Coup d'arrêt à la folle hausse de l'immobilier londonien

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Avec le Brexit, la capitale britannique n’est plus tout à fait la même. Tous ceux qui ont des actifs immobiliers dans la ville sont un peu moins riches qu’hier. Et les Britanniques, eux, pourraient se faire moins présents en France.

Ils ont eu du nez! Il y a une quinzaine de jours, ce couple britannique avaient préféré attendre les résultats du référendum sur le Brexit avant de confirmer leur achat d’une maison en Provence. Et de fait, pour des Anglais qui achètent un bien immobilier à l’étranger, les comptes ne sont plus bons. La chute de la livre après le vote des Britanniques en faveur du Brexit les appauvrit d’un coup d’un seul notamment par rapport au dollar, au franc suisse et au yen, mais aussi dans une moindre mesure face à l’euro. Voilà la première conséquence du pied de nez des Britanniques à l’Union européenne.

Chute de la livre, chute des actions britanniques, moindre valorisation de l’immobilier du simple fait de l’effet de change, ce jeudi 24 juin tous ceux qui ont des actifs au Royaume-Uni se sont réveillés moins riches qu’en se couchant. Selon Knight Frank, les marchés immobiliers britanniques (logement, mais aussi bureaux et surfaces commerciales) vont connaitre une période de volatilité et les prix vont être sous pression. L’effet sur le marché pourrait être rapide même si James Robert, l’économiste en chef du réseau, veut croire qu’à long terme, la dynamique du marché restera inchangée.

Un écart qui se réduira avec le luxe parisien

Si les millionnaires du monde entier achètent à Londres, c’est aussi pour la qualité du système éducatif, pour la langue, le style de vie... et tout cela ne disparaitra pas d’un coup de baguette magique avec le Brexit. Certes, les acheteurs du Nouveau monde n’auront plus de passeport européen, mais ils pourront toujours mettre leur famille à l’abri dans un pays anglophone au système d’éducation reconnu. Cela pourrait bien être suffisant pour conserver une bonne partie de l’attractivité londonienne. Effet de change oblige, l’immobilier londonien deviendra plus abordable et l’écart avec l’immobilier de luxe parisien va se réduire.

«Le tempo du marché immobilier est plus lent que celui des bourses. Les projets sont plus lourds et plus complexes. Pour le moment, par l’effet devises, la baisse de la livre sterling a rendu le marché immobilier de Londres plus attrayant de 10 %. Le marché va sortir de l’attentisme des cinq derniers mois et devrait se débloquer avec une correction à la baisse. Le prix de l’immobilier a atteint des sommets à Londres, depuis quelques années, avec un prix moyen du mètre carré 2,7 fois plus cher qu’à Paris. La baisse devrait cependant rester contenue dans un premier temps, tant les conséquences du Brexit restent incertaines» estime Patrick Baseden, responsable de Barnes Investment Consulting.

Mais voilà, l’immobilier londonien et ses millionnaires, c’ est un peu l’arbre qui cache la forêt. Pour les ménages britanniques, la donne a changé. L’immobilier n’est pas un investissement comme un autre. Acheter est une affaire de confiance. Et celle-ci est mise à mal. Le résultat du vote est connu, mais la durée des négociations pour dénouer les liens avec l’Union européenne et donc la phase d’incertitudes, elle, est encore difficile à évaluer. La demande des ménages devrait ralentir. «D’autant que l’offre de crédits pourrait être réduite et que celle-ci se fasse à des taux plus élevés», note Grainne Gilmore chez Knight Frank.

Moins riches, les Britanniques devraient être moins présents sur le marché des résidences secondaires en France, ce qui pourrait affecter certains micro marchés. Certains réseaux immobiliers en France veulent, coûte que coûte, croire à des conséquences positives au Brexit pour leur activité. «Les nombreux Britanniques et les Européens, Français et Italiens notamment, travaillant à Londres dans la finance, les multinationales et les start-up, qui ont suspendu leurs projets au résultat du vote sur le Brexit vont concrétiser leurs intentions d’achat dans les 15 jours car la livre sterling est en train de perdre rapidement de la valeur par rapport à l’euro», imagine Laurent Demeure, président de Coldwell Banker France et Monaco. Vœu pieux ou pas? L’avenir le dira...

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