Coupe de France: la grande histoire d'amour de Quevilly

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QUEVILLY ET LA COUPE DE FRANCE, UNE HISTOIRE D'AMOUR
QUEVILLY ET LA COUPE DE FRANCE, UNE HISTOIRE D'AMOUR

par Pascal Liétout

CAEN (Reuters) - Finaliste deux fois, demi-finaliste à quatre reprises: peu de clubs amateurs français peuvent se targuer d'entretenir avec la Coupe de France une relation aussi intime et passionnelle que l'US Quevilly.

Le 6 mai 1927, le club normand dispute pour la première fois la finale et la perd contre Marseille (3-0). Le football professionnel n'existe pas encore, la rencontre se joue au stade-vélodrome de Buffalo à Paris et Gaston Doumergue inaugure la tradition de la présence du président de la République à l'évènement.

Quatre-vingt cinq ans plus tard, l'environnement footballistique a totalement changé, mais le club normand est toujours là et sera présent le 28 avril face à Lyon, cette fois au Stade de France.

En éliminant Rennes mercredi (2-1) après avoir terrassé Marseille en quarts (3-2), les joueurs de Régis Brouard se sont montrés les dignes dépositaires du passé du club haut-normand, sacré quatre fois champion de France amateur.

Leur exploit face à des clubs professionnels aguerris n'en prend que plus de relief. Mais les hommes de Régis Brouard, habitués aux coups d'éclat en Coupe alors qu'ils peinent à garder leur place en National, n'en sont qu'à moitié surpris.

"Franchement, notre victoire est logique", assure le capitaine Grégory Beaugrard, qui garde la tête froide malgré l'euphorie qui s'est emparé des supporters du club de la banlieue de Rouen.

Un exploit en Coupe contre une équipe de Ligue 1 de la part d'une formation de niveau inférieur est rarement renouvelé, l'adversaire étant en général sur ses gardes.

Rennes, qui court après un titre majeur depuis sa victoire en Coupe de France en 1971, alignait sa meilleure équipe et ne manquait ni de motivation ni d'envie.

FORCE MENTALE

Pourtant, comme contre Marseille il y a trois semaines, les Quevillais ont su trouver les ressources nécessaires pour forcer le destin dans les dernières secondes du temps additionnel.

La réédition d'une telle performance peut tenir à une réussite maximum, mais plus au hasard. Elle traduit surtout une force mentale qui pallie opportunément certaines défaillances physiques et techniques.

Cette force de caractère, plusieurs joueurs la puisent dans leur désir de reconnaissance après n'avoir pu intégrer le monde professionnel à la sortie du centre de formation.

C'est le cas du défenseur latéral gauche Cédric Vanoukia qui, à trente ans, se retrouvait sur la pelouse du stade Michel-d'Ornano à Caen face aux joueurs du club qui l'a formé.

"J'ai toujours rêvé d'être professionnel. En même temps, cela fait cinq ans que je suis à Quevilly et ce sont humainement et sportivement mes meilleurs années", confiait-il avant la rencontre.

L'humain, c'est la ligne directrice de Régis Brouard, un guide pour ses joueurs avant d'être un technicien, et qui sait allier flair et psychologie.

Mercredi soir, alors que son équipe était menée 1-0 à la mi-temps, il a tenu dans les vestiaires un discours positif, parlant même de "scénario idéal" et insufflant à ses hommes la confiance dont ils avaient un peu manqué en première période.

Ensuite, sentant que son équipe manquait de percussion devant, il a fait rentrer un attaquant frais, Karim Herouat, qui a signé peu après le but égalisateur.

Un entraîneur compétent, des joueurs enthousiastes, que peut demander de plus un président de club ? "Rien, je suis comblé", répond Michel Mallet, qui rit aux éclats quand on évoque devant lui la possibilité d'une aventure européenne.

"Aujourd'hui, je suis bien incapable d'y penser. D'abord, le Stade de France!", s'exclame-t-il.

Edité par Chrystel Boulet-Euchin et Benjamin Massot

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