Côte d'Ivoire-Des soldats patrouillent sur des plages désertes

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 (Actualisé avec bilan, détails) 
    par Joe Bavier 
    GRAND BASSAM, 14 mars (Reuters) - Des soldats ivoiriens ont 
été déployés lundi pour patrouiller le long des plages désertées 
par les touristes au lendemain d'un attentat lors duquel des 
combattants d'Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ont tué 18 
personnes. 
    Cette attaque, la troisième commise en Afrique de l'Ouest 
par le groupe djihadiste, a visé Grand Bassam, une cité 
balnéaire très fréquentée, tant par les Ivoiriens que par les 
expatriés, située à une quarantaine de kilomètres de la capitale 
économique du pays, Abidjan. 
    Selon le dernier bilan en date, 15 civils, de nationalité 
ivoirienne, camerounaise, malienne, allemande et française et 
trois membres des forces spéciales ont péri dans l'attaque. 
Trois assaillants ont ensuite été abattus par les services de 
sécurité. 
    Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a revendiqué la 
responsabilité de cette attaque après celles menées au Burkina 
Faso et au Mali. Le président ivoirien Alassane Ouattara a 
décrété trois jours de deuil national dans ce pays qui n'avait 
jamais été pris pour cible par Al Qaïda auparavant. 
    Trente-trois personnes ont été blessées, a précisé le 
ministre de l'Intérieur, Hamed Bakayoko, ajoutant que 26 d'entre 
elles sont toujours l'objet de soins. 
    Lundi, les vendeurs ambulants qui arpentent 
traditionnellement les plages de Grand Bassam et les artères 
bordant les hôtels avaient disparu, remplacés par des soldats 
équipés d'armes automatiques. 
    "J'ai vu tous les clients courir avec leurs enfants qui 
pleuraient. Je leur ai demandé pourquoi et ils m'ont répondu 
'ils courent en tirant sur la plage'", raconte Souleymane 
Ouadreogo, employé de l'hôtel-restaurant Assoyam Beach. 
    "Nous n'aurions jamais pensé que cela puisse se produire 
ici. A Abidjan, peut-être. Mais ici ? Jamais." 
    L'attaque de dimanche a confirmé la stratégie d'expansion 
d'Aqmi après Bamako et Ouagadougou, les capitales malienne et 
burkinabé, respectivement visées en novembre et janvier 
derniers. 
    Elle pose aussi la question de savoir quel pays risque 
d'être le suivant et soulève des questions sécuritaires pour 
l'ancienne puissance coloniale française qui a des milliers de 
ressortissants, 18.000 en Côte d'Ivoire, et de soldats dans la 
région. 
    Elle constitue également un coup sévère portée à la Côte 
d'Ivoire qui se relève de près de dix années d'une instabilité 
politique qui avait culminé avec une guerre civile en 2011. 
    Intervenue au Mali en 2013 pour tenter de ramener la 
stabilité après une insurrection touarègue récupérée ensuite par 
des djihadistes liés à Al Qaïda, la France dispose de 3.500 
soldats répartis du Tchad au Sénégal.   
    Les ministres français des Affaires étrangères et de 
l'Intérieur, Jean-Marc Ayrault et Bernard Cazeneuve, se rendent 
mardi à Abidjan pour exprimer la solidarité de la France envers 
la Côte d'Ivoire.   
 
 (Nicolas Delame pour le service français) 
 
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