Coup de froid sur les produits d'été

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INFOGRAPHIE - Au printemps, les ventes de glaces, eaux et bières avaient bénéficié du beau temps. Depuis le mois de juin, sous l'effet des hausses de prix, les dépenses de produits de grande consommation se sont tassées.


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La déferlante de pique-niques et de soirées barbecue au printemps, rendue possible par une météo exceptionnellement favorable, avait précipité les Français dans les rayons des grandes surfaces alimentaires. Les ventes d'eaux (+8,2%), de boissons sans alcool (+9,5%) et de bières et cidres (+10,5%) avaient connu des progressions insolentes de mars à mai (par rapport à la même période l'an passé), selon les données recueillies par SymphonyIRI. Avec des sommets atteints par les achats de glaces et autres desserts surgelés (+22,1%). Jusqu'aux insecticides (+34,1%).

Les industriels se plaisaient à ­rêver d'un millésime 2011 exceptionnel qui ferait oublier la météo dé­cevante du mois d'août 2010. ­En fait, la météo aura «sauvé» une consommation déjà molle.

Même si la saison estivale n'en est qu'à ses débuts, le revirement météo du mois de juin a douché les espoirs. La pluie et les températures en dessous des normales saisonnières ont même entraîné un recul des ventes d'eaux (-3,8%), de bières et cidres (-3,6%) et de glaces (-3,8%) le mois dernier. Déprimés par le mauvais temps, les Français ont noyé leur tristesse dans les soupes, dont la consommation est repartie (+6,8%) après avoir flanché au printemps (-13,1%). Ils se sont aussi rattrapés sur les achats de quiches et autres produits surgelés salés (+7%). Nos concitoyens passant plus de temps à l'intérieur, les plats cuisinés ont aussi eu la cote le mois dernier (+5%).

La fin du «rattrapage»

Au-delà de ces produits sensibles à la météo, l'évolution de la consommation au mois de juin laisse augurer d'un revirement de tendance. «Au cours de l'année s'arrêtant à fin février, la consommation se portait extrêmement bien, explique Jacques Dupré, directeur insight chez SymphonyIRI. Et tous les rayons profitaient de cette situation en période de grande stabilité des prix, voire même de déflation (-0,3% en cumul à fin février)».

Après s'être serrés la ceinture pendant la crise, les consommateurs se sont rattrapés en rachetant des produits «plaisir», comme les plats traiteur. Ensuite, tant qu'il a fait beau, les Français ont continué à dépenser, ce qui a soutenu la consommation au printemps. Par ailleurs, alors que les distributeurs annonçaient en mars des hausses de prix annuelles proches des 2%, les augmentations n'étaient pas encore perceptibles en rayons (+0,7%) à l'exception de certaines catégories de produit comme la farine, l'huile ou le café, très liés à l'évolution des matières premières. «Malgré le coup de pouce de la météo, nous commencions à voir un réel début d'essoufflement en mai avec une croissance du chiffre d'affaires des produits de grande consommation de 1% seulement, avec une inflation de 1,3% sur le même mois», constate Jacques Dupré.

À partir de mai-juin, l'augmentation des prix (+2,2% en juin, par rapport à juin 2010) vient changer la donne. Si elle a dopé le chiffre d'affaires des produits de grande consommation (+2,6%), elle risque de freiner les dépenses des ménages au cours des mois qui viennent. «Si l'inflation atteignait prochainement les 2,5%, nous pour­rions avoir une simple stabilité de la consommation volume proche de zéro en hypers et supermarchés sur la fin de l'année», estime Jacques Dupré. Selon Gaëlle Le Floch, directeur stratégique insight chez Kantar WorldPanel, «les marques de distributeurs pourraient alors avoir une carte à jouer».

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