Craintes de vives tensions raciales aux Etats-Unis

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    WASHINGTON, 23 novembre (Reuters) - L'élection de Donald 
Trump au terme d'une campagne durant laquelle il a tenu des 
propos racistes, xénophobes et clivants porte en germe le risque 
de violences à caractère raciste qui pourraient tourner mal. 
    C'est du moins la crainte exprimée par maints observateurs 
de la vie politique et sociale aux Etats-Unis, universitaires, 
ou militants de tous bords. 
    L'élection de Barack Obama en 2008 avait accentué les 
clivages raciaux dans le pays mais, note Jamila Michener, 
professeur à l'Université Cornell, "tout le monde, tous les 
partis ont fait en sorte que ces tensions ne débordent pas". 
    Aujourd'hui les tirades de Donald Trump contre les immigrés, 
contre les musulmans, contre les minorités, ajoute-t-elle, "ont 
remis ces tensions sur le devant de la scène. Cela réveille les 
gens de droite, qui se sentent confortés dans leurs idées, et 
ceux de gauche, qui voient tout cela comme une menace". 
    Entre le 9 novembre, lendemain de la victoire du candidat 
républicain à l'élection présidentielle, et le 16, le nombre 
d'incidents de type raciste, antisémite ou xénophobe a fortement 
augmenté.  
    Le Southern Poverty Law Center (SPLC), organisme qui suit 
les activités des mouvements extrémistes, en a compté 701, sous 
forme de "harcèlement ou d'intimidation". 
    Et tout montre que les lignes de fracture sont désormais 
bien ouvertes, avec des confrontations à craindre dans les 
semaines qui viennent, en dépit des appels à l'unité du peuple 
américain lancés par Donald Trump depuis sa vitoire. 
    Les Loyal White Knights du Ku Klux Klan, organisation 
suprémaciste blanche notoirement raciste et antisémite et 
branche dissidente du KKK formée en 2012, prévoit d'organiser 
une manifestation le 3 décembre en Caroline Nord pour célébrer 
la victoire de Donald Trump. 
    Des groupes de gauche et des anarchistes prévoient, eux, de 
manifester à Washington le 20 janvier, jour de l'entrée en 
fonction du nouveau président, et de perturber les cérémonies. 
    Le lendemain une "Marche des femmes sur Washington" devrait 
rassembler des centaines de milliers de personnes. 
    John Roberts, un responsable des Loyal White Knights, assure 
que son organisation manifestera de manière pacifique mais il 
prédit une période de conflits raciaux, avec l'entrée de Donald 
Trump à la Maison blanche. 
    "Une fois qu'il sera en fonction, on va assister à des 
débordements. Qui sait quand ils vont se produire, mais une 
chose est sûre ce ne sera pas très joli à voir", dit-il. 
 
 (Peter Eisler, Gilles Trequesser pour le service français) 
 
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