CPI-Les avocats de Gbagbo le présentent comme un homme de paix

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    AMSTERDAM, 1er février (Reuters) - Les avocats de l'ancien 
président ivoirien Laurent Gbagbo, jugé par la Cour pénale 
internationale (CPI) de La Haye pour les violences qui ont fait 
3.000 morts après l'élection présidentielle de 2010, ont 
présenté lundi leur client comme un homme de paix victime des 
ingérences de la France, l'ancienne puissance coloniale. 
    A l'ouverture du procès jeudi dernier, Laurent Gbagbo a 
plaidé non coupable des accusations de crimes contre l'humanité. 
Il comparaît aux côtés de son ancien ministre de la Jeunesse, 
Charles Blé Goudé. 
    Arrêté en avril 2011 et transféré sept mois plus tard à La 
Haye, Laurent Gbagbo reste très influent en Côte d'Ivoire, tout 
comme son parti, le Front populaire ivoirien (FPI). 
    L'ex-chef de l'Etat (2000-2010), qui a refusé de céder le 
pouvoir à l'issue du scrutin remporté par Alassane Ouattara, est 
accusé d'être à l'origine de la brève guerre civile qui a fait 
3.000 morts.  
    Il est soupçonné d'avoir encouragé meurtres, viols et 
manoeuvres d'intimidation, notamment contre les membres de 
minorités ethniques et la communauté musulmane, réputées plus 
favorables à Alassane Ouattara. 
    "Laurent Gbagbo a continuellement recherché des solutions à 
la crise post-électorale, en proposant par exemple de recompter 
les bulletins de vote, ce que Ouattara n'a pas accepté", a 
affirmé lundi l'avocate Jennifer Naouri. 
    Pour les avocats de la défense, la chute de Laurent Gbagbo 
et son arrestation apparaissent comme une "punition" car leur 
client s'était opposé à la France, qui est intervenue 
militairement en 2011 pour mettre fin aux affrontements et 
permettre l'installation de Ouattara à la présidence. 
    "Laurent Gbagbo ne pourra jamais se débarrasser de cette 
image de nationaliste anti-français qui lui a été appliquée par 
les partisans d'Alassane Ouattara", a ajouté Me Naouri. 
"L''establishment' français ne l'acceptera jamais." 
    Plusieurs centaines de partisans de Gbagbo s'étaient 
rassemblés jeudi matin devant le siège de la CPI, à l'ouverture 
du procès, en affirmant que l'ancien président payait le prix de 
son opposition à la France. 
    Quatre chefs de crimes contre l'humanité ont été retenus à 
l'encontre de Laurent Gbagbo, 70 ans, et de Charles Blé Goudé, 
qui est âgé de 44 ans. Les deux hommes risquent la prison à vie. 
 
 (Thomas Escritt; Jean-Philippe Lefief, Henri-Pierre André et 
Guy Kerivel pour le service français) 
 
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