parce qu'il balaie d'un revers de titre, que nous trouvons très violent, le fait que depuis plusieurs années nous avons réellement, réellement, mis en oeuvre un programme sans ambiguïté de lutte contre le blanchiment et de lutte contre l'évasion fiscale", a assuré Philippe Brassac.

Il a concédé que certains de ses clients utilisaient encore ce type de structure mais que la banque s'était assurée dès la fin 2014 que toute sa clientèle française était en règle avec les autorités fiscales, une disposition appliquée fin 2015 aux clients européens et qui le sera pour le reste du monde en 2017.

Seule en première ligne depuis l'éclatement du scandale des "Panama papers", la Société générale a été rejointe dans la tourmente mercredi par Crédit agricole et BNP Paribas, dont les présidents ont été sommés par Bercy de donner des "explications" sur leurs activités dans les paradis fiscaux.

LCL SOUFFRE DES TAUX BAS

Sur le front des résultats financiers, Crédit agricole S.A., avec des profits en baisse de 71% à 227 millions d'euros au premier trimestre, se démarque néanmoins de ses deux grandes consoeurs françaises cotées, qui ont, elles, tiré leur épingle du jeu au premier trimestre, notamment grâce à leurs banques de détail.

Le résultat net, qui s'établit en deça du consensus Reuters de 278 millions d'euros, s'explique d'une part par des effets comptables et le lancement du rachat par les 39 caisses régionales de la participation de 25% détenue par Casa dans ces dernières.

Hors tous ces effets, la baisse des bénéfices se limite à 9,3%, une performance néanmoins toujours plus faible que celle de ses deux rivales.

Le produit net bancaire publié, s'inscrit aussi en retrait, de 12,8% à 3,799 milliards d'euros.

La banque de détail de Casa, LCL, a notamment souffert de la persistance de taux d'intérêt très bas et a vu son résultat net chuter de 31,8% à 85 millions d'euros pour les trois premiers mois de l'année.

"Les taux ont continué de baisser et conduisent, dans la banque de proximité, à la poursuite des renégociations de taux des crédits ou aux remboursements anticipés par les particuliers", explique Casa, désormais privée de sa part des bénéfices des caisses régionales.

LES CONDITIONS DE MARCHÉ ONT PESÉ

L'opération "Eurêka" renforce son exposition à la banque de financement et d'investissement, beaucoup plus sensible par nature aux aléas des marchés, alors que ces derniers ont été particulièrement mouvementés début 2016.

Le pôle Grandes clientèles, qui regroupe notamment les activités de marchés, a vu son résultat net publié tomber d'un peu plus de 50% à 163 millions d'euros, du fait, selon la banque, "de mauvaises conditions de marché les deux premiers mois de l’année".

Le profil économique de Casa se rapproche un peu de celui de Natixis, la banque d'affaires cotée de son cousin mutualiste BPCE, qui, sans activité dans la banque de détail, a elle aussi souffert au premier trimestre de la tempête qui a secoué la finance mondiale.

Casa a dit croire en la "solidité" de son business modèle, demontré selon elle par le fait que l'étendue des différents métiers qu'elle exerce lui permet de compenser des baisses d'activités intervenues dans certains secteurs.

La division Gestion de l’épargne et assurances a, comme celle des Services financiers spécialisés, vu ses profits croître au cours du trimestre, s'est ainsi félicitée la banque.

(Edité par Jean-Michel Bélot et Bertrand Boucey)

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  • poireaux il y a 7 mois

    Le soucis c'est que en plus de gagner peu d'argent ou mieux d'en perdre elles deversent des sommes considerables pour gagner des nouveaux clients à l'image des operateurs telephoniques... On connait le resultts les marges s'étiolent....

  • spirouet il y a 7 mois

    Tiens, les mauvais résultats sont synchronisés avec l'arrêt des activités dans les paradis fiscaux, comme par hasard. Nos banques ne seraient elles pas capables de générer des profits sans montages douteux?

  • poireaux il y a 7 mois

    Voila qui promet un bain de sang