Coup d'envoi de l'offensive française sur le climat

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    * Table ronde des différents acteurs à l'Elysée 
    * Mise en place d'un site internet pour attirer les 
chercheurs 
    * Paris veut être dans le "wagon de tête" 
 
    PARIS, 6 juin (Reuters) - La France a donné mardi le coup 
d'envoi de son offensive diplomatique sur la question du climat, 
cinq jours après le retrait des Etats-Unis de l'accord de Paris 
qui a provoqué un électrochoc et une recomposition des 
alliances. 
    Une table ronde, à laquelle ont été conviés des 
personnalités de la société civile, des membres d'ONG, des 
entrepreneurs et des experts, s'est tenue à l'Elysée en présence 
des ministres Nicolas Hulot (Transition écologique), Jean-Yves 
Le Drian (Affaires étrangères) et Frédérique Vidal (Recherche). 
    "L'objet de cette réunion est d'affirmer la mobilisation et 
de faire en sorte d'utiliser tout l'écosystème qui existe 
notamment en France pour renforcer notre détermination et nos 
propres ambitions", a expliqué Nicolas Hulot à la presse à 
l'issue des échanges. 
    "Nous allons faire la démonstration très rapidement que la 
contrainte climatique peut être un potentiel incroyable de 
relance économique", a-t-il ajouté.  
    Aux victimes du changement climatique, la France, qui 
s'efforce depuis plusieurs jours de prendre la direction de la 
contre-offensive européenne à la décision américaine, adresse un 
message de solidarité. 
    "Nous n'oublions pas qu'au moment où nous parlons il y a des 
hommes et des femmes et des enfants qui subissent déjà les 
conséquences des changements climatiques", a dit le ministre.  
     
    ATTIRER LES CHERCHEURS 
    En écho aux propos tenus jeudi soir par Emmanuel Macron 
après l'annonce de Donald Trump, Nicolas Hulot a annoncé 
l'ouverture dans les prochains jours d'un site internet pour 
attirer les chercheurs et les acteurs économiques désireux de 
participer à la transition écologique, énergétique et 
climatique. 
    L'idée est de "créer toutes les conditions pour faciliter 
l'accueil de ces chercheurs, y compris de nos propres chercheurs 
qui parfois se sont exilés pour un certain nombre de raisons et 
nous serions excessivement ravis de pouvoir créer les meilleures 
conditions pour qu'ils puissent nourrir la recherche dans ces 
sujets", a dit Nicolas Hulot.   
    L'annonce du retrait américain de cet accord, jugé 
historique et signé par 195 pays en décembre 2015 après d'âpres 
négociations, a été suivie de déclarations de leaders du monde 
entier réaffirmant leur détermination à respecter leurs 
engagements en matière climatique.  
    Le chef de l'Etat français a de son côté annoncé son 
intention "prendre des initiatives fortes" sur le climat et la 
transition énergétique dans les prochaines semaines et les 
prochains mois, notamment avec Berlin.  
    L'idée étant, selon des sources diplomatiques françaises, 
d'aboutir à des annonces au G20 des 7 et 8 juillet, ou au 
conseil des ministres franco-allemand du 13 juillet. 
    "On ne peut pas rentrer dans l'avenir à reculons, les faits 
sont là, ce sont des faits, ce ne sont pas des croyances", a dit 
le ministre de la Transition écologique. 
    "Même s'il y a encore des sortes d'ultimes résistances sur 
ces sujets-là, le monde économique, la société de demain est en 
marche et nous nous voulons être dans le wagon de tête et pas 
dans le wagon de queue", a-t-il conclu. 
 
 (Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse) 
 
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