Coup de chance ou coup de maître pour Jardim ?

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Coup de chance ou coup de maître pour Jardim ?
Coup de chance ou coup de maître pour Jardim ?

Avec une assise défensive renforcée et un bloc évoluant très bas, Monaco a eu raison du PSG au Parc des Princes dimanche soir (0-2, 31eme journée de Ligue 1). Un succès que beaucoup attribuent au coup tactique gagnant de Leonardo Jardim, même si son plan aurait pu rapidement tomber à l'eau.

La saison dernière, beaucoup s’étaient offusqués de son absence dans la liste des quatre nommés pour le titre d’entraîneur de l’année. Conjuguée à celle de Marcelo Bielsa, l’argument anti-étranger avait alors été brandi. Un an plus tard, Leonardo Jardim semble bien parti pour terminer sur le podium une deuxième fois de suite à la tête de l’AS Monaco. Mieux, en s’imposant face au PSG dimanche soir (0-2, 31eme journée de Ligue 1), le club de la Principauté a remis Nice et Lyon, ses deux premiers poursuivants, à distance raisonnable de la deuxième place. Au Parc des Princes, personne ne s’était imposé depuis presque deux ans. Depuis le début de l’ère QSI, les Parisiens n’avaient jamais perdu à domicile par deux buts d’écart. Une série de premières pour la centième de Leonardo Jardim sur le banc asémiste, qui avait à cette occasion décidé de tenter un coup tactique.

Blanc : « Toulouse et Saint-Etienne avaient tenté la même chose »

Au coup d’envoi, ce sont en effet trois défenseurs centraux qui ont débuté : Ricardo Carvalho, entouré de Raggi et de Jemerson. Trois axiaux épaulés sur les côtés par Echiejile et Fabinho. « J’ai étudié Paris et je crois qu’avec les trois défenseurs centraux, nous pouvions garder une plus grande assurance défensive, éliminer les mouvements typiques du PSG », s’est justifié l’entraîneur monégasque en conférence de presse. Et son pari s’est révélé gagnant, Danijel Subasic préservant son but inviolé pendant 90 minutes. « Toulouse et Saint-Etienne avaient tenté la même chose. On avait toujours réussi à gagner mais il faut aussi dire que Monaco a d'autres qualités », a soufflé Laurent Blanc. « Mais le plus important c’est l’attitude des joueurs. Car au-delà de l’aspect tactique, ce sont les joueurs qui ont besoin de jouer pour gagner le match. Ce sont eux les responsables de cette victoire », ajoutait Jardim dimanche soir. Mais il s’en est fallu de peu pour que le plan de l’ancien coach de l’Olympiacos tombe à l’eau.

Toulalan : « On commence le match pour gagner »

En grande souffrance pendant la première demi-heure, la défense de l’ASM a semblé perdu, pas habituée à ce système, et s’est plusieurs fois plantée dans son alignement. Résultat, un but refusé qui était valable dès le début de la rencontre, et des occasions ratées par maladresse par Cavani, Ibrahimovic ou encore Augustin en fin de match. A la mi-temps, que Monaco rentre aux vestiaires avec un score nul et vierge tenait du miracle, tant les coéquipiers de Jérémy Toulalan évoluaient bas et se montraient incapables de franchir la ligne médiane, au détriment du spectacle. « Sincèrement, on commence le match pour le gagner, même si nous sommes plutôt défensifs, se défend le milieu de terrain. Ils ont eu les occasions pour la mettre au fond mais ils n’y sont pas arrivés. Nous, on a été assez efficace, mais je pense que dans l’ensemble, on a fait un bon match. On a fait le match qu’il fallait, on ne pouvait pas faire autre chose. »

D’un 5-3-2 à un 3-5-2

Toujours dans le coup à la mi-temps, Leonardo Jardim a profité de la pause pour lancer la deuxième phase de son plan. Au retour des vestiaires, Tiémoué Bakayoko et Jérémy Toulalan ont évolué légèrement plus haut, et, surtout, les deux latéraux se sont enfin décidés à sortir. Dès lors, le schéma monégasque a davantage ressemblé à un 3-5-2 qu’à un 5-3-2. « Je savais que Paris allait avoir la possession, proche de 60%. On avait besoin d'être fort sur les côtés, avec beaucoup de mouvements verticaux, je crois que les joueurs ont bien répondu à ce que j'attendais », racontait l’entraîneur portugais après la partie. Le premier but vient d’une ouverture d’Echiejilé pour Lemar, dont le centre à ras de terre a trouvé le pied de Vagner Love. Le second but, lui, vient d’une erreur de David Luiz, bien déstabilisé cependant par un gros pressing de Fabinho, présent dans la surface adverse alors que son équipe n’avait pas le ballon.

Une leçon de réalisme et d’application

Certains regrettent que le talent de l’entraîneur de Monaco ne se révèle que dans des matchs fermés. Mais avec un effectif changeant à chaque Mercato, le Portugais s’adapte. Et dimanche soir, sans Moutinho et Bernardo Silva, il paraissait difficile d’espérer gagner en rivalisant dans le jeu. « Jamais un match ne se gagne avant ou ne se perd avant », a souri malicieusement Jardim devant les journalistes, fier de son coup. Car au final, Monaco a donné une leçon de réalisme et d’application au champion parisien : 5 tirs cadrés sur 12, contre 4 sur 21 pour le PSG. Livré à lui-même, le trio Lemar-Mbappé-Vagner Love ne s’est pas démobilisé malgré une première période pénible et a été récompensé. « Lors de la conférence de presse d’avant-match, j’ai dit en rigolant à un journaliste que nous n’avions pas beaucoup de visibilité en France. Il m’a dit, c’est facile, gagnez au Parc des Princes et vous aurez droit aux premières pages des journaux ! », rappelait le Portugais dimanche soir dans les travées du Parc des Princes. Et effectivement ce lundi matin, c’est la joie de Fabinho et de ses coéquipiers qui fait le Une de L’Equipe.

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