Coupe de la Ligue: un trophée qui fait rêver Rennes et les Verts

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SAINT-ÉTIENNE FACE À RENNES EN FINALE DE LA COUPE DE LA LIGUE
SAINT-ÉTIENNE FACE À RENNES EN FINALE DE LA COUPE DE LA LIGUE

par Olivier Guillemain

PARIS (Reuters) - La Coupe de la Ligue est le trophée le moins prestigieux distribué chaque année en France mais pour Saint-Etienne et Rennes, qui courent après un titre depuis quelques décennies, la finale de samedi dégage un parfum spécial.

Le "peuple vert" attend cela depuis 32 ans, les Bretons dix de plus : une éternité au regard de clubs qui jouent depuis plusieurs saisons les places d'honneur en championnat.

Pour "Sainté", la frustration est d'autant plus grande que le club du Forez reste le plus titré des clubs français, avec dix sacres nationaux et six Coupes de France à son palmarès.

Depuis janvier et la qualification pour la finale aux dépens de Lille, les supporters des Verts n'attendent que ça. Cinq TGV, une centaine de cars et des dizaines de voitures particulières partiront de Saint-Etienne samedi matin pour converger vers Paris, sans compter tous les autres venant de toute la France.

"Nous avons eu 200.000 demandes de places pour les 22.000 allouées", témoigne Lionel Potillon, ancien joueur et aujourd'hui président de la fondation ASSE.

"Dans les écoles, tous les enfants portent les écharpes des Verts. C'est incroyable", poursuit-il.

Trente-et-un ans après sa dernière finale perdue au Parc des Princes face au Paris Saint-Germain de Luis Fernandez, l'ASSE a fait renaître "la fièvre verte" qui, de l'avis de l'entraîneur Christophe Galtier, n'est pas qu'une expression de journaliste.

FOL ENGOUEMENT

"C'est vrai, ça existe. Les gens vivent à travers cette couleur, ce maillot, ce stade Geoffroy-Guichard, qui va être de plus en plus joli en plus, où il va y avoir encore plus de bruit et d'intensité", dit-il.

"Je ne suis pas surpris de l'engouement. Pas surpris parce que les Verts, ce sont les Verts (...). C'est comme ça depuis des années, je m'en suis aperçu très rapidement dans les saisons où on a joué le maintien", raconte-t-il.

"Même si on a été parfois, sûrement à juste titre, sifflés, contestés, conspués, dans les moments importants, déterminants pour l'avenir du club, les supporters de l'AS Saint-Etienne ont toujours répondu présents."

François Clerc, ancien Lyonnais reconverti à la religion verte, n'est pas non plus surpris de voir une telle ferveur tourner autour de cette finale de la Ligue.

"Il y a un engouement ici à Saint-Etienne qui est fou. En plus, depuis la demi-finale obtenue à la mi-janvier, nous avons eu le temps de savourer la qualification. De surfer ainsi, cela rend la saison plus belle", explique-t-il.

Les Verts vivent pour l'heure une saison pleine, avec une quatrième place au classement de Ligue 1 et une invincibilité en championnat qui dure depuis janvier.

En course pour une place en Ligue des champions, le club du Forez pratique qui plus est un football léché et serein qui le placera samedi en position de favori de cette finale.

A Rennes, a contrario, tout semble aller de guingois depuis deux mois, période qui coïncide pour les Bretons avec la perte sur blessure de leur meilleur joueur, Romain Alessandrini.

"TOCARDS"

Depuis le 10 février, l'équipe de Frédéric Antonetti a enchaîné huit matches sans victoire, dont six défaites.

Cette semaine, le technicien corse est même allé jusqu'à traiter ses joueurs de "tocards", pour les piquer au vif, certainement, et leur enlever un peu de pression, aussi.

Le milieu de terrain rennais Julien Féret accepte volontiers ce statut de "petit", plus confortable pour préparer une rencontre de cette importance.

"C'est logique que l'on ne soit pas favoris, je l'accepte et le groupe aussi (...) Aujourd'hui Saint-Étienne est en grande confiance. Nous avons perdu cette confiance depuis deux mois et c'est comme ça que l'on va aborder ce match", dit-il.

"Peu importe notre statut, favori ou outsider. C'est l'implication que l'on va mettre qui nous donnera raison ou non. Aujourd'hui, on a besoin de remporter un trophée, c'est important pour le club, on a une chance d'y parvenir. On n'a pas le droit de rater un événement comme celui-là."

Julien Féret a conscience que les supporters des Verts font plus de bruit dans les médias ou sur les réseaux sociaux mais nul doute que les supporters rennais, et les Bretons en général, sauront se montrer à la hauteur du rendez-vous samedi.

"Il y a beaucoup de Bretons qui espèrent ça et j'ai envie de ramener ce trophée comme beaucoup d'entre eux !", assure-t-il.

"Les supporters de Saint-Étienne ne doivent pas être les seuls à s'exprimer. Je pense que le peuple rouge a aussi envie de se montrer, et ça nous donne plus de courage. Il n'y a pas que Rennes, la Bretagne est un territoire où le foot a une place importante."

Avec André Assier à Saint-Etienne, édité par Gilles Trequesser

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