Coup de frein sur le crédit à la consommation

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Cofinoga, filiale de BNP Paribas et des Galeries Lafayette, pourrait annoncer demain plusieurs centaines de suppressions d'emplois.

Nouvelle vague de suppressions de postes dans la finance française en vue. Après les grandes banques de financement et d'investissement, ce serait au tour du spécialiste du crédit à la consommation, Cofinoga, d'annoncer des coupes sévères dans ses effectifs. «La rumeur tourne autour de 500 suppressions de postes», explique René Bertail, le secrétaire du comité central d'entreprise (CCE), confirmant une information des Échos. «Un conseil d'administration se réunit ce jeudi et un comité d'entreprise le lendemain. Nous en saurons sans doute plus à ce moment-là.» L'entreprise, filiale de BNP Paribas et des Galeries Lafayette, compte 2 000 salariés à Mérignac, 50 à Jurançon, 300 au siège à Paris et 200 dans les agences des Galeries. Les salariés s'interrogent sur les intentions de la direction quant aux modalités des départs. Personne, au siège, ne souhaitait s'exprimer hier.

La loi Lagarde efficace

La société de crédit taillerait dans ses effectifs afin de s'adapter à son nouvel environnement, bouleversé par la crise et la loi Lagarde. La législation, qui vise à pro­téger les particuliers du surendettement, s'applique à limiter le recours au crédit renouvelable, un des produits phares de Cofinoga. Au premier semestre 2011, sa maison mère LaSer Cofinoga a publié un bénéfice de 30,8 millions d'euros en chute de 48% sur un an. La loi Lagarde contraint en effet les organismes de crédit à proposer à leurs clients souhaitant emprunter plus de 3.000 euros, une solution de prêt personnel en parallèle du classique crédit renouvelable. Le résultat a été immédiat: les demandes pour les crédits renouvelables ont été divisées par deux en 2011, selon le courtier Empruntis. Les clients se sont largement reportés sur les prêts personnels, aux taux et conditions bien plus favorables. Cofinoga est plus touché par la loi Lagarde que ses concurrents, car, en proportion, sa production de crédits renouvelables était plus élevée», estime Stéphane Court, directeur général du cabinet de conseil Equinox Consulting.

En outre, Cofinoga supporte, comme ses concurrents, l'érosion des demandes de crédits. Face à un environnement économique troublé, sous le signe d'une crise générale de la dette, les particuliers limitent leurs propres projets d'endettement. Les demandes de crédits se concentrent sur le financement de projets durables: véhicule (57%), prêt personnel (27%) et crédits destinés aux travaux dans son habitation (10%). L'utilisation des crédits à la consommation pour financer des dépenses de loisirs, de vacances, voire de consommations courantes apparaît en chute libre depuis trois ans.

«Il ne fait aucun doute que les Français diffèrent d'ores et déjà certains de leurs projets. La surprise, c'est qu'inquiets du contexte économique ils s'excluent d'eux-mêmes du recours au crédit à la consommation», explique Empruntis dans sa dernière étude.

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  • remimar3 le jeudi 19 jan 2012 à 14:15

    C'est le retour du bon sens rural qui fait tellement défaut à nos dirigeants.

  • fdidier8 le jeudi 19 jan 2012 à 11:04

    La vente de véhicules baissant (de surcroit, fin des aides et durcissement des bonus écologiques), et le contexte économique morose incitant plus à l'épargne qu'à l'achat, rien d'étonnant à ce que les crédits à la consommation baissent...

  • diosmus le jeudi 19 jan 2012 à 09:52

    Je suis surpris de ...leur surprise!

  • lfunffro le jeudi 19 jan 2012 à 09:43

    tant mieux, le crédit renouvelable, c'est une arnaque pour les consommateurs.