Coupe de la Ligue: l'OM au pied du mur pour défier Lyon

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FINALE DE LA COUPE DE LA LIGUE
FINALE DE LA COUPE DE LA LIGUE

par Gregory Blachier

SAINT-DENIS, Seine-Saint-Denis (Reuters) - L'Olympique de Marseille abattra samedi en finale de la Coupe de la Ligue sa dernière carte pour accrocher une qualification européenne dont le priverait volontiers l'Olympique lyonnais, en quête de son premier trophée depuis 2008.

Si la rencontre constitue un sommet du football français eu égard au palmarès de ces clubs, qui cumulent 16 titres de champions de France à eux deux, la saison chaotique de l'OM en dramatise encore l'enjeu.

Neuvièmes de Ligue 1 à 13 points de Lyon, quatrième, les Marseillais restent sur douze matches sans victoire dont onze défaites toutes compétitions confondues et n'ont plus que ce match pour s'offrir un nouveau baroud européen la saison prochaine.

"Je ne pense pas que ça effacera ce qu'il y a eu jusqu'à maintenant mais ce serait un grand soleil pour le club", a résumé le défenseur Rod Fanni vendredi en conférence de presse.

Accablé par ses propres supporters, dont une partie mettra néanmoins un terme samedi à la "grève" des encouragements qui plombe l'atmosphère du Stade Vélodrome, l'OM a déjà pris un bon bol d'air en se projetant sur cette finale.

"Ça a été bien de venir tôt, de pouvoir se concentrer sur l'événement et pas sur ce qui s'est passé ces derniers temps", a reconnu Fanni. "On sait encore jouer au foot (...) on est capables de bonnes choses, on l'a fait par le passé. C'est l'occasion de se surpasser, de prouver qu'on est encore là."

Son entraîneur, Didier Deschamps, apprécie lui aussi ce "contexte particulier", à même de remotiver des troupes qui ont donné des indices de renoncement ces dernières semaines, au point qu'une explication entre joueurs a été nécessaire.

Deschamps a apprécié l'accueil réservé aux Marseillais à Senlis, dans l'Oise, où ils se sont mis au vert avant cette finale.

"Le fait d'être dans un environnement différent, de préparer une finale, c'est déjà quelque chose de magnifique", a-t-il dit.

"C'est une finale, on sait ce que ça a pu nous procurer comme plaisir les années précédentes. Ça reste un titre, c'est un match à part. Si on a la bonne idée de gagner ce titre, ça ne peut être que positif pour la suite."

LYON NE SE SENT PAS SUPÉRIEUR

Le positif, Lyon l'a retrouvé depuis un mois et demi déjà, dès après sa sortie de route européenne à Nicosie.

Invaincu depuis sept matches, il peut encore rêver à la troisième place de Ligue 1, qualificative pour la Ligue des champions, que Lille occupe avec seulement trois points d'avance.

L'OL, sevré de trophée depuis son doublé Coupe-championnat de 2008, s'est donné l'opportunité de lever deux trophées au Stade de France cette saison puisqu'il y reviendra le 28 avril pour affronter Quevilly en finale de la Coupe de France.

Du jeu de miroirs entre les parcours des deux équipes, Lyon émergerait en favori logique mais refuse d'endosser ce costume.

"Favori je ne crois pas. C'est du 50-50", a assuré le défenseur central Cris, qui pourrait être aligné samedi.

"On connaît bien l'équipe de Marseille, ils ont remporté les deux dernières coupes", a ajouté le Brésilien. "C'est une équipe qui ne lâche jamais, qui est toujours dans la bataille. C'est leur dernière carte pour aller en Coupe d'Europe, ils ne vont pas lâcher."

Son entraîneur Rémi Garde, homme du cru auquel a été confiée l'été dernier la mission de lancer Lyon dans un nouveau cycle vertueux, est tout aussi méfiant.

"Je sais qu'en début d'année civile, ils étaient redoutables", a-t-il fait valoir, rappelant le spectaculaire redressement hivernal de l'OM après un début de saison raté qui l'avait conduit à la dernière place de Ligue 1 après six journées, au soir d'une défaite 2-0 dans le Rhône.

"On a vécu une saison qui nous a parfois ramenés à beaucoup d'humilité. Il n'y a pas du tout de complexe de supériorité dans une finale, il y a deux équipes qui veulent l'emporter coûte que coûte", a encore dit Garde, dont le groupe a souvent péché par inconstance ces derniers mois.

Comme si un doute existait, tant Marseille semble avoir besoin d'un succès pour sortir de sa torpeur, Rémi Garde a rappelé que Lyon venait aussi pour gagner, parce qu'un trophée serait "un accélérateur formidable" pour la fin de saison.

L'OL trouvera d'ailleurs face à lui le meilleur des exemples: vainqueur de Bordeaux en 2010, Marseille avait fini en trombe pour arracher le titre de champion quelques semaines plus tard.

Edité par Chrystel Boulet-Euchin et Henri-Pierre André

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