Coup d'état en Thaïlande : faut-il renoncer au tourisme?

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A deux mois des grands départs, l'une des destinations les plus convoitées par les Français est plongée dans l'instabilité politique. Dans ces conditions, les Français doivent-ils annuler leur voyage? Eléments de réponse.

Après avoir instauré la loi martiale il y a deux jours, l'armée thaïlandaise a annoncé jeudi un coup d'Etat en direct à la télévision. Quelques temps après, l'armée a imposé un couvre-feu entre 22 heures et 5 heures du matin et suspendu la Constitution. Les médias sont toujours censurés et ont dû arrêter leurs programmes. A deux mois des grands départs, l'une des destinations les plus convoitées par les Français est plongée dans l'instabilité politique. Dans ces conditions, les Français doivent-ils annuler leur voyage? Peuvent-ils se faire rembourser leurs billets d'avion en cas de coup d'Etat? Eléments de réponse.

Est-il dangeureux de partir en Thaïlande?

«La situation est très calme, répond au Figaro un porte-parole du Quai d'Orsay. Il n' y a donc pas de restrictions des flux. Autrement-dit, nous ne dissuadons pas les Français de partir en Thaïlande, que ce soit pour des voyages d'affaires ou pour des vacances», précise-t-il avant d'ajouter: «Si la situation vient à évoluer, nous changerons nos recommandations».

Dans une note aux voyageurs rédigée mardi et encore valable ce jeudi, le ministère des Affaires étrangères indique que «la majeure partie du territoire thaïlandais est accessible aux touristes» mais que «certaines régions sont formellement déconseillées ou nécessitent une vigilance particulière». Il s'agit de l'extrême Sud, d'une partie de la frontière avec la Birmanie et deux points au niveau de la frontière Thaïlande-Cambodge (Voir la carte ci-dessous).

Contactée par Le Figaro, l'Office de tourisme de Thaïlande en France n'était pas en mesure de répondre à nos questions, «faute d'informations de la part du siège». Mardi, elle indiquait que «tous les sites touristiques restaient ouverts et fonctionnaient normalement».

Que dit le ministère pour les Français déjà sur place?

L'Ambassade de France en Thaïlande recommande «instamment» de respecter le couvre-feu à partir de ce soir, entre 22h et 5h. «Il est également recommandé de toujours détenir sur soi une pièce d'identité lors de déplacements et de se tenir informé de la situation», écrit l'Ambassade sur son site Internet. Le ministère conseille par ailleurs d'éviter les manifestations, rassemblements et blocus dans trois endroits de la capitale (l'avenue Utthayan, l'avenue Ratchadamnoen et le quartier de Chaeng Wattana).

Des vols vont-ils être annulés?

Si la sécurité et la sûreté des opérations ne sont pas assurées, les compagnies aériennes peuvent se réserver le droit de ne pas faire décoller les avions. En ce qui concerne la situation en Thaïlande, Air France a indiqué au Figaro que les «opérations de vol étaient pour le moment maintenues».

Un coup d'Etat est-il un cas de force majeure?

L'article 1148 du code civil désigne la force majeure comme un «événement imprévisible, irrésistible et extérieure au professionnel qui l'invoque». Elle lui rend «impossible l'exécution de sa prestation». Dans l'asbolu, «un coup d'Etat est bien un cas de force majeure», assure Me Xavier-Philippe Gruwez, avocat au barreau de Paris, spécialisé dans le droit des transports.

Peut-on alors se faire rembourser son séjour? son billet d'avion?

«Dans le cas présent, et vu les recommandations du Quai d'Orsay, cet événement n'empêche pas les clients de partir, ni les tours opérateurs de travailler», prévient Valérie Boned, secrétaire générale déléguée du Snav, l'organisation nationale des professionnels du voyage. Par conséquent, les clients qui souhaitent annuler leur voyage devront se renseigner auprès des compagnies et des agences pour connaître les conditions générales de vente et le montant des frais d'annulation. Ceci étant, les tours opérateurs ont souvent tendance à faire un geste commercial. C'est notamment le cas chez Air France qui prévoit de mettre en place des consignes commerciales permettant de reporter les voyages sous forme d'avoirs.

Et si le Quai d'Orsay venait à déconseiller aux voyageurs de partir?

«Dès lors que l'opérateur ne peut plus effectuer sa prestation, le voyageur pourra annuler son séjour sans frais ou être remboursé», répond la secrétaire générale déléguée du Snav, qui se réfère à l'article L211-16 du code du tourisme. En revanche, il n'est pas possible de demander réparation, car le cas de force majeure ne prévoit aucun responsable.

Pour les billets d'avion, c'est le règlement européen n° 261/2004 du 11 février 2004 qui s'applique. En cas d'annulation de vols, la compagnie aérienne doit rembourser ses clients. Attention, ce réglement ne s'applique qu'aux passagers d'un vol en partance d'un aéroport situé sur le territoire de l'Union européenne. Et pour le retour, les passagers doivent voler avec une compagnie issue de l'UE (Air France, British Airways mais pas Emirates Airlines).

Les Français inquiets

S'il est trop tôt pour observer une baisse des réservations au niveau des agences de voyage et des compagnies aériennes, nombreux sont les clients qui appellent les tours opérateurs pour se renseigner. «On sent qu'ils sont inquiets, on essaie des rassurer», explique-t-on à Marco et Vasco, agence spécialisée sur la Thaïlande.

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  • groundze le vendredi 23 mai 2014 à 09:49

    si déjà notre cher incapable président de la république pouvait s'abstenir de dire n'importe quoi sur les évènements dans ce pays ce serait mieux pour les dizaines de milliers de Français (dont mon fils) qui travaillent ou vivent en Thaïlande

  • nono67 le jeudi 22 mai 2014 à 19:25

    c'est sur que partir en thailande pour rentrer se coucher à 22h ......