Coupe de France: l'OL peut compter sur sa perle Samuel Umtiti

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par André Assier

LYON (Reuters) - A l'image de l'éclosion de Samuel Umtiti, le dernier arrivé en équipe professionnelle, Lyon peut compter sur sa formation pour passer le cap d'une période moins faste au niveau des finances.

A l'OL, on l'appelle désormais "l'Académie" mais il s'agit toujours du centre de formation, celui qui au fil des ans a sorti quelques perles.

Dans un premier temps, il fallait être un crack (Sidney Govou, puis Karim Benzema ou Hatem Ben Arfa) pour s'imposer dans l'effectif peuplé d'internationaux de tous pays d'un OL sur le toit de la France. Même Loïc Rémy ou encore Anthony Mounier avaient dû à l'époque s'exiler pour réussir.

Désormais, alors que Maxime Gonalons, lui aussi formé au club et devenu international A cette année à 22 ans apparaît déjà comme un "cadre", c'est sur sa jeunesse que le club s'appuie, la faute à des finances en berne.

Un pari en passe de réussir, grâce à une génération dorée, celle dite de 1991, dont la colonie lyonnaise (sept éléments dont Clément Grenier et Alexandre Lacazette) trustait les places dans l'équipe de France championne d'Europe des moins de 20 ans en 2010 puis quart de finaliste de la Coupe du Monde des moins de 21 ans cet été.

Et voilà que frappe à la porte la génération d'après, symbolisée par Samuel Umtiti, qui vient de fêter ses 18 ans et partage son temps entre les entraînements avec les professionnels et des cours pour préparer un Bac STG en juin.

Profitant des blessures, des absences des Africains partis à la CAN et des suspensions du début d'année en défense centrale, le jeune d'origine camerounaise, arrivé à Lyon à l'âge de deux ans, s'est installé petit à petit au sein de l'effectif.

"J'ESPÉRAIS BIEN UN JOUR PERCER"

Pour preuve, depuis ses débuts en Coupe de France face à Lyon-la Duchère en 32e de finale le 8 janvier, il a enchaîné sept matches en près d'un mois, tous en tant que titulaire, de la première à la dernière minute.

"Je vis un rêve mais je m'étais programmé. Car je me suis dit qu'il fallait bien un jour ou l'autre y aller. En poussins, je ne m'imaginais pas de jouer avec les pros. Mais au fur et à mesure que je montais dans les catégories, j'espérais bien un jour percer", explique-t-il d'une voix douce.

Tout petit, il portait déjà les couleurs de l'OL.

"J'ai débuté à Ménival dans le Ve arrondissement de Lyon et je suis arrivé à l'OL en poussins 2e année, je vis ainsi ma 10e année à l'OL. Cette fibre 'OL' m'aide beaucoup dans mon intégration", poursuit-il.

"Le président nous avait parlé en début d'année de la nouvelle politique du club (...) Il fallait donc être performant en réserve. Ensuite, je ne me suis pas posé de questions quand on a fait appel à moi. Je me devais d'être au niveau", dit-il.

Le n°23 de l'OL épate déjà tout le monde, à commencer par son entraîneur, Rémi Garde. "Sa qualité ne me surprend pas mais la répétition de ses performances est une agréable confirmation."

Sa principale qualité ? "La relance, précise son entraîneur. Il l'a toujours eue, il l'a beaucoup travaillée chez les jeunes et c'est ce qu'on appelait avant la vision du jeu. Les grands joueurs ne perdent pas cette qualité avec le temps".

Bruno Génésio, l'entraîneur adjoint de Rémi Garde qui a eu l'an passé Samuel Umtiti en groupe Pro2, l'antichambre des professionnels, est aussi conquis.

"Il a un jeu défensif intéressant car il a une intelligence tactique au-dessus de la moyenne qui lui permet d'anticiper. Il a le calme et la sérénité d'un vieux briscard alors qu'il débarque en pro", estime-t-il.

Edité par Olivier Guillemain et Gilles Trequesser

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