Coût d'emprunt en baisse pour l'Espagne, le marché attend la BCE

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L'ESPAGNE ADJUGE 4,51 MILLIARDS D'EUROS DE DETTES AVEC DES RENDEMENTS À LA BAISSE
L'ESPAGNE ADJUGE 4,51 MILLIARDS D'EUROS DE DETTES AVEC DES RENDEMENTS À LA BAISSE

MADRID (Reuters) - Les coûts de financement à court terme de l'Espagne ont diminué mardi à l'occasion d'une adjudication de bons à 12 et 18 mois, les investisseurs pariant sur une intervention de la Banque centrale européenne sur le marché obligataire.

Mais l'incertitude entourant les modalités d'une telle intervention fait que les rendements demeurent à des niveaux douloureusement élevés, supérieurs à 3% à un an.

Le Trésor espagnol a adjugé 4,51 milliards d'euros de bons à 12 et 18 mois, alors que son objectif était de 3,5 à 4,5 milliards d'euros, mais la demande a été mitigée.

Le Trésor a levé 3,53 milliards d'euros à 12 mois avec un rendement moyen en baisse à 3,070% contre 3,918% lors de la précédente adjudication de ce type, et un ratio de couverture de 1,9 contre 2,2 auparavant.

Il a aussi adjugé 0,98 milliard d'euros de papier à 18 mois à un rendement de 3,335% contre 4,242% précédemment et un ratio de couverture de 4,0 contre 3,7.

"L'engagement de la BCE d'intervenir en coordination avec le FESF, tout se concentre là-dessus. Les marchés semblent accorder le bénéfice du doute à cet argent qui vient sur le marché mais il reste encore beaucoup à révéler", dit Mark Wall, économiste de Deutsche Bank.

Le service de la dette reste coûteux en Espagne parce que les marchés se demandent si Madrid ne devra pas aussi en passer par une aide internationale, à l'instar de la Grèce, du Portugal et de l'Irlande, ce qui amenuiserait sensiblement les ressources du fonds de sauvetage européen et ferait peser une pression supplémentaire sur un autre pays également dans leur collimateur, à savoir l'Italie.

SANTANDER AUSSI DOIT PAYER CHER POUR EMPRUNTER

Ces inquiétudes pèsent également ce mardi sur la banque espagnole Santander, l'une des plus grandes banques d'Espagne et de la zone euro, qui a placé des obligations non garanties à échéance deux ans pour lesquelles elle devrait payer des intérêts d'environ 4,5%.

C'est beaucoup plus que ce qu'ont dû payer les principales banques concurrentes de Santander lors de récentes émissions obligataires.

La semaine dernière, BNP Paribas a ainsi emprunté à un taux d'environ 2,5% à sept ans. La banque suédoise Svenska Handelsbanken a pour sa part émis des obligations à échéance dix ans servant un taux d'intérêt de 2,625%.

Le Fonds européen de stabilité financière (FESF), un des fonds de sauvetage de la zone euro, a même fait mieux ce mardi, en vendant 1,5 milliard d'euros de bons à 6 mois à un rendement négatif de 0,018%.

Le Trésor espagnol n'adjugera pas d'obligations avant le 6 septembre, jour où la BCE réunira son conseil des gouverneurs et sera susceptible de dévoiler les modalités de son projet pour faire face à la crise de la dette de la zone euro. Ce même jour, la chancelière allemande Angela Merkel se rendra en visite officielle en Espagne et rencontrera le président du gouvernement, Mariano Rajoy.

Ce dernier a fait un premier pas ce mois-ci vers une demande d'aide internationale mais il souhaite connaître d'abord les conditions de celle-ci, ainsi que la stratégie éventuelle de la BCE pour faire diminuer les coûts d'emprunt de l'Espagne et de l'Italie.

Le rendement de la dette espagnole à deux ans a sensiblement diminué ces dernières semaines, dans l'idée que toute l'attention de la BCE se portera sur les échéances les plus courtes.

Par contrecoup, le spread entre le papier espagnol à 10 ans et son équivalent allemand avait diminué de sept points de base mardi, à 476 pdb.

Paul Day; Wilfrid Exbrayat et Blandine Hénault pour le service français, édité par Marc Angrand

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