Coup d'éclat de Greenpeace dans une centrale nucléaire

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Coup d'éclat de Greenpeace dans une centrale nucléaire
Coup d'éclat de Greenpeace dans une centrale nucléaire

PARIS (Reuters) - Un militant de Greenpeace s'est introduit mercredi à l'intérieur de l'enceinte de la centrale nucléaire du Bugey (Ain), près de Lyon, et est parvenu à déposer un fumigène sur le toit d'un des bâtiments.

Il a survolé l'espace aérien interdit en paramoteur, puis a déposé le fumigène avant de poursuivre sa course et d'atterrir, montrent des images de télévision.

Légèrement blessé selon EDF, il a été placé en garde à vue, ainsi qu'un autre militant.

Quelques heures plus tard, un homme a réussi à pénétrer dans le périmètre de la centrale de Civaux (Vienne) avant d'être arrêté, a-t-on appris auprès d'EDF.

Hervé Couasnon, qui se fait appeler le "poète escaladeur", a déjoué la surveillance effectuée par les vigiles en profitant de la sortie d'un camion pour pénétrer dans la centrale, a précisé un porte-parole d'EDF.

Greenpeace a souligné n'avoir aucun lien avec l'intrusion menée par Hervé Couasnon, qui a été interpellé.

EDF a confirmé l'intrusion à la centrale de Bugey, qui s'est produite peu après 07h30 mais a minimisé sa portée.

"Les gendarmes du Peloton spécialisé de gendarmerie chargé de la protection du site (PSPG) sont immédiatement intervenus et ont appréhendé le pilote dans les minutes qui ont suivi. La sûreté des installations n'a aucun moment été remise en cause", dit EDF dans un communiqué.

Le survol d'une centrale nucléaire est interdit sur un diamètre de 10 km autour du site et à 1.000 mètres de hauteur.

Lors d'une conférence de presse à Paris, le directeur de la production nucléaire d'EDF, Dominique Minière, a annoncé qu'EDF porterait plainte tout en estimant qu'à ses yeux l'incident démontrait l'efficacité des mesures de sécurité.

"Ces mesures ont été renforcées en début d'année, notamment par la mise en place de maîtres-chiens qui font le tour de nos installations. C'est d'ailleurs un maître-chien qui a détecté ce matin l'arrivée de la personne", a-t-il dit.

LE NUCLÉAIRE DANS LA PRÉSIDENTIELLE

A quatre jours du second tour de la présidentielle, Greenpeace estime avoir réussi à attirer l'attention sur le problème de la sécurité des 19 centrales nucléaires françaises, qui fournissent 75% de l'électricité du pays.

"Ce survol illustre la vulnérabilité des sites nucléaires français face à la menace d'une attaque aérienne. Alors que l'Allemagne a pris en compte la chute d'avion dans ses tests de sûreté, la France refuse toujours d'analyser ce risque pour nos centrales", dit dans un communiqué Sophia Majnoni d'Intignano, chargée des questions nucléaires à Greenpeace.

L'organisation publie sur son site internet une étude sur la vulnérabilité à la chute d'un avion de ligne des 58 réacteurs français et des bâtiments abritant les piscines de refroidissement des combustibles irradiés.

Ce risque n'est selon elle pas pris en compte.

Dominique Minière l'a nié devant la presse. "Les moyens qui sont mis en place pour répondre à ses besoins, et qui seront renforcés post-Fukushima, permettent de faire face à une chute d'avion", a-t-il dit.

Interrogé sur RMC et BFM TV, François Hollande a dit s'en remettre aux autorités administratives pour savoir quelles leçons il fallait éventuellement tirer de l'incident.

En décembre, Greenpeace avait mené une opération similaire en introduisant des militants dans la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine (Aube).

Le gouvernement a ordonné depuis une refonte des procédures de sécurité. EDF assure avoir depuis lors déjoué une autre opération de Greenpeace prévue dans le nord de la France

Les 58 réacteurs du pays et la filière du combustible, du retraitement et de la production pèsent très lourd avec deux des plus grandes entreprises du pays, EDF et Areva.

L'accident de Fukushima, au Japon, le 11 mars 2011, a conduit l'Allemagne, la Belgique et la Suisse à décider l'abandon à terme de l'énergie tirée de l'atome.

Thierry Lévêque, avec Marion Douet et Claude Canellas, édité par Yves Clarisse

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  • M7649492 le mercredi 2 mai 2012 à 17:59

    Pourquoi ne pas faire parler de soi en démontrant à des éventuels terroristes qu'une centrale atomique française peut être détruite ? Peut être que les imbéciles réfléchiraient à deux fois si le gouvernement décrétait un périmètre interdit avec ordre de tirer. Ce ne serait rien moins que de protéger les citoyens en faisant de la dissuasion. André Coulier

  • M6437502 le mercredi 2 mai 2012 à 17:26

    Le problème,c'est que les pertubateurs, et Greenpeace en tête,ne risquent rien.De sévères sanctions,notamment financières pour Greenpeace,calmeraient un peu le excités.Ils pourraient alors se défouler en Chine ou en Corée du Nord.

  • LeRaleur le mercredi 2 mai 2012 à 16:31

    Il fallait seulement suivre la procédure, c'est simple.