Coup d'envoi du marathon des prix littéraires jeudi

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kaczor58/shutterstock.com
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(AFP) - Redoutable pour les nerfs des aspirants lauréats et fébrilement attendue par leur éditeur, la chasse aux lauriers littéraires débute jeudi avec le Grand prix du roman de l'Académie française, avant plusieurs autres, dont le Goncourt et le Renaudot le 7 novembre.

Témoins d'une rentrée 2012 particulièrement riche, et de l'arrivée de nouvelles têtes dans plusieurs jurys, les jeux semblent plus ouverts que ces dernières années où le Goncourt était quasiment donné d'avance à Michel Houellebecq, en 2010, et à Alexis Jenni en 2011.

Néanmoins, plusieurs noms se détachent : Jérôme Ferrari, Patrick Deville, Vassilis Alexakis et, plus surprenant, le presque inconnu Joël Dicker.

Décrocher un des grands prix d'automne, c'est une consécration.

Mais c'est aussi l'assurance de doper les ventes du livre primé : près de 400.000 exemplaires en moyenne pour un Goncourt, 220.000 pour un Renaudot ou encore 155.000 pour un Femina.

Trois prétendants sont en lice pour le Grand prix du roman de l'Académie française : Jérôme Ferrari avec Le Sermon sur la chute de Rome (Actes Sud), le Suisse Joël Dicker avec La Vérité sur l'affaire Harry Quebert (Fallois) et Gwenaëlle Aubry avec Partages (Mercure de France).

Chouchou des jurés cette année, Jérôme Ferrari, auteur d'une fable superbe, qui fait d'un bar corse le coeur d'une allégorie sur les espérances déçues, se retrouve aussi dans les deuxièmes sélections du Goncourt et de l'Interallié, ainsi que dans l'ultime du Femina !

A 27 ans, Joël Dicker fait presque aussi bien, avec un gros roman noir à l'américaine, retenu également par les jurés du Goncourt et de l'Interallié.

Les jurés de ces deux derniers prix doivent encore affiner leurs listes. La sélection finale du Goncourt sera annoncée le 30 octobre.

Djian et Rushdie

Quant à la troisième favorite des immortels, Gwenaëlle Aubry, elle est l'auteure d'un récit poignant qui donne la parole à deux adolescentes, l'une arabe et l'autre juive, dans la Jérusalem d'aujourd'hui.

Les dames du Femina, qui ont déjà publié leurs dernières sélections (romans français, étrangers et essais), attribueront leurs prix le 5 novembre.

Parmi les cinq Français en lice : Patrick Deville, avec sa formidable épopée, Peste & Choléra (Seuil), sur la vie d'Alexandre Yersin, explorateur en blouse blanche découvreur du bacille de la peste.

A 54 ans, ce romancier et voyageur impénitent, déjà récompensé par le prix du roman Fnac 2012, est aussi en piste pour le Goncourt et le Médicis.

Restent aussi dans la course au Femina, les premiers romans de Julia Deck, Viviane Elisabeth Fauville (Minuit) et de l'ex-ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire, Musique absolue (Gallimard) ou encore un court roman énigmatique Petite table sois mise ! (Verdier) d'Anne Serre, où la narratrice réinvente sous forme de conte les débordements érotiques de sa famille.

Le jury du Médicis, décerné le 6 novembre, accueille notamment dans sa 2e sélection Oh... (Gallimard) de Philippe Djian. A 63 ans, l'auteur de 37°2 le matin ne s'était jamais jeté dans l'arène de la compétition. Côté étranger, Salman Rushdie fait son entrée dans la course avec son autobiographie Joseph Anton (Plon), récit d'une décennie passée à se cacher.

Enfin, l'écrivain grec bilingue de 68 ans, Vassilis Alexakis, déjà récompensé par le prix de la langue française 2012, paraît bien placé pour décrocher le gros lot avec L'enfant grec (Stock), retenu par les jurys du Goncourt et du Renaudot, dont la dernière sélection est attendue le 25 octobre.

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