Coupe de France: Bordeaux finit en beauté

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BORDEAUX REMPORTE LA COUPE DE FRANCE
BORDEAUX REMPORTE LA COUPE DE FRANCE

SAINT-DENIS, Seine-Saint-Denis (Reuters) - En battant Evian sur le fil vendredi soir au stade de France (3-2), les Girondins de Bordeaux ont remporté une Coupe de France salutaire qui sauve in extremis le bilan d'une saison jusque-là un peu terne.

Bordeaux, septième de Ligue 1, disputera donc à la rentrée la Ligue Europa, qui n'assure pas les mêmes revenus que sa grande soeur, la Ligue des champions, mais offre tout de même un standing minimum sur la scène européenne.

Cette Coupe de France est la quatrième dans l'histoire de Bordeaux, qui ne l'avait plus soulevée depuis 1987, à une époque où le club régnait quasiment sans partage sur le football français.

Depuis, l'étoile des Girondins a pâli, mais ils partaient favoris face à une équipe d'Evian qui n'avait jusque-là jamais mis les pieds au stade de France et dont l'expérience du plus haut niveau se résume à deux années en Ligue 1.

Sans donner une impression de grande maîtrise, ils ont tenu leur rang grâce à deux buts de Cheick Diabaté en fin de première période et en toute fin de deuxième période (39e et 89e) et un autre signé Henri Saivet peu après la pause (53e).

Cheick Diabaté, en lequel Bordeaux commençait à voir en cette fin de saison une solution à son manque chronique de réussite en attaque, a aussi connu quelques couacs, comme un penalty raté à la 48e minute.

Il aura malgré tout accompli la mission qui lui était assignée: marquer.

Le Malien en avait déjà fait autant le week-end dernier lors de la 38e et dernière journée de Ligue 1 qui opposait déjà, hasard du calendrier, Bordeaux à Evian. Les Girondins avaient gagné 2-1 grâce à un doublé du même Diabaté.

Entre ses deux buts, Evian a longtemps entretenu le suspense - jusqu'à la 89e minute - grâce à des réalisations de Yannick Sagbo (51e) et Brice Dja Djédjé (70e).

Le scénario a plu à l'entraîneur de Bordeaux, Francis Gillot.

"On a tout donné", a-t-il dit lors d'une conférence de presse. "On a été en difficulté à chaque fois qu'Evian a égalisé, mais on a su repartir pour gagner ce match."

"On y a cru jusqu'au bout."

EMBALLEMENT EN DEUXIÈME PÉRIODE

Les Haut-Savoyards y ont visiblement cru aussi. Et ils pourront longtemps regretter d'avoir attendu tout la première période, sans grand relief, pour commencer à prendre la mesure de l'événement.

De la première à la 45e minute, les Bordelais ont donc pris les choses en main sans réellement emballer le match, l'idée étant d'envoyer des ballons dans la surface de réparation dans l'espoir d'y trouver Cheick Diabaté.

Cette feuille de route a failli fonctionner à la quatrième minute lorsque l'attaquant malien d'1,94 m a tenté sa chance de la tête. Mais le gardien d'Evian, Bertrand Laquait, a dégagé en catastrophe des poings.

Par la suite, les Girondins ont continué à attaquer mais ont presque toujours raté la dernière passe, celle qui aurait pu devenir décisive.

Finalement, l'arrière droit Mariano a servi dans les pieds Cheick Diabaté, qui a ensuite pris son temps pour feinter Bertrand Laquait et marquer dans les buts vides.

En face, les joueurs de Pascal Dupraz, tout de rose vêtus, sont restés timides. Au risque de plonger le public du Stade de France dans l'ennui.

Le match a véritablement commencé en début de deuxième période. Et les spectateurs des deux virages, jusque-là plutôt calmes, ont fini par se réveiller et donner de la voix.

La rencontre n'a alors cessé de basculer, entre le penalty raté, l'égalisation de Yannick Sagbo, le but d'Henri Saivet sur un coup franc de Grégory Sertic, et une nouvelle égalisation pour Evian, signée Brice Dja Djédjé.

Le dénouement est ensuite resté indécis comme le suggérait cette affiche entre deux équipes pas toujours très joueuses. Jusqu'au but de la victoire de Bordeaux.

"Je suis très déçu parce que j'ai le sentiment qu'il nous faudra peut être beaucoup d'années pour revenir ici", a déploré l'entraîneur d'Evian, Pascal Dupraz, devant les journalistes.

En dépit de ce scénario un peu cruel, Evian aura malgré tout poursuivi son apprentissage du plus haut niveau, trois ans après sa montée en Ligue 2 et deux ans seulement après sa montée en Ligue 1.

Saber Khlifa et ses coéquipiers pourront au moins raconter qu'ils ont éliminé en 2013 Lorient et surtout le Paris Saint-Germain de Zlatan Ibrahimovic. Mais pas le Bordeaux de Cheick Diabaté.

Simon Carraud, édité par Julien Dury

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