Crash du module européen sur Mars: un logiciel de navigation en cause

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Une maquette modèle réduit du module européen Schiaparelli, exposée le 19 octobre 2016 à Darmstadt en Allemagne ( AFP/Archives / THOMAS KIENZLE )
Une maquette modèle réduit du module européen Schiaparelli, exposée le 19 octobre 2016 à Darmstadt en Allemagne ( AFP/Archives / THOMAS KIENZLE )

Le crash du module européen Schiaparelli à la surface de Mars en octobre a été provoqué "par un problème de logiciel de navigation", a annoncé mercredi à l'AFP Thierry Blancquaert, responsable de l'atterrisseur à l'Agence spatiale européenne (ESA).

L'atterrisseur test s'est écrasé le 19 octobre sur le sol martien alors qu'il venait de déployer normalement son grand parachute à une altitude de 12 km et à une vitesse de 1.730 km/heure. Depuis, l'Agence spatiale européenne (ESA) mène l'enquête pour comprendre la cause de l'échec.

Juste après le déploiement du parachute, la capsule a enregistré des petits mouvements rapides plus importants que ne le prévoyaient les simulations, selon des résultats préliminaires.

De ce fait, le capteur qui mesure les accélérations du module est resté calé sur son indication maximale pendant une seconde, soit plus longtemps que prévu (quelques millisecondes).

"Le logiciel de navigation a été trompé par la mesure de ce capteur", indique M. Blancquaert. "L'ordinateur de bord a alors accumulé une erreur assez importante pour que son calcul de détermination de la position de Schiaparelli soit faussé".

"Alors que l'atterrisseur était encore à 3,7 km de la surface de Mars, un résultat de calcul lui donnait une altitude négative de -2 km", souligne M. Blancquaert.

"Le système de navigation s'est dit +on a dû atterrir+", ajoute-t-il. Il a donc commandé prématurément la séparation du bouclier arrière et du parachute de l'atterrisseur. Il a aussi allumé très brièvement les rétrofusées et les a éteintes alors qu'elles devaient freiner Schiaparelli.

L'atterrisseur est alors descendu en chute libre et s'est écrasé sur Mars "à une vitesse de 540 km/heure", rappelle M. Blancquaert.

"Il s'agit de conclusions très préliminaires", a souligné David Parker, directeur des Vols habités et de l'Exploration robotique à l'ESA, dans une note postée sur le site de l'agence.

"Nous aurons une vue complète début 2017 avec le rapport de la commission d'enquête indépendante" voulue par le directeur général de l'ESA Jan Woerner, écrit-il. "Mais nous aurons appris beaucoup de Schiaparelli, et cela nous servira pour la seconde mission ExoMars 2020", qui prévoit de faire atterrir un robot mobile européen sur le sol martien.

"D'une certaine façon, nous avons eu de la chance que cette faiblesse du système de navigation soit repérée sur l'atterrisseur test avant la deuxième mission", considère M. Blancquaert.

Le robot mobile de la mission européano-russe ExoMars 2020 sera chargé de forer le sol martien pour tenter de trouver des traces de vie passée.

L'Europe spatiale doit décider début décembre à Lucerne (Suisse) si elle accepte d'aller de l'avant avec ExoMars 2020, en accordant à cette mission une rallonge de 300 à 400 millions d'euros environ.

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