Coup d'arrêt au projet de rénovation de la Samaritaine

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LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF DE PARIS ANNULE UN DES PERMIS DE CONSTRUIRE POUR LA SAMARITAINE
LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF DE PARIS ANNULE UN DES PERMIS DE CONSTRUIRE POUR LA SAMARITAINE

PARIS (Reuters) - Le tribunal administratif de Paris a annulé mardi l'un des permis de construire obtenu par le groupe de luxe LVMH pour rénover le vaste ensemble immobilier de la Samaritaine et que contestaient des associations de défense du patrimoine.

Le recours déposé par la Société pour la protection des paysages et de l'esthétique de la France (SPPEF) et SOS Paris concernait la rénovation d'un bâtiment situé sur la rue de Rivoli, qui doit être habillé d'une façade en verre ondulant signée par l'agence japonaise d'architecture Sanaa.

Lors de l'audience, le rapporteur public s'était prononcé pour son rejet mais le tribunal n'a pas suivi son avis.

"Eu égard notamment à la nature et à la destination de cet immeuble, et en dépit de ses qualités architecturales intrinsèques, les requérants sont fondés à soutenir que le projet, sur l'artère où il est implanté, ne satisfait pas aux prescriptions" du plan local d'urbanisme, dit le jugement.

Ce plan prévoit que "les constructions nouvelles doivent s'intégrer au tissu existant, en prenant en compte les particularités morphologiques et typologiques des quartiers (...) ainsi que celles des façades existantes."

Le tribunal administratif a estimé que l'architecture envisagée ne s'insérait pas dans le quartier, plutôt homogène et principalement constitué d'immeubles de pierre de taille.

La Samaritaine et la Ville de Paris ont annoncé qu'elles feraient appel de cette décision.

Leur appel n'est toutefois pas suspensif, mettant de fait un coup d'arrêt à cette partie du projet, alors que les travaux de rénovation de la Samaritaine ont déjà débuté. La Ville de Paris a précisé qu'elle allait demander un sursis à exécution.

INCOMPRÉHENSION DE LA MAIRIE DE PARIS

"La mairie ne comprend pas bien ce qui a motivé les juges, qui ont substitué leur appréciation à celle des experts des bâtiments de France et à ceux de la Ville de Paris", a déclaré à Reuters une conseillère juridique de la mairie.

Alexandre Gady, président de la SPPEF s'est de son côté dit "soulagé."

"C'est une immense victoire pour tous les défenseurs du patrimoine", a-t-il dit à Reuters. "C'est un dossier qui ouvre sur une jurisprudence. La ville n'appartient pas à quelques groupes financiers."

Les deux associations requérantes dénonçaient un projet "dénaturant le centre de Paris", et espéraient sauver un immeuble du côté rue de Rivoli.

Leur recours contre un autre permis de construire concernant le côté Seine du projet avait été rejeté le 11 avril dernier.

Le célèbre grand magasin, partie d'un vaste ensemble de quatre bâtiments entre la Seine et la rue de Rivoli, avait été fermé en 2005 pour des raisons de sécurité.

LVMH avait obtenu le feu vert de la ville de Paris en décembre 2012, après avoir revu sa copie, la mairie jugeant insuffisant le nombre de logements sociaux du projet initial.

L'ensemble doit regrouper un hôtel de prestige, des commerces, des bureaux, des logements sociaux et une crèche.

Sur la Seine, dans le bâtiment classé datant des années 1925, un hôtel très haut de gamme doit ouvrir sous la marque "Cheval Blanc", comme ceux que LVMH détient à Courchevel et aux îles Maldives. Il devrait compter environ 80 chambres et suites.

Avant la décision de mardi, l'inauguration de l'ensemble était prévue d'ici mi-2017.

Ce projet de 470 millions d'euros est entièrement financé par le groupe LVMH, propriétaire de l'ensemble.

(Chine Labbé, Pascale Denis et Grégory Blachier, édité par Yves Clarisse)

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  • opelin le mardi 13 mai 2014 à 17:17

    C'est clairement une fronde des juges contre le pouvoir politique.Pauvre république ...

  • jfvl le mardi 13 mai 2014 à 16:28

    Comment quelqu'un peut-il encore investir en France ?

  • pier4564 le mardi 13 mai 2014 à 15:22

    dict.ature juridique?le juri.disme sape la France!

  • gnapi le mardi 13 mai 2014 à 15:10

    Ce pays est plus liberticide que la très renommée République Populaire Démocratique de Chine.

  • gnapi le mardi 13 mai 2014 à 15:09

    Sont ce les mêmes juges qui cautionnaient le "mur des co ns" où étaient, notamment, affichés les portraits de deux pères de victime de vio leurs ? Il faut dire qu'ils avaient ouvertement mis en cause la jsutice du pays car les vio leurs en question étaient sortis prématurément de prison à la faveur de remise de peine.

  • gnapi le mardi 13 mai 2014 à 15:08

    Et dans 6 mois on va pleurer qu'il y a moins d'emplois dans la capitale, moins de consommation, moins de touristes, etc etc etc. Et que LVMH va ouvrir ses magasins dans d'autres pays.

  • Aston54 le mardi 13 mai 2014 à 14:01

    Tant qu'ils y sont ces juges, ils peuvent faire annuler les travaux du baron Haussmann et faire démonter la Tour Eiffel (qui ne devait être que provisoire)!!!! Pauvre pays!!

  • lorant21 le mardi 13 mai 2014 à 13:37

    pays de juges fous. Un autre dira le contraire dans 6 mois. .. allez construire et investir ailleurs, c'est bien plus simple.

  • dotcom1 le mardi 13 mai 2014 à 13:21

    Ils sont relous