Coup d'envoi de la campagne pour les législatives néerlandaises

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    par Toby Sterling 
    AMSTERDAM, 15 février (Reuters) - Les élections législatives 
néerlandaises du 15 mars, dont la campagne débutent mercredi, 
permettront de mesurer l'ampleur de la propagation dans la zone 
euro du mouvement de rejet de l'ordre établi déjà à l'origine de 
la victoire de Donald Trump aux Etats-Unis et de la rupture 
entre la Grande-Bretagne et l'Union européenne. 
    Le scrutin sera à n'en pas douter dominé par la personnalité 
de Geert Wilders, admirateur déclaré du nouveau locataire de la 
Maison blanche, pourfendeur de l'islam et de l'UE, qui promet un 
"printemps patriotique" à l'Europe entière, en pensant aux 
élections présidentielle et législatives françaises du printemps 
comme au scrutin fédéral allemand de septembre.  
    Le Parti pour la liberté (PVV), qu'il dirige, est en tête 
des intentions de vote depuis près de deux ans. Face à lui, le 
Premier ministre sortant, Mark Rutte, issu du Parti populaire 
libéral et démocrate (VVD, conservateur), table sur la reprise 
économique pour redorer une image considérablement dégradée par 
les mesures d'austérité prises entre 2012 et 2014.  
    Malgré l'avance du PVV, les législatives ont peu de chance 
de se solder par un séisme politique aux Pays-Bas, pour une 
raison simple: l'émiettement des forces en présence. Pas moins 
de 31 partis sont en lice dans ce pays de 17 millions d'euros 
d'habitants et 14 semblent en mesure de décrocher au moins un 
des 150 sièges en jeu. Tous sauf un ont exclu de s'allier à la 
formation de Wilders, créditée de 20% des intentions de vote, 
soit quatre points de plus que le VVD.  
    "L'immense majorité des Néerlandais ne votent pas pour 
Wilders. S'il n'y a que des nains et que l'un d'eux est plus 
grand que les autres, les gens pensent souvent par erreur qu'il 
s'agit d'un géant", résume Kristof Jacobs, professeur à 
l'université de Nimègue.  
     
    QUATRE PARTIS AU MOINS DEVRONT S'ASSOCIER POUR GOUVERNER 
    Derrière le PVV et le VVD, les trois formations qui se 
disputent les places d'honneur totalisent seulement 10% des 
intentions de vote. Quatre partis au moins devront donc 
s'associer pour former une coalition gouvernementale, ce qui 
devrait empêcher Wilders d'accéder au pouvoir et d'appliquer un 
programme qui propose entre autres un "Nexit", version 
néerlandaise du Brexit, la fermeture des frontières aux 
musulmans et l'abandon de l'euro au profit d'un retour du 
florin.  
    En décembre, le chef de file du PVV a été condamné pour 
incitation à la discrimination pour avoir scandé des slogans 
hostiles aux Marocains en 2014 lors d'un rassemblement 
électoral.  
    Si, comme prévu, son parti l'emporte sans pouvoir former de 
majorité parlementaire, Mark Rutte pourra tenter de réunir des 
partis centristes qui n'ont guère en commun que leur hostilité à 
l'extrême droite.  
    Dans ce cas, "nous allons faire du sur-place et expédier les 
affaires courantes jusqu'à la formation d'une nouvelle 
coalition. Cela pourrait durer quatre ans", a commenté mardi le 
ministre des Finances, Jeroen Dijsselbloem.     
    Selon un sondage de l'institut Motivaction publié mardi, 
environ 37% des électeurs n'ont fait encore fait leur choix. 
 
 (avec Stephanie van den Berg; Jean-Philippe Lefief pour le 
service français, édité par Marc Angrand) 
 
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