Côte d'Ivoire-Des violences lors du référendum constitutionnel

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 (Actualisé avec violences) 
    par Joe Bavier et Loucoumane Coulibaly 
    ABIDJAN, 30 octobre (Reuters) - Le référendum sur la 
nouvelle Constitution présentée par le président Alassane 
Ouattara a été marqué dimanche par des violences dans une 
centaine de bureaux de vote en Côte d'Ivoire. 
    Bien qu'aucun chiffre officiel n'ait été fourni la 
participation semblait assez basse, bien en dessous des 54,5% 
enregistrés lors de la présidentielle l'an passé, notamment à 
Abidjan, la capitale économique du pays, alors que l'opposition 
a appelé à un boycott du scrutin. 
    Les opposants d'Alassane Ouattara estiment que les 
modifications voulues par le chef de l'Etat ont pour but de 
renforcer la coalition qui le soutient. Le président affirme que 
ces ajustements permettront de consolider la paix après des 
années d'instabilité politique. 
    Le ministre de l'Intérieur Hamed Bakayoko a annoncé que la 
sécurité avait été renforcée dans certaines régions du pays 
après des violences commises dans une centaine de bureaux de 
vote à Abidjan et dans l'ouest du pays. 
    "Nous pensons qu'il y a un groupe, vraiment bien organisé, 
qui passe de région en région et dont la mission est de 
perturber le scrutin autant que possible", a-t-il dit. 
    Un scrutateur dans le quartier de Yopougnon à Abidjan a 
raconté qu'il se préparait à ouvrir son bureau de vote 
lorsqu'est arrivé un groupe de jeunes, dont certains armés de 
bâtons et de machettes. 
    "Ils nous ont demandé d'arrêter de travailler parce que la 
nouvelle Constitution n'était pas faite pour le peuple. Ils ont 
cassé les urnes et éparpillé les bulletins de vote. Ils ont tout 
détruit", a ajouté le scrutateur. 
     
    SUPPRESSION DE L'"IVOIRITÉ" 
    Le texte supprime notamment la clause d'"ivoirité", soit 
l'obligation faite aux candidats à la présidence de la 
République d'avoir des parents nés ivoiriens.  
    Cette clause est depuis longtemps source de tensions en Côte 
d'Ivoire, pays à forte immigration étrangère. Elle a surtout été 
brandie par les adversaires de l'actuel chef de l'Etat pour 
l'empêcher de se présenter à la présidentielle. 
    Alassane Ouattara avait promis l'an dernier lors de la 
campagne en vue de sa réélection qu'il ferait abolir cette 
clause, afin de tourner la page sur plus d'une décennie de 
violences politiques qui ont tourné à la guerre civile en 
2002-2003 puis en 2010-2011, quand le président sortant, Laurent 
Gbagbo, contestait la victoire de son rival au scrutin de 
novembre 2010. 
    Réélu il y a un an, Ouattara présente son projet, approuvé 
il y a un peu moins de trois semaines par l'Assemblée nationale, 
comme une garantie pour l'approfondissement de la paix et de la 
stabilité politique en Côte d'Ivoire. 
    La réforme fixe en outre de nouvelles normes pour une 
révision de la Constitution, qui n'exigerait plus la tenue d'un 
référendum mais un simple vote des Parlementaires à la majorité 
qualifiée des deux tiers. Des groupes de défense des droits de 
l'homme y voient un risque potentiel. 
    De même, des organisations de la société civile et des 
diplomates ont critiqué le processus constituant, regrettant une 
absence de transparence dans l'élaboration du texte et un 
calendrier trop serré: depuis son approbation par les députés, 
les électeurs n'ont eu qu'une vingtaine de jours pour se faire 
un avis sur ses 184 articles. 
    Le "oui" devrait l'emporter, jugent des analystes, qui 
ajoutent que le chiffre de la participation sera également 
important. 
    Malgré cinq ans de paix et de relance de l'économie, les 
Ivoiriens restent profondément divisés sur des lignes de faille 
politiques et ethniques. La constitution actuelle a été rédigée 
à la suite du coup d'Etat militaire mené en 1999 par le général 
Robert Guéï. 
 
 (Eric Faye et Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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