Coupe de la Ligue: les Verts, 32 ans après

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SAINT-ÉTIENNE REMPORTE LA COUPE DE LA LIGUE
SAINT-ÉTIENNE REMPORTE LA COUPE DE LA LIGUE

par Olivier Guillemain

SAINT-DENIS, Seine Saint-Denis (Reuters) - Saint-Etienne a mis fin samedi à près de 32 ans de disette en ajoutant une nouvelle ligne à son palmarès, la Coupe de la Ligue, aux dépens de Rennes, battu 1-0 au cours d'une finale enjouée mais quasi à sens unique.

Le club, l'un des plus titrés de France, n'avait plus connu l'ivresse d'un trophée depuis 1981 et c'est grâce à une réalisation de son attaquant brésilien Brandao (18e) que cette anomalie statistique a été réparée au Stade de France.

L'ancien Marseillais a joué son rôle de porte-bonheur et gagné par ailleurs le surnom de "Monsieur Coupe de la Ligue". C'est en effet la quatrième fois qu'il remporte ce trophée dans sa carrière, soit autant que son ancien coéquipier à l'OM Souleymane Diawara.

Brandao, invaincu dans cette compétition en treize rencontres, a qui plus est inscrit-là son neuvième but dans cette compétition, comme si cette dernière était sienne.

Encore en course pour une place sur le podium en championnat, synonyme de Ligue des champions la saison prochaine, les Verts vont pouvoir aborder la fin de saison sereinement, leur victoire de samedi leur assurant une place en Ligue Europa quoi qu'il arrive.

"C'est beau de voir les gens heureux. J'ai croisé beaucoup de gens avec les larmes aux yeux, avec des sourires", s'est ému l'entraîneur de Saint-Etienne, Christophe Galtier, en conférence de presse. "C'est sûrement la plus belle chose que l'on peut vivre en tant qu'entraîneur."

"ON A SU ÊTRE NOUS"

"On a pu voir l'engouement autour du maillot, du club, qui est dû à nos aînés. Il fallait être à la hauteur du rendez-vous et on l'a été", a-t-il ajouté.

"Il fallait pouvoir la jouer avec beaucoup de générosité, sans retenue. Le groupe a été à l'image de ce qu'il est depuis le début de la saison. On a su être nous."

Au vu du scénario du match, ses joueurs n'ont pas usurpé leur victoire.

Loin d'être intimidés par l'enjeu et par le poids de toutes ces années sans trophée, les deux équipes ont débuté la rencontre tambour battant, ruées vers l'attaque, obligeant Stéphane Ruffier et Benoît Costil à faire rapidement chauffer leurs gants.

Et à ce petit jeu-là, ce sont les Verts qui ont été les premiers à faire chavirer une bonne moitié du Stade de France en ouvrant le score dès la 18e minute.

Décalé sur la gauche par Renaud Cohade, Pierre-Emerick Aubameyang a adressé un centre parfait à son compère d'attaque Brandao, qui d'un plat du pied plein d'assurance, n'a eu aucune difficulté à tromper le gardien rennais.

Assommés par ce premier coup de semonce, les Rennais ont subi un nouveau coup dur à peine sept minutes plus tard en voyant leur attaquant de pointe Mevlut Erding sortir sur blessure, remplacé par Cheick Diarra.

DIZAINES DE MILLIERS DE SUPPORTERS

En plein doute, les hommes de Frédéric Antonetti ont alors progressivement abandonné le ballon aux Stéphanois, volontaires mais trop maladroits dans le dernier geste pour espérer faire le break en première période.

Au retour des vestiaires, les Verts ont failli doubler la mise sur corner mais Jonathan Pitroipa, vigilant, a repoussé in extremis le danger sur sa ligne de but (53e).

Revenus sur la pelouse avec de meilleures intentions, les Bretons ont vu leur élan à nouveau brisé avec la sortie de leur capitaine Romain Danzé, lui aussi blessé.

Peu dangereux, hormis sur coups de pied arrêtés ou sur des actions isolées à l'image de cette bonne tête de John Boye (65e), les Rennais n'ont jamais semblé en mesure de revenir au score, eux qui n'ont plus gagné un match depuis début février.

En toute sérénité, les hommes de Christophe Galtier ont ainsi pu gérer leur avance jusqu'à la fin, sans que les Rennais n'y puissent grand-chose.

"On aurait mérité de revenir au score en deuxième période mais on n'a pas su les mettre plus en danger. Je n'ai rien à leur reprocher car ils ont donné tout ce qu'ils avaient à donner en ce moment", a réagi Frédéric Antonetti après le match.

"Il aurait fallu toutes nos armes. Dès qu'il nous manque deux ou trois joueurs, c'est difficile. Avec notre vraie équipe, on aurait pu rivaliser."

Au coup de sifflet final, les quelques dizaines de milliers de supporters verts présents au Stade de France ont pu hurler leur joie. La joie de voir enfin leur club remporter un titre.

Et aussi, la joie, quelque part, de ne plus être habité par un sentiment de frustration vieux de 32 ans.

Edité par Simon Carraud

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