Coup d'envoi des festivités des 300 ans de l'École française de danse

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Les "petits rats" d'aujourd'hui ne grignotent plus les planchers de l'Opéra Garnier, puisque leur école est désormais installée à Nanterre. AFP PHOTO / LIONEL BONAVENTURE
Les "petits rats" d'aujourd'hui ne grignotent plus les planchers de l'Opéra Garnier, puisque leur école est désormais installée à Nanterre. AFP PHOTO / LIONEL BONAVENTURE

(AFP) - Le gala d'ouverture des festivités de l'École française de danse, fondée par Louis XIV en 1713, avait lundi soir de quoi laisser des étoiles plein les yeux.

Les 154 danseurs du Ballet de l'Opéra de Paris et les 138 "petits rats" de l'École de danse ont donné le coup d'envoi de plusieurs spectacles exceptionnels, du 15 au 25 avril, avec un feu d'artifice de ballets, classiques et modernes.

La soirée d'ouverture, qui sera diffusée le 28 avril à 20H45 à la télévision sur Arte, a déployé tout le faste de l'Opéra Garnier, avec une profusion de fleurs odorantes recouvrant entièrement les rampes du grand escalier, des invités en robes longues et smoking, et même des chapeaux haut-de-forme.

Les photographes de la presse "people" mitraillaient Alain Delon en compagnie de la ministre de la Culture Aurélie Filippetti, Bernadette Chirac et la première dame Valérie Trierweiler.

Le rideau s'est levé sur la figure de Louis XIV, fondateur du "Conservatoire de danse" en 1713, incarné sur scène par un danseur en costume d'époque.

Une création de Béatrice Massin, référence de la danse baroque et de Nicolas Paul, danseur et chorégraphe issu de la compagnie a ouvert le spectacle: un ballet de jeunes garçons fin et malicieux, sur la musique des "Indes Galantes" de Rameau (1735). Les costumes de velours dans toutes les gammes du rose et du rouge, les Basques virevoltantes des pourpoints et les fins mouvements de poignets rappelaient le siècle du roi Soleil.

En clôture, trois hommes sobrement vêtus d'un pantalon noir et d'une chemise blanche ont dansé au son de deux accordéons le ballet "Aunis" de Jacques Garnier, créé en 1979.

Entre les deux, plusieurs pièces classiques ont permis au corps de ballet et aux "petits rats" de montrer leur savoir-faire. Les étoiles Ludmila Pagliero et Mathieu Ganio ont été très applaudies dans "Célébration", créé par Pierre Lacotte, emblématique du style français avec ses codes (entrée, adage, variation, coda).

En fondant son "Conservatoire", Louis XIV voulait créer un corps de danseurs professionnels, alors que l'aristocratie commençait à délaisser la danse, et jeter les fondations d'un style français fondé "sur la primauté de l'harmonie, la coordination des mouvements, la justesse des placements et le dédain de la prouesse".

L'école est d'abord ouverte aux seuls adultes, et il faut attendre 1780 pour qu'un règlement précise qu'une école est officiellement consacrée aux enfants.

Les "petits rats" d'aujourd'hui ne grignotent plus les planchers de l'Opéra Garnier, puisque leur école est désormais installée à Nanterre. Mais ils font preuve de la même élégance et discipline de fer que leurs aînés.

Pour preuve le fameux "défilé" qui voit le corps de ballet et l'école, soit près de 300 danseurs, se placer impeccablement sur la scène ouverte en grand, sur les accents martiaux de la Marche des "Troyens" de Berlioz, en final.

Le même programme, à l'exception du somptueux défilé qui ne tiendrait tout simplement pas sur scène, sera donné une deuxième fois à Versailles dans l'écrin plus intime de l'Opéra Royal le 25 avril.

Les 17 et 18 avril, deux spectacles donneront aux jeunes élèves de l'école de danse l'occasion de briller. Enfin, un "gala des écoles du XXIe siècle" invite le 20 avril à Garnier des enfants du Bolchoï, de la Scala, des écoles canadienne et danoise et de la Royal Ballet School anglaise, sans oublier Stuttgart et Hambourg.

mpf/dpn

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