Coupe de France: Evian continue à prendre de l'altitude

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par André Assier

EVIAN-LES-BAINS, Haute-Savoie (Reuters) - Club atypique qui a connu une poussée de croissance ces dernières années, Evian Thonon-Gaillard entame une nouvelle ascension avec la finale de la Coupe de France de football.

L'ETG, adossé au sponsor Danone, ne cesse de prendre de l'altitude depuis un titre de champion de France amateur (CFA) en 2008, puis de National en 2010 et de Ligue 2 en mai 2011.

Depuis cette date, les Haut-Savoyards ont sauvé deux années de suite leur place en première division et vont connaître l'ivresse des sommets grâce à la Coupe.

"Il n'y a pas mieux que la Coupe de France pour mettre en valeur un club", résume l'entraîneur, Pascal Dupraz. "Quand je vois l'histoire des clubs de foot, que j'en vois certains qui sont centenaires ou presque et qui ne sont jamais montés à Paris pour une finale... Et nous, nous y sommes."

Pascal Dupraz, revenu "chez lui" à Gaillard en 1991 après une honnête carrière professionnelle de Toulon à Sochaux, savoure l'instant.

Grâce à son père Jo, dirigeant historique, il a porté à bout de bras ce club, allant jusqu'à mettre des fonds en 2005 pour combler un déficit de plus de 300.000 euros. Et a pris le poste d'entraîneur en septembre après le limogeage de Pablo Correa.

Aujourd'hui, il ne vit pas son rêve seul. Deux TGV et 80 cars de supporters feront le voyage vers Paris vendredi.

"L'engouement ? Ben oui, moi dans mon petit village de Saint-Cergues en Haute-Savoie, je suis connu comme le loup blanc et je n'ai jamais vu autant de personnes qui allaient à Paris en cette fin de semaine", dit-il.

"PARFOIS MÉDISANTS"

Il en viendrait presque à perdre le sens des réalités.

"Si on gagne la Coupe de France je peux mourir tranquille, apaisé, en rajoutant : le plus tard possible, évidemment", lance-t-il en paraphrasant l'ancien commentateur sportif Thierry Roland, qui avait eu ce mot après la victoire de la France en finale de la Coupe du monde 1998.

"Nous sommes en train de convaincre les plus sceptiques qui nous prédisaient le pire en venant installer un club de foot dans cette région pas forcément fana de ballon rond", résume le président, Patrick Trotignon.

"Quand je suis arrivé, c'était limite si on savait que le foot existait dans la région", se souvient le gardien Bertrand Laquait, arrivé en 2009, alors que le club était en troisième division.

"Et maintenant, on est reconnu dans nos villages et à l'école quand on va chercher les enfants ou quand on arrive à la boulangerie, on nous dit 'gagnez la Coupe!'"

Le milieu de terrain Cédric Barbosa abonde : "Les gens sont parfois médisants avec nous, mais la réponse est là avec une troisième année en Ligue 1 et la finale de la Coupe de France."

"Rêver à cela ? Non, car je n'étais là que pour faire monter en Ligue 2 ce club qui était en National. Je ne m'imaginais même pas rejouer en Ligue 1", dit l'ancien joueur de Metz, qui évoluait en Ligue 2 avant son arrivée en 2009.

Et peu importe si ce l'ETG rassemble des communes à la lisière de la Suisse (Thonon et Gaillard) mais dont le partenaire majeur, Evian, a imposé son nom en pensant plus à la marque d'eau minérale, fleuron du groupe Danone, qu'à la ville.

"On fait partie de l'Evian-Thonon-Gaillard Football club", explique Bertrand Laquait. "Pour le grand public, c'est un peu bizarre et c'est compliqué mais pour nous au quotidien, non."

"Nous avons un complexe d'entraînement près d'Evian, le siège du club est à un autre endroit et le stade où nous évoluons est à Annecy, à 85 kilomètres. C'est curieux mais on s'y fait car on s'est adapté à la situation."

Restera à trouver le lieu idéal pour exposer la Coupe de France en cas de victoire sur Bordeaux au Stade de France.

Edité par Simon Carraud et Gilles Trequesser

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