Coupe de France: Quevilly rêve d'un exploit face à Lyon

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Coupe de France: Quevilly rêve d'un exploit face à Lyon
Coupe de France: Quevilly rêve d'un exploit face à Lyon

par Olivier Guillemain

SAINT-DENIS, Seine-Saint-Denis (Reuters) - Jamais un club de National n'a soulevé la Coupe de France, aussi les amateurs de l'US Quevilly tenteront, samedi soir face à Lyon, de changer le cours de l'histoire du ballon rond.

S'ils abordent cette finale au Stade de France en toute humilité, le parcours des amateurs de Haute-Normandie ne leur interdit pas de rêver face à l'OL, qui mise beaucoup sur cette rencontre pour sauver sa saison en dents de scie.

Les hommes de Régis Brouard, qui évoluent en National (3e division), restent en effet sur deux victoires de rang dans cette compétition, en quart de finale contre Marseille (3-2 après prolongation) et en demi-finale contre Rennes (2-1).

Le petit club de la banlieue de Rouen entretient qui plus est une véritable histoire d'amour avec la Coupe de France.

En 1927, à l'heure où le football n'était pas encore professionnel, l'US Quevilly était déjà présent en finale, battu à l'époque par Marseille (3-0). Il y a deux ans, c'est en demi-finale seulement que le PSG avait mis fin à leur parcours.

Malgré ce lien particulier, les amateurs préfèrent rester humbles et garder profil bas.

"C'est important de rester à notre place. C'est bien d'être soutenu mais je pense qu'il ne faut pas oublier certaines vérités du football", a expliqué vendredi en conférence de presse l'entraîneur Régis Brouard.

"C'est une fierté. Est-ce qu'on aurait pu imaginer qu'une ville de 22.000 habitants soit à l'affiche d'une finale de Coupe de France ?", s'est-il interrogé, avant de promettre que son équipe ne changera pas d'attitude devant l'enjeu.

"Nous allons essayer de rester dans notre cohérence de travail et de jeu. On va essayer de faire du Quevilly, avec nos qualités et nos défauts."

Quant à la ferveur qui entoure les amateurs depuis plusieurs semaines, Régis Brouard y a vu une tradition bien hexagonale, où ceux qui s'invitent à la table des grands par surprise font toujours rêver.

"C'est un état d'esprit très français, c'est une belle histoire. En France, on aime bien les petits qui mangent les gros. On va essayer de réaliser nos rêves", a-t-il souligné.

"PLUS D'AUTRE FINALE POUR SE RATTRAPER"

Du côté de Lyon, qui dispose d'un budget 79 fois supérieur à celui de Quevilly, personne ne veut manquer l'occasion d'effacer le souvenir, encore frais, de la finale de la Coupe de la Ligue perdue il y a deux semaines face à Marseille (1-0 a.p.).

"Cette fois-ci, on n'aura plus d'autre finale pour se rattraper", a d'ailleurs souligné le capitaine de l'OL Cris, conscient que son équipe jouera gros samedi soir, à 20h45.

Pilier du club rhodanien depuis plusieurs années, le Brésilien sait aussi que Lyon n'a plus remporté de trophée depuis 2008.

Son actuelle quatrième place en championnat, à six points de Lille, troisième, ne lui laisse que peu d'espoir d'accrocher le dernier strapontin qualificatif pour la Ligue des champions, et l'OL se voit donc dans l'obligation de s'imposer pour emmagasiner de la confiance avant une fin de saison tendue.

"C'est très important. Il s'agit d'un trophée, d'une ligne dans le palmarès qui marquera l'histoire du club. Il y a dans l'équipe certains joueurs qui ont signé ici pour gagner des titres et qui n'ont encore rien gagné. C'est aussi important pour eux", a expliqué le Brésilien.

Même s'il avoue ne pas forcément connaître les noms de ses futurs adversaires, Cris a fait la promesse de les "respecter".

"On a vu Quevilly jouer aux tours précédents, c'est une équipe impressionnante, qui fait beaucoup d'efforts (...) Nous avons regardé leurs matches contre Marseille et Rennes. C'est une équipe bien organisée, qui produit du beau jeu et avec un bon état d'esprit", a-t-il souligné.

Le discours de l'entraîneur lyonnais Rémi Garde n'a d'ailleurs pas dérogé à cette exigence de respect, même si en toile de fond semblaient se dissimuler de légères appréhensions.

"La logique du football est parfois bafouée. On est donc très méfiants et concentrés. Nous n'avons pas envie que cette finale nous échappe", a-t-il souligné.

"Le danger va venir de leur état d'esprit, de leur enthousiasme (...) C'est une équipe qui ne se laisse pas abattre et qui sait être performante dans les dernières minutes de jeu."

Sans jamais ne démontrer aucune attitude hautaine, Rémi Garde a toutefois expliqué, entre les lignes, qu'il refusait d'envisager l'hypothèse d'une défaite.

"Je préfère me dire qu'il y a un trophée national à gagner plutôt que de me placer dans une autre perspective", a-t-il dit, comme pour conjurer le mauvais sort que Quevilly lui jetterait volontiers.

Edité par Grégory Blachier

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